Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

mardi 6 mai 2014

22/04/14 (1) - coup de speed façon Sofitel … et fin de deuxième semaine ...


Que faire devant une femme de ménage ?
Retard ou pas retard, le rapport au temps
Continuer, construire, s'émerveiller



Je me réveille à 7h, 1h du matin en France.
Pendant que l'eau chauffe pour le thé, je vais voir ce que mes amis ont fait de leur soirée.
Éric (Stieffatre pour ceux qui le connaissent) me tient compagnie un moment.
Il suit ce que je fais par mes écrits sur le net, on parle un peu de ce que je fais ici, 

de ce que je ne fais pas en France, de ses projets.
Il fait plein de choses, j'aime bien ça.


compagnie "les alentours rêveurs", Eric est à gauche 
© Laurent Pailler / photosdedanse.com
Je n'ai pas très faim.

Le petit déj' est court.

J'édite les vidéos.
Ca marche plutôt bien.
Je suis en train de me réjouir de ce que je regarde quand … mon ordinateur s'éteint ..
Vent de panique,
j'espère qu'il ne va pas me lâcher.
Je regarde le thermostat de la climatisation, il fait 27 degrés dans la chambre !
L'ordinateur a sûrement eu un coup de chaud.
Ca m'est déjà arrivé à Marseille, l'été.
Comme me l'a conseillé mon ami Sylvain, j'allume la clim, le ventilateur et j'attends.

Au bout d'un quart d'heure, tout rentre dans l'ordre.
Ouf …
J'en profite pour vite faire une copie de tout ce que j'ai fait depuis que je suis ici sur un des disques de voyage.
On ne sait jamais …

Je reprends le montage vidéo.
Comme je n'avais pas enregistré le travail, j'ai perdu pas mal de choses,
mais comme je me souviens de ce que j'ai fait, ça va plus vite.
Je publie quelques photos du resto de dimanche et vu qu'il me reste un peu de temps, je mets aussi en ligne l'article sur le mardi précédent.
En rédigeant, je me rends compte que quelqu'un est venu enlever les poubelles la semaine dernière.
Il va falloir que je pense à ranger un peu, si jamais quelqu'un passe.

À 12h30, l'heure de la douche,
J'entends un sifflement d'oiseau, trop strident pour être naturel.
Ca me rappelle la sonnerie de l'entrée de l'appartement de Hsiao-Yin, 

la chorégraphe avec laquelle j'ai bossé en tant que danseur l'été dernier à Taipei.
Je vais voir à la porte.
C'était bien ça :
une dame se tient là avec des draps et une housse de couette et me dit "cleaning room".
Je lui demande si elle peut revenir dans dix minutes, quand je serai parti (le temps que je prenne ma douche).
Elle répète "ten minutes" … mais ne bouge pas …

Je renonce à la convaincre, et lui dit d'entrer.
Je perdrais trop de temps à lui expliquer.
Elle commence à refaire le lit.
Je me dis que pendant ce temps, je pourrais aller prendre ma douche en prenant mes affaires pour ressortir sec et habillé .. 

Mais je ne veux pas faire d'impair.
Je ris tout seul , je ne suis pas DSK ...

En revanche, je peux déjà faire mon sac ...

Une fois que la dame a fini, je la mets courtoisement mais rapidement dehors et me jette sous la douche.

En route ..
Wu Fu road,
métro,
Bo Ai road,
Ming Chen road,
Chose que ne m'arriverait jamais en France, je stresse comme un malade d'arriver en retard.

13h27.
Je suis au studio.
Encore plus en nage que d'habitude,
mais tout va bien.

Les filles sont là,

on attend Cheng Wei ...
Il doit fumer dehors.

Il est 13h30,
on se dit qu'on va lui faire une blague et lui faisant croire qu'on a commencé sans lui.
13h31,
la porte claque.
On se lève et je fais mine d'expliquer le premier exercice.
En fait, ça n'est pas lui, c'est miss Lin.
Du coup, je continue l'explication, ça ne peut pas faire de mal.
Il arrive deux minutes plus tard.
Je suis sur le point de mettre la musique.
Il prend sa place dans le studio et attaque l'échauffement.
Je sens que ça n'est pas le jour de faire une blague, je le sens contrarié.
Je vais le voir.
"are you ok ?"
Il me dit que oui et m'explique la raison de son retard.
Il n'est que 13h35,
on n'a pas commencé plus tard que d'habitude.
En général, je les laisse toujours parler entre eux,
(ce qui me permet de sentir un peu l'ambiance du jour)

donc on commence toujours vers 13h40.

Mais Cheng Wei est mal

à cause de ce retard ?
Je lui laisse le temps d'atterrir et se détendre …

Après le troisième exercice qui est assez dynamique 

(pour ceux qui ont déjà pris un de mes cours, c'est celui des "spirales" …), tout le monde souffle et rit.
Ca y est, le groupe est à nouveau là.
On peut continuer tranquillement.
J'en profite pour dire aux filles que je voudrais connaître leur prénom, mais le vrai, pas l'anglais.

Ici, tout le monde a un prénom anglais.
En général, c'est le prof d'anglais qui leur fait choisir ou leur attribue au collège.
Cheng Wei s'appelle Daniel par exemple.
Mais, comme je lui avais dit l'an dernier, 

même si c'est plus difficile pour moi, 
j'ai envie de connaître leur vrai prénom.
Ils sont taïwanais, pas américains.
Il n'y a pas de raison que je les appelle autrement que par le nom qu'on leur a donné à la naissance.


D'autant que Ya-Chin dont je vous ai parlé dans l'article d'hier (et dont le prénom anglais est Sylvia), 

m'a expliqué que le prénom, toujours composé, était choisi avec beaucoup d'importance.
Pour sa signification bien sûr, ils ont tous un sens très précis,
mais aussi par le nombre de traits dont les idéogrammes qu'ils forment, sera composé.
(par exemple Cheng Wei en chinois, c'est 程尉 .. 

cela s'écrit donc avec un certain nombre de traits, que je ne m'amuserai pas à calculer)
Ce chiffre a beaucoup d'importance ici.
C'est un présage sur le caractère de la personne et son avenir, 

un peu comme pour les thèmes astrologiques, pour ceux qui y croient ...

La répétition se passe tranquillement.
C'est la fin de la deuxième session, déjà …
On revoit toutes les chorégraphies et on avance encore la phrase de Marie.
Je déstructure le groupe, crée une autre phrase pour Cheng Wei et Natalie.
Ils vont vraiment bien ensemble.


Une des danseuses a un petit peu plus de mal que les autres ..
Je pense à Yi Fan, mon assistante sur la chorégraphie de l'an dernier à Tsoying

à Ya Ting, une des profs de la Senior High School, à Yi Ching et à Hsiao Yin avec lesquelles j'ai bossé à Taipei et même à certaines élèves ...
C'est dommage que comme dans les autres projets, je n'ai pas eu le choix du casting.
À moi de rendre le groupe le plus homogène possible …



Après le cours, je demande donc leur nom aux filles (il en manque une qui enchaîne (comme hier ) sur un de ses cours).
Ca n'est pas simple.
Il y a le bon accent, je veux dire la bonne prononciation, mais il y a aussi l'intonation !
Parce qu'en chinois, la même syllabe peut se dire de cinq intonations différentes
et, malheureusement pour moi, peut signifier cinq choses différentes …
Difficile à expliquer par écrit, téléphonez moi si vous n'avez pas compris …

Je note consciencieusement les noms et l'intonation.
Natalie s'appelle Wan Zhu (elle est à gauche sur la photo),
il y a Shouan Ping (attention, il ne faut pas prononcer le g), la plus petite avec son tee-shirt bleu, qui est la prof de "Chinese opera",
et puis Yi Hsun.
Il faudra que je m'entraîne …

17h, il est temps d'aller voir l'eau.
Le port, la digue, la plage ?
Je ne sais pas encore.
Je mets mon casque, enfin le casque que Cheng Wei me prête, et nous voilà partis pour Formosa Boulevard …


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