Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

mercredi 30 juillet 2014

23/07/14 - Retrouver les danseurs


Le typhon est bien là,
retrouver toute la chorégraphie,
et chercher une échographie ...



J'ouvre un oeil et je regarde mon téléphone,
il est 6h30.
Se lever tôt et profiter pleinement de cette première journée.
J'allume la radio dans l'ordinateur.
Ce sont les programmes de nuit sur France info : des musiques de films et des infos francophones d'un peu partout dans la monde.
C'est bien d'avoir quand même des nouvelles, surtout avec différents points de vue.
Je vais remplir le thermos de l'hôtel avec de l'eau bouillante (il y en a un dans toutes les chambres) à une des fontaines d'eau du couloir.
Un gobelet, un sachet de thé.
Je bois mes premières gorgées en regardant le carrefour par la fenêtre.
Il pleut.



Il semblerait que mes amis ne se soient pas trompés (en même temps ça m'aurait un peu étonné), le typhon arrive.
Mon esprit s'éclaircit une fois mon mon demi litre de thé et mon paquet de biscuit engloutis.
Je réfléchis un peu à la répétition.
Comment je procède ?
Où en seront-ils ?
J'ai reçu un message de Cheng Wei qui m'inquiète un peu.
Il me dit qu'il doit vérifier les horaires de répétition.
Bizarre.
Wan Zhu m'a donné les derniers il y a au moins dix jours maintenant.

Je tourne au ralenti.
Je passe beaucoup de temps à réfléchir, à écrire quelques notes pour les articles du blog,
je teste ma jambe pour voir jusqu'où et comment j'ai mal.
C'est bien dommage qu'il m'arrive cette chose là juste maintenant.
La pluie ne cesse de tomber.
Sur les sites météo, le typhon est annoncé partout.



Je lance un message à Wan Zhu et Cheng Wei pour voir si quelqu'un peut me récupérer à la sortie de métro.
Ça m'évitera d'arriver complètement trempé malgré mon légendaire coupe vent Groland.
Wan Zhu me répond tout de suite.
C'est bizarre, d'habitude c'est Cheng Wei le plus rapide ..
Avec sa remarque d'hier, je me demande s'il ne se passe pas quelque chose.
On verra bien.

Calcul de l'horaire :
en avril, pour arriver à l'heure à la répèt' de 13h30,
je partais à 12h40 de l'appart' pour arriver juste avant 13h au métro que je prenais une station plus tôt.
Si je pars de la chambre à 13h de l'hôtel, ça devrait coller.
Donc fin des activités matinales à 12h30, pour enclencher la phase "salle de bains".

Cheng Wei a répondu aussi.
Il ajoute en souriant, maintenant j'ai le choix.
Mais pas très longtemps,
comme le typhon est annoncé avec des rafales de vent (parfois ça n'est "que" de la pluie torrentielle), Wan Zhu prend le métro aussi.
Cheng Wei me récupèrera donc à 13h20 à Kaohsiung Arena comme en avril (et même en août dernier quand j'ai bossé au studio pour la première fois).
Je lui demande à quelle sortie je l'attends.
Il me répond qu'il en a aucune idée mais que je retrouverai bien en arrivant.
Très bizarre, il ne m'a jamais parlé comme ça.

12h30 douche,
13h départ.
Formosa boulevard,
Kaohsiung main station,
Houyi (où j'avais logé une nuit dans un hotêl miteux en avril)
Aozhidi (où je devrais descendre si j'étais à pied)
Kaohsiung Arena.

Je me souviens que la sortie où il me récupère d'habitude, est sur la gauche en montant donc en allant vers le nord.
Je me repère sur le plan et je sors.
La pluie est toute fine maintenant
et effectivement, Cheng Wei est là, sur son scooter.
Je ne le sens pas super en forme.

Big hug.
"How is life ?"
Il éclate de rire et me répond qu'il était sûr que j'allais lui poser cette question.
Il enchaine : "well … life sucks …"
Ok, ça n'est vraiment pas la grande forme.
Je n'en saurai pas plus pour l'instant.
On part en scooter.

Toutes les danseuses sont déjà là quand on arrive au studio,
mais pas miss Lin.
Décidément, cela change beaucoup de l'accueil de Tsoying.
Dans le vestiaire, Cheng Wei me dit qu'ils n'ont pas travaillé hier et avant-hier car miss Lin leur a dit que sans moi, ça n'était pas la peine.
De plus comme il a décidé, comme Wan Zhu, de quitter l'école à la fin de la saison, miss Lin le bât "un peu" froid.
Du coup, il avait découvert les horaires la veille …
Je comprends mieux son message …
et son sale état.

