Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,
c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :
Une danseuse taïwanaise et un danseur français.
Un danseur taïwanais et une danseuse française.
Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,
qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.
Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.
La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.
Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,
la septième nuit du septième mois.
La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.
dimanche 11 mai 2014
25/04/14 (2) - Les derniers cours à Tsoying
Les niveau 3, une dernière fois, Les niveau 2 aussi, Et mon dos hélas ..
Je quitte la salle des profs pour rejoindre le théâtre où les niveau 3 m'attendent, certains pour la dernière fois.
Je sais que je ne reverrai pas Yi-De qui ne vient pas en France cet été, j'espère que tous les autres seront du voyage ..
Les filles ont lâché leur chignon,
déjà mercredi dernier, certaines avaient "osé",
comme je n'ai ostensiblement rien dit, elles ont toutes la queue de cheval cette fois-ci.
Quand on pense qu'en France, on passe plus de temps à se battre pour que les danseurs attachent leurs cheveux …
Il manque Weng Fan qui, comme elle a mal au genou, comme souvent, va aider Su Ling (à je ne sais quoi).
On attaque le cours, que je n'explique plus.
Mon dos ne va pas mieux, la douleur est là.
Ils n'y sont pour rien, ils donnent le meilleur d'eux-même, je tente de faire pareil.
On ajoute des tours dans l'exercice des spirales (mes élèves comprendront .. enfin, pourront imaginer), ils se perdent un peu : demi-tour en dehors, demi-tour en dedans …
On rit, on recommence, ils se battent, j'aime ça.
Au moment de la variation, je vois une ombre dans le fond.
C'est Weng Fan qui regarde, cachée derrière les rideaux.
Je lui dis de venir. Toute la classe est réunie pour la fin du cours.
On fait un mix de la variation du premier mercredi et d'éléments du solo de Cheng Wei.
Cela me permet de tester la nouvelle musique.
Comme le tempo est plus rapide, je change les comptes de la variation du mercredi,
j'ai très mal au dos, je me perds, les "petits" m'aident (enfin, s'aident eux-mêmes), ils sont adorables.
Ils testent ...
En fait, cette musique incite au rebond.
C'est souvent le cas dans les musiques ternaires mais là, dans certains mouvements du sol et certains passages en l'air, cela saute aux yeux.
On modifie les rythmes, on suspend, on rebondit, on prend du plaisir.
Je filme.
Une des élèves (une des rares dont je ne me souviens jamais le prénom), nous fait une course qui ressemble à des sauts folkloriques.
On rit encore.
On refait.
Comme pour le cours précédent, j'avais laissé le gimmick d'au revoir (Thank you teacher, good bye teacher), cette fois-ci ils se ruent pour le faire à la caméra.
On rit encore.
On est bien.
Ils vont me manquer.
Je leur dis que je repasse mardi, comme prévu,
et que j'aurai fait la petite lettre qu'ils m'avaient demandé mercredi.
17h20.
Le cours a duré 1h50,
aucune remarque, personne n'a regardé sa montre (de toute manière ils n'en ont pas en cours),
on fait vite deux ou trois photos souvenirs.
17h30,
j'enchaîne avec les niveau 2 avec le dos en vrac.
Heureusement, ils ont déjà fait la barre en décembre et au début de ce séjour,
je peux faire moins de choses et plus les regarder.
Les niveau 2 sont en fait ceux que je connais le mieux :
je les ai vus arriver et je les aurai suivi pendant leurs trois années.
L'été dernier, ils m'avaient offert un tee-shirt,
chose qui, selon Su Ling, n'était jamais arrivé.
Vu que je regarde plus, je fais encore plus de corrections.
Certains, comme Jia Liang, qui avait le genou malade l'été dernier,
mettent les bouchées doubles,
comme pour exorciser la frustration des fois où ils n'avaient pu que regarder le cours.
J'ai vraiment la sensation qu'ils aiment ce que je fais, et ça me fait du bien.
On filme.
Le cours finit, le gimmick d'au revoir comme les ainés …
Ils ne partent pas, ils attendent,
ils veulent des conseils, un retour.
J'ai juste envie de m'asseoir pour soulager mon dos.
Je leur dis de continuer à bosser dans ce sens, que pour ma part,
je trouve que ça avance bien.
Je leur parle de disponibilité corporelle, d'adaptabilité ..
J'essaie de trouver des mots simples en anglais pour que la plupart comprennent,
ou qu'ils se fassent traduire après.
Je prends l'exemple concret du jour :
juste avant moi, ils avaient un cours "de chinese opera" , tout en tension et en retenue,
ce qui fait qu'ils ont attaqué mon cours avec cette même façon de bouger.
Je leur explique qu'il faut qu'ils arrivent à passer d'une gestuelle à une autre, le plus vite possible.
Plus vite ils seront polyvalents, plus ils feront de progrès et ils seront appréciés par tous.
Ils me remercient et finalement s'en vont.
Deux garçons et une fille reviennent.
Ya Yun, mister Lee (je ne sais pas son prénom chinois mais sur facebook son nom est Henry Lee, alors j'ai décidé de l'appeler mister Lee) et Jia Liang.
Ya Jun, est celle qui me fait signer le cahier d'appel.
Elle parle un peu mieux anglais que les autres.
L'an dernier, elle m'avait fait la surprise de venir à Lingya prendre mes cours, j'avais sa petite soeur (vouée à un grand avenir) dans la classe.
Les deux garçons sont marrants.
Mister Lee s'est complètement transformé en trois ans.
Il est arrivé tout noué, tout pataud, avec des gros sourcils.
En deux ans, les sourcils ont minci (lui aussi, un peu), et il a fait des progrès faramineux
(surtout grâce à la chorégraphie de Hsin-Yiu, le danseur de chez Käfig, dont je vous ai déjà parlé et qui fait aussi une chorégraphie chez miss Lin).
Il y a encore beaucoup à faire mais il est déjà méconnaissable.
Je ne suis pas sûr qu'il devienne pro. Je sais qu'il aime la musique,
il joue très bien de la guitare et je sens que c'est plus de ce côté qu'il s'épanouit.
Il verra bien …
Quant à Jia Liang, depuis le premier cours avec moi,
il a gardé son grand sourire scotché à son visage chaque fois qu'il me voit et quand il sort de mon cours.
"When do you come back ?
- Probably this Summer
- Ok, I will wait for you"
Il est adorable.
C'est drôle de voir comme, petit à petit, ils osent plus.
Ils cachent beaucoup moins leurs sentiments que les deux promotions précédentes.
Ils tentent plus l'anglais (avec moi, ils n'ont pas le choix mais les autres, du coup, n'osaient pas parler).
Jia Liang me dit que mister Lee ira à Paris avec les niveau 3.
Il y aura un autre des garçons du niveau 2.
Ca veut dire que Quang Io et Yu Hsuan ne viennent pas ..
Dommage.
J'arrive dans la salle des profs à 17h30.
Eux aussi ont eu presque deux heures de cours.
Il faut que je me change.
Ce soir, je dîne avec Ya-Chin,
la première taïwanaise avec laquelle j'ai communiqué :
elle est celle qui m'a annoncé que j'étais lauréat pour le projet de 2011,
elle était aussi à l'aéroport quand j'ai mis les pieds sur l'île la première fois,
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