Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

jeudi 5 mars 2015

Le premier dîner en France


Premières découvertes gustatives,
le mal des transports,
une nouvelle soirée ensemble, en France




Nous étions donc chez Jennifer et Gaby en train de savourer des crêpes.
Ambiance chaleureuse et détendue,
Constance fait des dessins à tout le monde.
Wan Zhu et Cheng Wei ne sont pas vraiment fatigués,
ils sont encore sur l'excitation du voyage.

On s'organise pour le soir.
J'appelle ma copine Nathalie Liotardo du restau provençal.
C'est samedi soir, je préfère réserver.
Nous serons quatre plus un enfant.

J'ai proposé à Jennifer et Gaby mais ils préfèrent rester tranquillement chez eux.
Après une semaine de boulot, je peux comprendre.
Je ramènerai donc tout le monde après le dîner.

Entre temps, Élise change d'avis et préfère laisser sa fille à ses parents.
Je rappelle le restau pour leur dire de ne garder qu'une table pour 4 et nous partons ramener Constance.
Sa grand mère va la récupérer chez Élise.

La route la plus courte pour aller de chez Jennifer à la maison d'Élise est la route du col du Terme,
environ trente minutes à travers les collines.
Il y a beaucoup de virages.
Beaucoup trop pour Wan Zhu qui, sur la route du restaurant, est anormalement silencieuse.
Je me dis que j'aurais peut-être dû les laisser se reposer ce soir,
je demande à Cheng Wei :
« elle n'est pas fatiguée, elle a mal au coeur … »

Ça va un peu gâcher son premier restaurant français,
espérons que ça aille mieux assez vite.

Nous voilà donc au cours Julien,

au numéro 64 plus précisément,
dans le mythique « restaurant provençal ».
Bruno et Nathalie, les propriétaires du lieu, sont des gens comme je les aime.
Des marseillais,
avec beaucoup d'humour.
Elle s'occupe en toute simplicité (mais magistralement) du service.
Quant à lui, il est redoutable en cuisine.
Comme son nom l'indique, la cuisine est provençale.
Idéal pour nos deux invités.

Première découverte, la tapenade …
ils aiment,
les olives à Taïwan, à part sur les pizzas, on n’en croise pas souvent,
puis il y a eu le pastis Henri Bardouin,
ils aiment moins …
Je traduis les menus.
Wan Zhu, prend une soupe de poissons.
Cheng Wei ne sait pas trop quoi choisir,
je choisis fièrement pour lui,
comme eux ont fait là-bas pour moi,
c'est bizarre d'inverser les rôles.

Cheng Wei va goûter les alouettes sans tête qui, contrairement à ce qu'on pourrait penser, ne sont pas des oiseaux décapités mais plutôt des cousines des paupiettes, faites avec du boeuf.
On mange « à la française » … chacun a son plat,
mais très vite tout le monde goûte à tout.

On partage le vin.
Alors pour la petite histoire, quand j'ai proposé du vin, Élise et Cheng Wei m'ont dit qu'ils ne prendraient qu'un petit verre et Wan Zhu a décliné poliment à cause de sa nausée finissante qu'elle ne voulait pas relancer
Je commande donc des verres de vin à Nathalie qui me répond :
« écoutes-moi,
là,
tu vas te faire avoir,
prends une bouteille … »
Comme elle est souvent de bon conseil, je la laisse faire.

Quand la bouteille arrive,
je n'ai pas le temps de faire le service qu'Élise se sert,
en précisant bien que ça n'était pas le verre dont elle parlait plus tôt mais juste une petite chose apéritive.
Je sers Cheng Wei et .. je vois le bras délicat de Wan Zhu qui se tend.
Tout le monde sirote cette bouteille qui n'aurait jamais dû arriver jusque là si je n'avais pas écouté la patronne.

On a savouré ce qu’il y avait dans nos plats
autant que ce plaisir de se retrouver à nouveau réunis.
Enfin.
On a ri,
beaucoup,
comme avant,
comme avec Nathalie quand je viens dans ce resto.

On a aussi parlé de l’Asie,
que nos hôtes aiment autant que moi.
Ils se remettent doucement de leur dernier voyage le mois dernier.
Pour eux aussi, les retours sont de plus en plus rudes.
Nathalie nous souhaite, qu’un jour, on puisse s’inviter dans nos maisons,
celles que l’on aura …
quand on aura quitté l’Europe …
Qui sait …

Personne n'a pris de photo ce premier soir.
Cheng Wei n'a pas osé,
Wan Zhu non plus,
et mon appareil est resté dans la voiture.
La photo toute en haut,
c’est mon dessert préféré,
celui que j’ai d’ailleurs pris ce soir,
la tarte aux figues.
Ce fut d’ailleurs le premier surnom que m’avait donné Nathalie en voyant ma tête lors de ma seconde visite quand elle m’a annoncé qu’il n’y en avait plus ce jour-là.
Un joli souvenir.

Pour cette fois, les souvenirs ne seront qu'olfactifs et gustatifs …
Et puis il y aura les rires …

Nous repartons vers 23h30 du restaurant.
Ils sont contents.
Je vais bien.
Nous reprenons la même route que dans l'après midi,
le théâtre, la Rose, Plan-de-Cuques,
Élise reçoit un message d'Éric, le directeur du théâtre,
il lui propose de l'emmener à Marseille demain, vu qu'il habite un des villages vers chez elle et qu'il va travailler en ville.
Comme Jennifer m'a proposé d'emmener ses deux invités en voiture pour la répétition,
je vais gagner 1h30,
j'aime bien ça …

Il est à peu près minuit quand je dépose les touristes chez leurs hôtes.

Rendez-vous demain à 14h à la préfecture,

Les trente minutes pour aller chez Élise,
les trente autres pour arriver chez moi,
j'arrive épuisé,
mais heureux,
avec quelque part, noyé dans le pastis et le vin,
l'inquiétude de ce qui va commencer demain,
la première répétition de la Septième Nuit de la Septième Lune … à quatre.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire