Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

lundi 28 juillet 2014

juillet 2014 - des Taïwanais en France


entrer au CNDC par une autre porte ...
s'improviser guide touristique
mauvaise surprise de dernière minute



Comme je vous l'annonçais dans l'article précédent, ce début de mois de juillet s'annonçait bien rempli avec un voyage à Angers via Chalon-sur-Saône et Roissy et une visite des taïwanais à Paris.

Au dernier moment, j'ai été missionné par la Fédération Française de Danse pour aller animer une journée autour de l'écriture chorégraphique en vue de préparation de rencontres chorégraphiques l'an prochain.
Cette journée se déroulant le samedi 5, j'ai fait une étape sur ma route vers l'aéroport de Roissy où j'allais accueillir les taïwanais le dimanche.
Petite journée "tranquille" où j'ai expliqué ce que sont les rencontres chorégraphiques avec comme support des spectacles des écoles en présence.
Une nuit à Auxerre et me voilà donc à Roissy le dimanche matin.



Voir Su Ling et la majeure partie des niveau 3 de Tsoying assis là à l'aéroport …
Quelle drôle de sensation mais quel bonheur !
Toujours un petit pincement au coeur de ne pas pouvoir les faire descendre à Marseille mais bon …

Leur voyage s'est visiblement bien passé même si avec le décalage ils sont déjà bien fatigués.
Je distribue les cartes SIM que j'ai achetées juste avant de partir et je les emmène sur le quai de la gare.
De là, ils attendront le train pour Angers sans moi car il faut que je fasse la même distance qu'eux .. 

mais avec ma 107 !

Alors les cartes SIM prépayées …
Il faut que je vous en parle un peu.
Au départ, Su Ling m'avait demandé de lui acheter une carte.
Puis, la dernière semaine Ya-Ting, une des profs, m'en a aussi demandé une …
Et puis Ting Wen, une autre prof ...
Donc j'ai fini par demander combien de cartes il fallait exactement.
On est arrivé à onze.
Je m'en vais à la boutique SFR tout près de chez moi :
" aaah .. on n'en a plus monsieur, revenez mardi"
Oui sauf que moi il me les faut pour dimanche.
Je rentre chez moi, j'appelle un autre magasin.
"oui oui monsieur, pas de problème".
Je vais donc à ce magasin où le jeune chef me dit
"ah mais c'est pas possible monsieur !
(avec sur le visage la suite de la phrase "non mais il se croit où lui ?")
- mais j'ai appelé il y a une heure et on m'a dit que c'était possible
- qui a dit au monsieur que …
- c'est bon laissez tomber"
Le vendredi soir je n'avais donc pas de cartes.
Je me dis que j'aurai plus de chance à Chalon,
et effectivement,
là bas, le vendeur, s'excuse de n'en avoir que six.
Le ton est déjà bien différent …

Je suis donc arrivé à Roissy avec six cartes, quatre pour les profs et deux pour les jeunes, sachant qu'on ferait le complément le lundi matin à Angers.

Marseille ne m'aura donc rien épargné …

Nous voilà à Angers pour le Congrès National de la World Dance Alliance qui se déroulait cette année dans le mythique Centre National de Danse Contemporaine …
Le matin, master classes et conférences,
en fin d'après midi, présentations publiques,
le soir, spectacles.
C'est dans un événement similaire que j'ai rencontré en 2005 tous ceux qui ont fait que je suis allé partout ailleurs qu'en France.

Cette année, je donne deux master classes (enfin deux cours … je trouve toujours ça super pompeux "master class".. je n'ai rien d'un maître !)
et les "petits" présentent "Illusion", une pièce de "Chinese opera" chorégraphiée par Ya-Ting.

Ils ont donc découvert le pays … par la province.

Beaucoup de choses les ont étonnés bien-sûr.
À commencer par le dimanche … où presque tout est fermé.
Très très peu de bus pour aller de la gare à la cité universitaire où ils étaient logés (ils y sont allés à pied),
le rayon fromages du supermarché Carrefour,
celui des charcuteries aussi …
les cornichons …
le prix des restaurants (à Taïwan, dans les restos chics les plats sont à 10 euros ..),
le prix du vin (là pour le coup, ça n'était pas cher du tout).

Pour ma part, les cours se sont passés .. comme les autres,
malgré une grosse boule au ventre, la veille d'attaquer le premier,
mais un plaisir certain de voir se croiser ces élèves taïwanais avec une élève marseillaise qui travaille maintenant avec Robert Swinston qui dirige maintenant le CNDC.
C'était d'ailleurs étonnant de rentrer dans ce temple de la danse contemporaine française en tant que pédagogue.



Les jeunes ont fait leur petit effet sur le congrès.
D'une part, parce que dans la soirée où ils dansaient, ils étaient les plus jeunes.
C'était d'ailleurs une soirée très éclectique avec un grand écart d'âge puisque s'ils étaient les plus jeunes, la plus âgée avait 80 ans.


Je le sens d'autant mieux que j'avais croisé cette vieille dame, Elizabeth Cameron, à ..
 Taipei, en 2012 quand j'étais en résidence.
Elle est un des mentors de Hsiao-Yin, la chorégraphe de Dancecology avec laquelle j'ai travaillé en 2013.
Elle était à Taipei à ce moment-là (je vous avais raconté notre rencontre ici).
Le même soir il y avait deux autres chorégraphies taïwanaises de très bonne qualité, un duo d'australiennes déjantées et une hawaïenne qui nous a raconté comment les Etats-Unis ont massacré son pays (standing ovation …).
Les jeunes ont fait leur petit effet sur les techniciens du théâtre aussi :
la pièce de Ya-Ting a un décor .
C'est une rivière faite de gros confettis carrés (il y en avait une valise pleine !).


À la répétition quand le régisseur général a vu les confettis arriver, il a réduit la répétition de 5 mn parce qu'il a décidé qu'il fallait au moins ce temps là pour tout nettoyer.
J'étais en régie avec Su Ling à ce moment-là ..
J'ai bien essayé de leur faire comprendre que ça irait bien plus vite mais rien n'y a fait ..
Le "patron" a débarqué en criant "stop".
Les jeunes n'ont pas pu finir leur filage.
L'équipe technique a cru bon de rajouter "attention, il n'y a que trois minutes entre les passages … vous n'aurez pas plus pour installer tout ça"
Ce à quoi Su Ling a répondu "il nous faut pas autant de temps ...".
Quant au nettoyage,
quand les techniciens ont débarqué sur le plateau avec les balais,
c'est à dire à peu près le temps qu'ils nous a fallu pour descendre de la régie Su Ling et moi,
ils n'ont eu qu'à faire .. la poussière.
Du coup, le groupe a eu le temps de prendre une ou deux photos avant que le chorégraphe suivant commence sa répétition …

Le régisseur général était tout penaud et leur a ouvert une grande loge ...

Le congrès s'arrêtant le vendredi, ils ont fait un peu de tourisme le samedi notamment en découvrant le château qui leur a paru terriblement vieux,
et tellement bizarre avec ces toutes petites fenêtres.
Ils ont aussi fait une balade sur la Maine sur une gabare .


Pendant ce temps là, je suis redescendu à Marseille, notamment pour laisser ma voiture et régler quelques détails liés au départ taïwanais maintenant tout proche.

De là, il y a eu Paris ...

Nous avions concocté un planning forcément très serré pour les jeunes, 
vu qu'ils n'y sont restés que trois jours et demi …
Le premier jour, le choix s'est imposé à nous : Su Ling, qui a voulu réserver les billets de train très tôt en avril avant que j'arrive à Taïwan, s'est trompée dans la destination et a pris des billets Angers … Marne la Vallée …
La première halte en Île de France fut donc .. EuroDisney !


De là, passage obligé à l'auberge de jeunesse (pour ceux qui ont suivi, vous vous souvenez que la réservation n'avait pas été si facile, pour les autres, l'histoire se passe ici)
Il y avait cependant un petit souci : les bagages.
Comme j'étais encore avec eux à leur arrivée, je leur ai donné des indications sur les endroits où trouver les consignes à la gare de Marne la Vallée.
C'était un peu cher pour leur budget alors Su Ling s'est dévouée:
elle a gardé les quinze valises en s'installant derrière la borne information de la gare pendant que les autres sont allés dire bonjour à Mickey.
C'est là que je les ai retrouvés après avoir acheté les billets de RER pour leur retour et une première fournée de tickets de métro pour la suite du séjour.

Petite anecdote : pendant que je distribuais les billets au groupe, une "charmante" jeune fille du bureau information m'a intimé l'ordre d'aller faire mon trafic ailleurs …
Elle ne s'est pas inquiétée de voir cette femme seule toute la matinée,
elle ne lui a pas proposé un verre d'eau ou donné un plan de Paris,
en revanche, que je distribue des tickets à un groupe d'asiatiques c'est forcément suspect …


Bref, nous voilà en route vers l'auberge de jeunesse sous une pluie battante.
Tout le monde est déjà bien fatigué.

distribution des tickets de métro

Petite info importante pour tous les globe trotters : 
l'auberge de jeunesse du Louvre n'accepte pas les paiements en … carte bleue.
Su Ling a donc dû aller retirer le solde de la réservation au distributeur et a atteint d'un seul coup la limite autorisée de retrait de sa carte de paiement.

