Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

lundi 5 mai 2014

21/04/14 (2) - la jetée du phare nord, le soir


Sizhiwan toujours
Mais encore plus loin
jusqu'à la tombée de la nuit



Cheng Wei m'a donc laissé à Formosa boulevard après la répétition, où je me souviens qu'il y a un bus qui va jusqu'à Sizhiwan.
Je ne sais plus lequel mais je trouverai bien …
Mais en même temps, je suis bien nase, je n'ai pas envie de déchiffrer des idéogrammes ou de m'inquiéter des arrêts.
Je prends le métro.
C'est plus simple et je ne peux pas me tromper.
À la sortie je passe prendre à manger dans ma cantine habituelle et à boire dans le bar à thé qui est tout proche.
De là, je prendrai le bus pour aller jusqu'au belvédère ou plus loin si j'en ai envie.

Je choisis un assortiment de petits pains fourrés à des choses que je n'identifie toujours pas.
Si je parlais un peu chinois, je pourrai demander aux vendeuses mais là ..
Puis, mon bar à thé.
Il y a le serveur habituel.
On discute un peu pendant qu'il me prépare un thé vert.
Au moment où je cherche de quoi le payer, les deux bus qui vont vers le belvédère passent …
Pas de chance,
il ne me reste plus qu'à marcher …
C'est l'occasion de tenter une nouvelle chose.
Je sais qu'à la plage suivante, après le belvédère, il y a la Sun Ya Sen National University mais dans le port de Gushan, il y a un arrêt de bus qui s'appelle Sun Ya Sen National University tunnel.
Il doit sûrement y avoir une "galerie raccourci" qui mène de l'arrêt de bus à la fac à travers la colline.

Je vais jusqu'à l'arrêt et effectivement, il y a un tunnel dans la colline.
Je le prends,
et une centaine de mètres plus loin je suis au coeur de l'université, au terminus de la ligne de bus qui dessert le belvédère …
Sacré raccourci !
Du coup, je rejoins la plage dont je vous parlais il y a quelques jours.
Le ciel m'offre un joli cadeau



De là, je tente la digue !
Alors, si vous avez bien regardé les photos des couchers de soleil précédents 
(on les trouve ici si vous ne l'avez pas fait), le port de Kaohsiung est protégé par deux phares à son entrée.
Chaque phare est raccordé à la terre ferme par une digue où il y a beaucoup de pêcheurs et depuis la première fois où j'ai vu ces digues depuis le belvédère, je me suis dit que ça serait bien de tenter.

C'est l'occasion de tenter la digue nord, celle dont la lumière du phare est vert !

L'an dernier, j'étais arrivé jusqu'à l'entrée de la digue mais comme elle est fermée par une grille, je n'avais pas osé m'y aventurer sans pouvoir suivre même de loin, un autochtone (l'article est ici )
Là, juste devant moi, je vois un bonhomme aller vers la grille …
Et tout simplement, la contourner par le côté.
Ca n'était que ça …
Je fais pareil,
et me voilà en direction du phare au pays de pêcheurs.






Je m'installe sur les marches du phare et je regarde les pêcheurs,
il y a un peu de vent, la mer, le bruit des fils des cannes à pêche que l'on lance.


On est loin de la ville,
je suis bien


Alors comme vous avez remarqué, cette photo est carrée.
C'est une référence à un ami acteur et danseur, Gilbert Traina, qui fait toujours de splendides photos en carré.
Je lui rends hommage à ma façon.



À la nuit tombée, alors que je tente une dernière photo de la digue, il y a un couple d'amoureux qui arrive.
Je comprends qu'ils pensaient s'installer où je suis.
Comme ils me voient, ils rebroussent chemin et en profitent pour se prendre en photo sur la digue en attendant.
Je suis gêné ..
Je fais vite ma dernière photo et je prends le chemin du retour, comme une série de pêcheurs.

en regardant bien, vous pouvez voir les amoureux dont je viens de vous parler

Je croise les amoureux, la fille me sourit.
Je les regarde marcher vers ma place et s'installer côte à côte pour regarder les lumières de la ville.

En repartant vers la grille qui "interdit" l'accès à la digue, les pêcheurs du soir, ceux que je suis, croisent les pêcheurs de nuit, avec leur lampe frontale ou des leurres fluos pour les poissons.
C'est marrant de voir ces groupes de pêcheurs se croiser,
comme si tout était organisé.

Je passe la grille et me dirige vers l'arrêt de bus.
J'hésite entre marcher ou attendre.
Plus la peine d'hésiter : au moment où j'arrive à l'arrêt, le bus arrive.
Il me dépose devant mon bar à thé où je prends un deuxième grand pot, pour le soir, après la bière.

Le temps que mon collègue le serveur s'occupe de tout et que je retourne à l'arrêt, le bus 50 arrive, celui qui me dépose chez moi.
Ca c'est de la correspondance de luxe !

Je vais jusqu'au Seven Eleven pour m'acheter une toute petite bière et un minuscule pot de glace et je remonte à la chambre.

La gardienne qui travaille le soir cette semaine, me demande si j'ai dîné.
Je lui montre mon sachet avec mon repas du soir et celui du pot de thé.
Un de ses collègues, celui qui m'a dit "ni hao" ce matin (au fait, ça veut dire bonjour !) avait fait pareil quelques jours plus tôt.
Décidément, ces gens sont bien prévenants.

À la chambre, après les rituels du soir et pendant que les photos sont transférées de l'appareil photo à l'ordinateur, je remets la carte SIM française dans mon portable pour voir si j'ai des appels.
Pour une fois, pas de mauvaise nouvelle de France,
et même plutôt une bonne :
Eric Dedebant, prof d'arts plastiques avec lequel j'ai fait deux performances à Trets (vous pouvez retrouver la dernière ici ), me propose un projet en milieu scolaire pour l'an prochain.
Je lui envoie un SMS pour le remercier de son appel et lui dis que je le contacterai en rentrant.

Sur le Web, je croise aussi Ya-Chin, l'ancienne assistante de Su Ling, pour laquelle j'ai une attention toute particulière.
C'est la première personne de cette île avec laquelle j'ai communiqué.
D'abord par écrit, et puis en vrai puisque c'est elle qui était à l'aéroport, la première fois où je suis venu.
Elle veut m'inviter à son mariage mais, hélas, je serai déjà reparti en France.
On décide de se voir vendredi, après mes deux cours à Tsoying.

Minuit,
l'heure de ma demi heure de clim'
(c'est visiblement la meilleure solution pour dormir au frais),
je retouche quelques photos, jette un oeil sur les vidéos de la répétition du jour.
Il y a encore du boulot mais ça avance doucement.


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