Quand j'étais au bureau de représentation de Taipei à Paris, la directrice du centre culturel m'avait demandé comment les choses se passaient, et je lui avait spontanément répondu que tout était vraiment super mais que comme j'étais tombé sur Tsoying pour mes premiers pas en Asie, j'avais certainement eu de la chance.
Elle avait souri et apprécié le compliment, tout en ajoutant "que ça n'était pas facile avec tout le monde tout le temps" …

C'est vrai que, sans trop en demander, j'aurais bien aimé que miss Lin soit là pour m'accueillir.

Bref,
on se met au boulot.
On fait le préchauffement général et le sol.
Comme avec Élise au Pavillon noir.
Je fais avec eux, histoire de tester l'adducteur …
Pas terrible mais jouable.
En tous cas, il va falloir faire avec.

Miss Lin arrive ..
Je leur explique que leur chorégraphie des ados vont se souvent se tuiler, voire se superposer à la leur.
Je leur montre la vidéo que j'avais préparé.
Les choses sont plus claires.
On reprend partie par partie.
Comme ils n'ont plus rien vu depuis avril, malgré une sacré bonne mémoire, la vidéo est bien utile.

L'ambiance est toujours aussi studieuse et agréable.
On rit beaucoup mais on bosse tout autant.
À 16h30, il nous manque une dernière partie à voir dans ce qui se tuile avec les ados,
mais personne ne bouge.
Je réalise que comme ce sont les vacances scolaires, il n'y a pas de cours après.
Je leur demande si on peut continuer.
"Of course"
On fonce.

À 17h10, Tzu Ping la prof de "chinese opera" me demande si on va continuer longtemps parce que son cerveau sature.
J'éclate de rire.
On file une dernière fois et on arrête.

Dans les vestiaires, je parle à Cheng Wei de ma jambe et du fait que j'aimerais bien faire une échographie pour être sûr qu'il n'y a rien de grave.
Il me dit que sans assurance santé ça risquait de me couter cher.
(la Sécu, c'est quand on en n'a pas qu'on se rend à quel point c'est un luxe).
Il en discute avec Wan Zhu.
Il y a un hôpital tout proche.
Juste à côté de la station de métro.

En disant au revoir à miss Lin, les danseuses expliquent à miss Lin que j'ai mal à la jambe.
Elle leur demande si c'est arrivé ici ..
Ça me rappelle, ma résidence en Finlande où après le claquage, la co directrice m'avait demandé si j'avais une assurance alors que c'est elle qui m'employait ..
Elle me demande si je pouvais pouvoir danser au spectacle.
Je lui dis que je ferai de mon mieux.

Pas beaucoup de compassion …

Cheng Wei m'emmène à l'hôpital en scooter.
Hélas, pas d'écho dans cet établissement.
Il va falloir chercher ailleurs.

Il me lache au métro.
La pluie recommence à tomber.
Il préfère vite rentrer et ne pas me laisser me tremper.
Je retrouve Wan Zhu qui était passée à pied par un autre chemin.
Nous prenons le métro en semble.
Elle s'arrête à Sanduo.
Je décide de faire comme elle et d'aller au night market m'acheter ces fameux burritos que j'adore et dont je vous ai déjà parlés.


Dans les escaliers, ses tongs font un bruit .. de tong ..
Elle est toute gênée de faire "autant" de bruit.
Quand je pense aux talons des filles en Europe, à celui des bottes aussi, ou des chaussures ferrées de mon adolescence ..

Au night market, hélas pas de burritos.
Je ne sais jamais quand ils bossent.
En revanche, je retrouve une autre échoppe où ils font des petits pains fourrés à tout …
citrouille, patate douce, taro, viande de porc, cacahuètes.
Je prends un assortiment, avec les bières que j'ai acheté hier soir ce sera parfait.
Puisque je suis dans le quartier, je fais un pèlerinage à la petite boulangerie à côté de l'endroit où je dormais en janvier, leurs brioches à la confiture sont une tuerie …

De retour à l'hôtel, je dîne de mes petits pains et de ma bière.
Petit passage par Internet : Élise m'annonce que, comme je lui avais conseillé, elle est allée voir à la mairie pour son passeport qui était dans un sale état et on lui a vivement conseillé d'en faire un neuf …
Il reste quinze jours ...
Croisons les doigts pour qu'elle l'ait à temps.

23h30.
Il est temps d'aller au lit.
Demain, je rencontre pour la première fois au studio, un groupe de 23 petits danseurs de moins de 12 ans.


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