Une fois tout le monde installé, malgré le temps bien gris, nous avons fait le tour du centre de Paris : le Louvre, la Concorde, la Seine, le pont des Arts …


Le lendemain a commencé par une visite du musée Pompidou.
De l'auberge de jeunesse, ils ont vu Saint-Eustache et bien-sûr les mobiles de Niki de Saint Phalle.


Comme Su Ling avait trouvé un guide, un peu bavard, pour visiter les musées, tout le planning a volé en éclat quand, 
à la sortie du musée il était déjà .. 13h30.


L'après-midi a été presque exclusivement consacré à la visite de Notre-Dame.

explication de la clé de voute


J'ai quand même pu les extirper les mains du guide quelques heures pour les balader dans le Marais 
et leur présenter mon ami Sylvain qui les a accueillis avec une de ses tartes maison.
Le soir, nous étions le 14 juillet, pas d'autre choix que le feu d'artifice.
La fête a été un peu gâchée car le fameux guide a tellement noirci le tableau sur les pickpockets que Su Ling n'a absolument pas voulu se mêler à la foule.
Ils ont donc vu le feu depuis .. la Concorde, d'où juste le tiers supérieur de la tour Eiffel dépassait.
Les filles étaient quand même contentes mais Yu-Hsuan, qui comptait prendre des photos, en a pleuré de rage …


Le jour suivant a commencé par la visite des jardins du château de Versailles 
(Su Ling n'avait pas aimé le château quand elle était venue quelques années plus tôt).


Le guide avait réservé une entrée pour les groupes sans guide au cas où mais nous sommes directement rentrés à Paris pour une suite de journée "danse " :
d'abord la visite de l'opéra Garnier


et le soir, "Notre Dame de Paris" à l'opéra Bastille où j'ai eu l'émouvante surprise de voir danser Amandine Albisson, récemment promue danseuse étoile, que j'avais eu l'honneur de porter dans son premier gala à Marseille ..
Elle avait 4 ans ..
L'occasion pour moi de revoir sa mère dans les loges et de faire la bise à une danseuse étoile.

Le dernier jour fut plus officiel le matin car nous étions invités au bureau de Taïwan en France 
(le pays n'étant pas officiellement reconnu, Taïwan n'a pas d'ambassade mais juste un "bureau").


Discours de Su Ling,
discours de présentation de la France par le directeur 
(qui a commencé son speech avec un sketch fait par deux marionnettes qu'il manipulait lui même !),


visite du bureau,
et bien-sûr, déjeuner !
C'est bien un bout de Taïwan dans Paris : pas d'alcool sur la table (même pour les adultes) 
mais des bouteilles d'eau, 
pas de petits fours mais un "vrai" repas avec du riz, des légumes, des viandes ..


Puis, après une petite balade par le pont Alexandre III, nous avons lâché les jeunes dans les grands magasins pendant que j'emmenais Su Ling prendre un cappucino devant l'église de la Trinité.
De là, nous retrouvions le guide pour la visite du Louvre.

Yu Hsuan a volé le signe de ralliement du groupe au guide

Le soir, pour consoler Yu Hsuan, je les ai emmenés voir la Tour Eiffel


et les Champs Elysées jusqu'à la place de l'Etoile.


Voilà en gros, le résumé du passage des taïwanais en France.
Bien-sûr j'ai quelques regrets : celui de ne pas avoir pu leur faire goûter un peu plus à la gastronomie locale 
(à Paris, le guide les a emmenés dîner dans des restaurants .. chinois .. où visiblement il avait l'habitude d'emmener des groupes …)
et surtout celui de ne pas avoir pu leur montrer Marseille (je l'ai déjà dit ? …)

Le jeudi matin je les ai laissés après leur avoir montrer comment reprendre le RER jusqu'à l'aéroport.


En allant à la gare de Lyon pour prendre mon train pour Marseille, le métro s'immobilise.
L'heure de mon train approche et je n'ai absolument pas les moyens de me payer un autre billet.
Je cours pour ne pas le rater et ..
je glisse en sentant une douleur certaine à l'adducteur droit ..

Déchirure certaine,
je pars lundi,
pas le temps de faire une échographie.

L'aventure va être plus rude que prévue ...


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire