Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

vendredi 6 février 2015

la Septième Nuit en France - à Saint-Zacharie


Nouvelle semaine,
nouvel endroit,
nouveau départ …



Les affiches sont parties à l’imprimerie vendredi,
petit à petit les danses se mettent en place.
Ce lundi, à 10000 bornes d’ici, Wan Zhu et Cheng Wei montent le solo que je leur ai demandé.
Ils déchiffrent aussi la vidéo de ce que j’ai fait lundi dernier.
De notre côté, c’est à peu près la même situation.
Il nous reste à finir le solo d’Élise, qui doit aussi apprendre les danses de la vidéo de lundi.

Aujourd’hui je pars découvrir ce lieu où William Petit travaille habituellement.
Il m’a donné les clés jeudi dernier,
elles sont enfermées dans la poche gauche de ma polaire.

Je mets ici en ligne un article écrit ce week-end (celui de mardi dernier),
je calcule mon temps de parcours et me voilà en route.

Première étape,
récupérer Élise.
Je pars avec un quart d’heure de retard.
En plus, perdu dans mes pensées, je rate l’embranchement à Aubagne et me voilà sur la mauvaise autoroute, celle que je prends le mardi pour aller à la Ciotat donner mes cours.
Je traverse la zone commerciale et me revoilà dans le bons sens.
Élise est chez elle,
nous partons à travers la campagne rejoindre la petite ville suivante, Auriol,
et de là nous irons à celle d’après, Zaint-Zacharie, où est le collège.

Au moment où je me gare,
je me rends compte que nous n’avons qu’un quart d’heure de retard.
J’avais prévu large,
pour une fois.


Nous sonnons à la double grille du collège des Seize Fontaines,
un collège presque neuf qui est donc équipé d’un auditorium.
Le gardien très souriant nous accueille,
il a été prévu de notre visite.
Je lui explique les clés que m’a donné William,
il me manque juste celle de l’auditorium, comme prévu.
Cette clé est un passe-partout et ouvre apparemment beaucoup de portes dans le collège.
Il m’avoue trembler un peu en me la confiant.
Je flippe aussi.


L’auditorium.
Comme William me l’avait expliqué, il faut que je monte en régie pour enclencher l’interrupteur général.
Nous posons nos affaires sur la scène et avec la lampe torche de l’Iphone, je monte les escaliers de la salle en amphithéâtre.
La porte du haut,
le second hall,
la régie,
la grosse clé,
lumière.


Un théâtre dans un établissement scolaire,
je pense à Tsoying …
Forcément.
Élise me dit que ça serait bien de pouvoir montrer notre travail ici.
Je suis tellement d’accord avec elle.
Sisyphe .. toujours ..

Il y a un ampli portatif dans la régie,
je le descends pour pouvoir travailler tranquillement,
ça m’évitera les allers retours.
On défait nos sacs.
C’est drôle,
nous sommes aussi bordéliques l’un que l’autre.


J’ai mal au dos.
Heureusement que ces jours-ci, c’est elle qui bosse beaucoup.
Élise se chauffe,
je lui parle un peu de ce que j’ai fait ce week-end,
un autre tutorat comme celui que j’avais fait mercredi dernier,
le temps que j’ai pris pour coller les deux parties de son solo …

Si vous vous souvenez,
la semaine dernière on a d’abord travaillé la transition avec le solo de Wan Zhu,
une partie toute au sol avec pas mal de roulades,
c’était mercredi.
Quand on s’est revu le vendredi,
comme elle avait l’épaule brulée, on avait directement enchaîné sur la suite
mais musicalement, je n’étais pas sûr de mon coup.
La fin de la transition, le passage où elle se lève, se fait sur une nappe de synthé sans vraiment de pulsation.
J’avais mis une durée à la louche sans vraiment savoir, vu que la danse n’était pas faite.
La première solution aurait été de demander à Élise de faire le sol et de démarrer précisément de l’endroit où elle se levait mais comme je ne l’ai pas fait,
c’est la musique qui doit s’adapter à la danse.

J’aime bien que de temps en temps que ça soit comme ça que ça se passe,
même si je dois passer une partie du dimanche à réajuster la durée de la musique à celle de la danse. Heureusement qu’il y a les vidéos de la semaine dernière.


Élise travaille un peu seule,
puis je lui montre les vidéos pour corriger certaines choses et pour qu’elle puisse se repérer sur la musique telle qu’elle sera dorénavant.
On avance,
tranquillement mais assurément.
Le sol est un peu glissant.
Ça va plutôt bien pieds nus mais avec ses ampoules à peine guéries de la semaine dernière,
je préfère lui prêter mes chaussettes.

La sonnerie de la récréation de 16h retentit quand j’estime qu’on a assez travaillé sur ce solo.
Il coule maintenant presque naturellement à travers son corps,
il faut juste le refaire un peu tous les jours.

