Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

samedi 19 avril 2014

13/04/14 (1) - La septième nuit du septième mois, on pose les premières pierres …


À la rencontre des danseurs, 
les grands ...
se découvrir, se comprendre, se détendre



Comme je vous le disais hier, j'avais dans l'idée d'aller revoir Sizhiwan au lever du soleil.
Sachant qu'ici il se lève à 5h30, il fallait que je prenne le premier bus, celui de 6h.
J'ai bien ouvert un oeil à 5h mais mon corps n'a pas suivi.
Des restes du jetlag peut-être,
ou un rythme à retrouver ..
Il fait quand même bien chaud ici.

Je referme l'oeil pour de ne le réouvrir que vers 10h.
Tant pis, ce sera pour une autre fois.

Aujourd'hui, je prends mon petit déjeuner dans de bonnes conditions :
le fauteuil en rotin est tourné vers la fenêtre ouverte, j'ai des biscuits ..
Je m'installe, doucement.

J'écoute quelques émissions podcastées,
quelques billets humoristiques,
François Morel, Charline Vanhoenacker,
et les infos.
Il ne se passe pas vraiment grand chose de neuf ...

Je réfléchis à cette première répèt'.
Est-ce que je tente de faire quelque chose qui s'intégrera directement à la structure ?
Coup de poker un peu dangereux, je ne connais pas du tout les danseurs.
Même Cheng Wei ..
Je l'ai un peu vu bouger quand il traduisait les indications que je donnais l'an dernier aux jeunes de la Lingya Junior High School et je pense que ça va être bien mais je n'en sais rien.
Et que vont donner les quatre filles ?
Je sais qu'elles sont plus "classiques".
Je me souviens de l'arrivée de Pietragalla à Marseille.
Quand elle avait lancé les danseurs dans des choses contemporaines (comme Brumachon) ça avait été très difficile.
Je n'ai pas envie de cette galère-là, d'autant que je n'ai pas beaucoup de temps (dix répétitions, onze tout au plus)
Je pense à d'autres chorégraphes contemporains qui ont réussi dans des compagnies classiques.
Kélé par exemple.
On va partir de choses pas trop rapides et pas trop éloignées d'un certain académisme.
Je vais leur transmettre la phrase de départ du solo de Marie.


C'est l'heure d'y aller.
La douche.
Le sac.
Je prends le métro avec la même appréhension qu'ont sûrement les danseurs qui m'attendent.
Natalie (qui sera ma partenaire) m'a fait part hier de leur inquiétude d'être à la hauteur dans une danse "moderne" qu'ils ne connaissent pas.
On verra bien.

Contrairement à la veille, je n'ai rien à acheter en route.
J'arrive en avance (si si !) et je ne suis même pas le dernier.

Nous ne sommes que huit dans le studio.
Les cinq danseurs, miss Lin, son mari, et moi.
Ca n'est pas du tout la même ambiance.

On attaque la barre.
Les corps sont timides, mais relativement malléables .
Et on sent l'envie de bien faire.
Je réussis à les faire rire.
Les deux anglophones traduisent les choses qui ne passent pas par le corps.
Parfois ils oublient, surtout quand ce sont des gags.
Je les rappelle à l'ordre.
J'ai trop vécu ces situations où des gens parlent, rigolent et toi tu n'y comprends rien.

On avance dans la barre.
Les réactions sont les mêmes qu'en Europe.
La confusion dans les dissociations pour le travail des dégagés,
l'étonnement des étirements Horton.
la souffrance des ados et des grandes fentes.
(ceux qui ont pris mes cours comprennent de quoi je parle …)
mais globalement tout se passe bien.
Le niveau est hétérogène.
Cheng Wei et Natalie seront très bien pour le quatuor.
Deux des danseuses manquent de souplesse dans le dos, et une est juste à mi chemin.

On attaque la phrase de Marie.
Ca se passe bien.
Si Cheng Wei est comme un poisson dans l'eau, les autres commencent à se détendre.
On tente une mini construction en canon.
Ca n'est pas encore très précis mais ça va venir.


Bref, pour finir la répétition,  je les lance dans une version nouvelle des chaises de "ce que nous sommes",  je ne sais pas si je vais m'en servir mais je voudrais bien voir ce qu'il en sort.  On rigole beaucoup.  Ils sont aussi perdus que nous (danseurs de la compagnie) quand on l'a appris.  Seu Pa Seu Pa, Pa Seu Pa Seu ( 4 8 4 8, 8 4 8 4 ) Ils se trompent et rient aux mêmes endroits.  Leurs positions de base sont plus "dansées" que les nôtres.  Ca peut être intéressant à garder ..
Désolé pour la qualité de la vidéo,  je reviendrai sur mes déboires de mise en ligne de vidéo depuis la mise en place d'un nouveau système sur Google  (en gros, la guéguerre commerciale entre Facebook et Google et le mariage de ce même Google avec Youtube posent bien des soucis à beaucoup de blogueurs …  Pour en revenir aux danseurs,  pour une première fois, c'est plutôt bien.  16h30.  Le goûter !  Comme chaque fois que j'ai fini de travailler chez miss Lin, il y a à manger.  Des gâteaux, des jus de fruits. L'hiver dernier, comme j'avais fini une heure plus tard, j'avais même eu le dîner !  Un canard à la pékinoise.  On reparle de styles et de techniques.  Miss Lin voudrait me voir dans un cours de classique.  J'éclate de rire ..  si elle savait.  Ca me rappelle Eve Gonnet, la seule personne qui ait réussi à me sentir capable de prendre un cours de classique sans me sentir mal à l'aise.  Tout bêtement, parce que pour elle, je n'étais pas un danseur jazz qui venait prendre un cours de classique, j'étais un danseur .. comme les autres ..  C'est ce que je leur dis par rapport à ce qu'on fait.  Il faut se débarrasser de cet à priori que les choses sont différentes.  Je leur raconte mon premier cours avec Eve où j'étais en sueur après les premiers demi pliés en première position alors que ça faisait cinq ans que j'en faisais .. ailleurs ..  Du moment où j'ai réalisé qu'un demi-plié était le même partout (à certaines nuances près) et que madame Gonnet me considérait comme un danseur comme les autres,  je me suis mis .. au boulot.  Je quitte le studio avec Cheng Wei qui veut, une fois de plus, me ramener chez moi.  On négocie pour "jusqu'au métro"... Il m'emmène à Kaohsiung Arena.

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