Réveil à 3h, puis à 5h ..
Plutôt que tourner en rond dans mes draps multicolores,
je décide de faire enfin ce que je comptais faire depuis mon arrivée :
aller voir la mer au petit matin.
Petit déjeuner rapide,
douche,
je regarde sur le site des transports en commun de Kaohsiung,
le prochain bus doit passer à 6h10.
Je sens qu'on ne va pas être nombreux.
Je descends un peu en avance.
Il est 5h50 quand je vois un bus passer,
l'arrêt n'est pas loin, j'hésite,
est-ce que c'est le bus que je comptais prendre qui est en avance ?
(et du coup quand est-ce que le prochain arrivera ?)
je vois qu'à l'arrêt il y a une ou deux vielles dames qui font signe, en courant un peu je devrais pouvoir monter à temps.
Je me tape un micro sprint jusqu'à l'arrêt (pas pratique avec les sandales).
Je monte dans le bus.
Il était presque plein !
De personnes âgées !
Elles me regardent avec grand étonnement.
Je m'installe sur un des sièges restants dans le fond du bus.
Le temps du voyage, je comprends que tout le monde se connaît plus ou moins : en dehors de l'habituel "merci" au chauffeur en descendant du bus (oui ici, pour ceux qui découvrent ce blog, quand on descend du bus on dit merci au chauffeur, quinze personnes = quinze mercis), en dehors du "chiéchièèè" donc, les gens se disent au revoir avant de descendre ou une fois descendus, un peu comme quand on laisse des amis dans un train et qu'on est sur le quai.
J'arrive à Gushan à 6h20.
Je marche presque seul dans le petit port.)
20 minutes après mon arrivée, je vois un autre bus.
C'est celui-là (qui était bien à l'heure indiquée) que j'aurais pu prendre, et sans courir.
Je suis tellement peu habitué à avoir des bus qui respectent leurs horaires …
Arrivé au canal qui sépare Gushan sur la terre ferme de l'île de Cijin, j'admire une fois de plus la vue sur le port de Kaohsiung.
Le belvédère (cf. hier)
Je m'installe pour regarder les cargos et écrire un peu.
Tout est calme, il fait un peu gris, presque frais.
Je fais une photo souvenir sur le promontoire.
et les premiers cars de touristes arrivent.
Il est temps de rentrer.
Je reprends quelques photos de bateaux, maintenant que le ciel s'est éclairci.
Je prends le même bus qu'à l'aller.
Cette fois-ci ce sont des jeunes, collégiens ou lycéens, qui occupent majoritairement le bus.
La ville s'éveille, doucement.
En rentrant à la chambre, j'ai un petit coup de pompe.
J'ai un peu de temps devant moi, je me recouche une heure ou deux.
En route pour ce deuxième jour de travail avec les cinq profs de l'école.
Il faudrait que je trouve une suite à ce départ créé sur la phrase du solo de Marie.
Je n'ai pas trop d'idées qui viennent.
Comme souvent dans ce cas, je décide de travailler sur une autre musique et d'articuler le tout en fin de course.
L'ambiance est plutôt bonne au studio.
Tout le monde est plus détendu sauf Natalie qui pleure seule dans le vestiaire .. Petits soucis persos …
La barre est plutôt bien intégrée,
on va aller vite de ce point de vue, c'est bien.
Pour la variation, je me lance sur une musique composée l'an dernier à Taipei.
Un ternaire à la harpe (enfin un son qui n'est plus une guitare mais peut-être pas vraiment une harpe) qui m'était venu à l'esprit après le typhon :
vous pouvez l'écouter ici
Comme à chaque fois ici, j'accélère le tempo …
Automatiquement, me revient un mouvement de départ d'un autre solo que j'avais fait en Finlande.
Je me contrôle pour développer une suite différente.
Les danseurs suivent, on avance ensemble.
D'abord les jambes, puis le haut du corps.
Je mets un pas de basque et un jeté en remontant, les filles sourient, ce sont bien des profs de classique.
Du coup, pendant la pause entre le cours et la répétition, je leur explique que pour les français, les termes de danse classique sont bien plus explicites, vu que c'est du français.
J'explique ce que plier veut dire, on passe par l'anglais .. pour retomber sur nos pattes en chinois.
Miss Lin qui entend la discussion vient voir ça de plus près.
À travers la danse, ils prennent une leçon de français.
Le "bras" du port de bras, la "jambe" du rond de jambe (et le rond aussi d'ailleurs).
L'assemblé, le battement tendu, le frappé, les batteries.
On parle du marquis de Sissone et du fait que le français a été la langue de l'Europe à un moment donné, qu'en passant par la Russie, ces mots qui avaient un sens sont devenus un code dans le monde entier, un peu comme pour certains arts martiaux.
Tout ça est très sympa, mais on perd un peu de temps.
On fini juste de construire une petite chose avec la variation de fin de cours et c'est presque l'heure.
Je leur demande un petit atelier : trouver une phrase sur place en conservant les mouvements de bras de la variation.
Cheng Wei fait quelque chose d'intéressant.
Je sens qu'on va bien s'amuser pour son solo.
Comme la veille, on goûte.
Il y a toutes sortes de gâteaux …
Assez pour que je sois calé pour la soirée.
Natalie a retrouvé le sourire
Cheng Wei me ramène au métro.
Alors qu'il sort les casques de son scooter, je le vois fredonner la mélodie de la variation en souriant.
Ils ont l'air heureux, ça me fait du bien.
Métro,
marche jusqu'à la chambre,
je m'arrête au 7/11 (vous vous souvenez ? non ? alors allez lire ce que c'est ici ) pour m'acheter une bière et … un esquimau …
Douche,
je m'installe sur le fauteuil l'ordinateur sur mes cuisses pour voir ce qui se passe dans le monde (virtuel ou pas), je mange mon esquimau en luttant contre le sommeil.
Je ne veux pas me coucher tôt pour ne pas me lever tôt ..
Une idée !
Je me rase !
Ma barbe de quinze jours de plus en plus grisonnante (ou trois semaines, je ne me souviens pas vraiment) a assez duré.
Ce soir, il y a des feux d'artifices …
Je ne sais pas bien pourquoi.
Il va falloir que je me renseigne.













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