Je profite qu’il y ait des marches pour tester autre chose : l’épisode des Juliettes.
un moment où les filles devraient être dans le public et où elles auront à descendre des marches.
Cela paraît possible.
Reste à voir in situ,
les marches ne seront peut-être pas de la même dimension,
et je ne me souviens plus combien il y en a.

Il faudrait téléphoner au théâtre pour voir si on peut passer dans la semaine.
Jeudi par exemple,
où je n’ai pas demandé cet auditorium et où Élise est à Marseille pour sa journée de cours,
je lui confie la mission.

On finit par ce qui suit les Juliettes.
Un slow.
Quand j’ai composé la musique (qui d’ailleurs s’appelle « parce qu’il n’y a plus de slow »),
j’avais en tête l’idée de l’étreinte.
La Fois avec un grand F où les amants se revoient.
J’ai pensé à des portés bien sûr,
un peu comme dans ce duo que j’avais fait avec Marie il y a maintenant dix ans.


J’avais aussi le souvenir cette tentative avortée de slow que j’avais vue lors de rencontres chorégraphiques.
C’est une prof (qui pourrait (devrait ?) avoir une compagnie d’ailleurs) qui avait tenté ça,
Béatrice Dutrey.
Elle a une école à Tarbes.
(si vous êtes dans le coin, c’est l’endroit où il faut aller pour apprendre et créer)
Béa, comme je l’appelle, avait eu l’idée d’un slow.
Elle ne s’en était pas sortie non pas pour des raisons créatives mais plus à cause des aspects « performatifs » :
dans des rencontres sélectives (et dès qu’on parle de sélection, il y a une notion certaine de performance), il a été difficile de trouver le dosage entre juste rester dans un slow ou partir dans de la « jolie danse ».
Elle avait choisi la première option mais n’avait pas assez creusé.
C’est une idée que j’ai déjà moi même testé plusieurs fois.
Il y a eu un boléro dans « Silence radio » en 2003,
une biguine que je dansais seul dans « Correspondance(s) » en 2009,
pour moi danser c’est aussi ça.


On se lance,
on tente des prises différentes.
J’ai en tête la décadence de Gainsbourg et Jane Birkin.
On avait déjà tenté des choses vendredi dernier mais je n’avais pas filmé car je sentais qu’on était trop crevés
et puis .. juste .. ça n’était pas le moment.
Là, on y était.
Le lieu, l’atmosphère, c’était maintenant.

On construit la chose,
on se marche un peu sur les pieds,
on rit,
les transitions avec la danse principale de cette musique viennent automatiquement,
on cherche les bonnes orientations (merci la caméra !),
cela va plutôt vite.
On fixe en gardant en tête que ça ne sera jamais dansé comme ça (à priori),
je serai en duo avec Wan Zhu et Élise avec Cheng Wei,
ça ne sera donc pas le même rapport de taille car ils sont plus petits tous les deux.


À 16h30,
on plie bagages.
Mon dos me fait vraiment mal et mon esprit ne donnera plus rien de bon.
Élise est sur le point de se changer quand une classe arrive.
Un prof de lettres qui anime un atelier théâtre a eu vent de notre présence,
il est venu spontanément avec sa classe nous rencontrer.
C’est tout ce que j’adore dans ce genre de situation :
un théâtre dans une école.
Mais ça n’est pas vraiment le jour :
mon dos me lance,
et j’ai une réunion à 18h de l’autre côté de l’agglomération marseillaise.
Traverser la ville à cette heure-là prend beaucoup de temps
mais je n’ai pas le courage de leur dire non.
Élise leur montre son solo.
En suit une série de questions réponses,
je fais de mon mieux pour être avec eux, pour eux,
mais j’ai du mal à rester concentré.

Nous partons vers 17h,
la classe profite de l’espace pour travailler leur pièce,
nous les laissons en pleine répétition.

Je dépose Élise chez elle et en route pour ma réunion.

21h30,
j’arrive enfin chez moi.
Je ne trouve pas de place de stationnement digne de ce nom pour la voiture,
ils sont tous au resto ce soir ..
Il va falloir que je la bouge demain matin.
Dîner rapide,
je charge les vidéos sur l’ordinateur.
Le solo roule tout seul comme je l’avais senti dans l’après midi,
et le slow marche bien mieux que je l’imaginais.
Je profite pour tirer des images qui pourront servir à la promotion
et pour garder des souvenirs.
Ce rideau rouge s’y prête particulièrement.

Je finis par faire un montage simple du slow.
Heureusement, cela va très vite.
Je suis crevé.



Minuit,
extinction des feux,
demain,
pas de danse,
il y a tout le travail des images à l’écran à finir.
Et il faut se lever avant 7h,
pour déplacer cette satanée voiture sur une place correcte …

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