Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

mercredi 8 avril 2015

la Septième Nuit en France - dernier jour avant l'entrée au théâtre


Journée transitoire,
quelques surprises, 
et un navarin,




Ce matin,
pas de danse.
Nous n'avons pas de salle,
du moins je n'en ai pas cherché.
Cela permet à mes amis de se reposer, de s'occuper d'eux
(ou de réviser à leur façon, qui sait …)
En fait, j'avais laissé ce lundi matin pour tourner la vidéo manquante du boléro.
On en a vaguement parlé avec Cheng Wei hier,
aller au bord de mer,
ce serait l'occasion de leur montrer notre Méditerranée …

Mais je n'ai pas l'énergie.
Je dis à Cheng Wei de se reposer.
Et puis, il y a tout le reste à vérifier, à organiser.
Faire le point sur la chorégraphie,
vérifier les entrées et les sorties de tout le monde tout au long de la pièce,
d’autant qu'il n'y a pas de passage de cour à jardin au théâtre,
être sûr que je n'ai rien oublié dans ce que j’avais à transmettre,
normalement, il reste plus que les trois choses que nous ne pouvons faire qu'au théâtre :
ce que fait Cheng Wei avec Élise,
ce que font les filles dans le public,
ce que font Cheng Wei et Wan Zhu pendant la partie que j'appelle « les préparatifs ».
Pendant ces préparatifs, il y a aussi notre duo à Elise et moi.
Celui que nous avons créé en juin dernier,
dansé à Kaohsiung,
et redansé pour l'ouverture de saison au théâtre fin septembre.
On va le réviser cet après-midi,
ça devrait aller vite,
cet été, on l'a répété une petite heure et Élise s’en souvenait mieux que moi.
Elle avait les vidéos pour travailler quand j'étais parti seul,
avec un peu de chance elle y aura jeté un oeil.

Je pars de chez moi vers midi.
Direction Allauch.
Le soleil est avec nous.
Comme je ne suis pas sûr de l'heure précise à laquelle je vais arriver,
que les taïwanais sont TRÈS ponctuels et que je suis TRÈS souvent en retard,
je leur dis de rester dans la maison et que je leur enverrai un message sur Facebook quand je suis en approche.
Le monde moderne ça a du bon.


Je passe les récupérer vers 13h,
et nous allons chez Henri, dont je vous ai déjà parlé.
Nous avons rendez-vous là-bas à 13h30.
Wan Zhu a l'appareil photo que Cheng Wei lui a confié.
Les virages paraissent plus doux quand on est concentré sur autre chose.

« Mountain on the right »
Wan Zhu et Cheng Wei ne voient pas les mêmes choses …
et forcément, il y a la chose que Cheng Wei aimerait avoir dans son appareil photo et que Wan Zhu ne remarque pas,
comme la sainte Baume au loin alors qu'elle est focalisée sur la forêt.
Il lui dit calmement,
« look at the mountain »
insiste,
« LOOK AT THE MOUNTAIN »
on s'y met à deux
« MOUTAIN ! »
elle tourne son appareil vers la gauche
« NO ! ON THE RIGHT ! »
Trop tard, la route oblique la montagne est cachée.
Ah !
Nouveau virage.
« MOUTAIN !
OVER THERE
ON THE RIGHT ! »
Elle la loupe encore,
on rit,
ça fait du bien.

À 13h30, nous sommes dans le hameau où habite Henri,
Wan Zhu a fait 69 photos,
mais pas une de la montagne …

Quand on arrive au studio,
Constance est là,
elle a fait l'école buissonnière.
Elle est installée dans un coin du studio entourée de feuilles de papier, de feutres et de crayons.


J'installe le son.
J'ai froid et mal au dos.
Connaissant Wan Zhu, elle va être frigorifiée.
On fait les exercices de la barre pour se chauffer (et se réchauffer)
puis on révise tout, les solos, le duo, le slow,
Je prête ma veste à Wan Zhu.
On revoit aussi le quatuor central.
Pour que je puisse voir, je leur demande de le faire sans moi.
J’ai du mal à me concentrer à cause de mon dos et je suis moins patient :
il y a des corrections que j'ai déjà données que je ne vois toujours pas,
ça me contrarie.
D'autant que la concentration n'est pas toujours au rendez-vous chez mes trois comparses et que la répétition est entrecoupée d'allers retours vers Constance ou de sa venue pour nous offrir des dessins.


Nous continuons tant bien que mal, je fais quelques modifications.
Pendant que je révise le duo avec Élise, je demande en anglais à Wan zhu et Cheng Wei de revoir .. ce qu'ils ont envie ou besoin de revoir et d'imaginer un peu leurs « préparatifs ».
Ils s’agitent de leur côté pendant que j’explique à Élise ce qu’il nous reste à faire.
Là souci, elle ne voit que très vaguement de quoi je parle.
J'avais fait un pari, j'ai perdu.
Elle ne se souvient pas du duo.
Elle voudrait revoir la vidéo mais dans cet ordinateur, je ne l'ai qu'en pièces détachées.
Elle travaille un peu ce qu'elle peut voir mais il va falloir que je lui laisse du temps pour qu'elle retrouve tout avant .. euh … hier soir …

Tant pis pour moi, j'ai fait le mauvais pari.

On arrête vers 17h,
je suis un peu contrarié de tout ça, ce qui n'arrange pas mon dos.


Ce soir nous sommes invités à dîner chez un pote qui cuisine drôlement bien.
Ils nous a promis un navarin d'agneau
et j'ai acheté des gâteaux de ma pâtisserie préférée.

On repart à travers la chaîne de l'Étoile alors que la nuit tombe.
On s'arrête à la ville minière de Gardanne, toute rouge de bauxite.


Fred m'appelle vers 19h.
Il n'est pas super content de ce qui se passe au théâtre.
Un peu de désorganisation semble-t-il …
Je les comprends.
Je sais que la situation est difficile pour eux et qu'ils ne sont pas sûr de pouvoir continuer …
Quand je pense que chaque fois que je sors de France on me dit que nous avons plein de fric pour la culture ici …
Bref,
pas terrible pour eux
et du coup, pas terrible pour nous :
il va falloir que l'on partage avec Fred, la matinée de demain.
9h-13h
pour faire des débuts de placement (et, je l'espère, de danse) tout en le laissant régler les choses qu'il aurait dû faire aujourd'hui.
Je négocie de pouvoir travailler dans le bar après le repas.
Ça nous permettra de fixer le duo avec Élise et de réfléchir aux éventuels problèmes posés par la configuration de la salle.

Pour ce qui est de la soirée,
le navarin a été très apprécié,
nous avions une souris d'agneau par personne …
Wan Zhu n'en a pris qu'une moitié,
elle n'a pas pu la finir,
c'est Cheng Wei s'est dévoué …


Peu de vin,
beaucoup de fromages et de gâteaux,


Retour dans les maisons vers minuit.

Demain,
c'est le théâtre des Chartreux,
des tas de questions me font remonter le diaphragme jusqu’aux oreilles
Encore une fois …
Est-ce qu'ils vont aimer ce tout petit espace (par rapport aux grands plateaux que l'on trouve là-bas) ?
Est-ce qu'ils vont s'y habituer ?
Est-ce qu'Élise va se souvenir du duo assez vite ?
Est-ce que nos amis du théâtre nous réservent d'autres surprises de planning ? de souci technique ? de choses auxquelles je n'ai pas encore pensé ?

On verra bien ...


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