Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

mercredi 16 avril 2014

10/04/2014 - Retour à Kaohsiung

un long voyage par Paris
qui n'est pas si long que ça,
mauvaise surprise à l'hôtel




Je n'aime pas partir en voyage loin, tôt le matin.
J'ai déjà la sale manie de devoir faire trois ou quatre allers retours avant de pouvoir fermer la porte de mon appart' pour de bon mais là, partir endormi ne peut qu'accentuer les choses …

Effectivement, ce mercredi matin, j'oublie mon passeport,
puis le courrier pour l'administratrice que je dois déposer dans sa boîte (sinon elle aura tout avec un mois de retard),
puis le coupe ongles,
puis l'adaptateur pour les prises taïwanaises,
puis les nettoie-pipes ...

Les deux derniers sont toujours chez moi.
Je m'en rends compte quand le train démarre.
J'ai déposé ma voiture à la campagne en sécurité
(elle est déjà assez amochée comme ça … )
et je pars donc de la gare d'Aix-en-Provence à l'heure où le soleil se lève.


Dans le train pour Roissy, je finis de mettre en place avec Élise, qui me remplace pendant ces trois semaines, le planning des cours qu'elle devra assurer.
Elle est un peu inquiète et elle a raison : 

à nous deux, nous ne sommes pas au top de l'organisation …

Cette année, je pars donc de Roissy.
Je n'aime pas du tout cet aéroport, 

mais comme le projet est soutenu par l'Institut Français pour nos déplacements internationaux, 
c'est plus simple d'avoir Paris comme point de départ.

Ce sera donc Aix-en-Provence, Roissy, Amsterdam, Taipei, Kaohsiung.
3h de train,
2h à d'attente à Roissy, le temps d'embarquer (au cas où le train aurait du retard et où il y aurait des soucis avec les bagages ou la sécurité)
1h30 d'avion,
5h d'attente à Amsterdam,
12h d'avion,
15 mn de navette,
1h30 de train.

Les voyages …

La SNCF me fait un super cadeau : le train est à l'heure.
Les aéroports de Paris aussi : 

les hôtesses d'Air France et le personnel de sécurité sont agréables …

Je suis donc en avance.
J'en profite pour acheter des lunettes ..
Le type de loupes qu'on achète pour lire ..
Et dire que j'ai l'âge de ça …


Mais j'aime bien l'idée, ça me fait une sorte de déguisement.
À voir combien de temps, elles vont tenir maintenant …

Pendant l'heure qu'il me reste, je reçois un coup de fil d'une prof de danse 
dont j'ai vu le travail dans des rencontres chorégraphiques il y a quinze jours.
Je lui donne des retours, des pistes à creuser.
Bizarre de parler de ça dans un hall d'aéroport …


Je dors déjà quand l'avion décolle de Roissy.
Du coup, le premier vol passe vite.
Le temps d'étrenner mes nouvelles lunettes avec des mots croisés.


À Amsterdam, je passe tout de suite le contrôle des passeports au cas où.
D'autant que j'ai les cheveux tressés,
du coup je n'ai pas du tout la même tête que sur mon passeport mais tout se passe bien.
Espérons qu'il en sera de même au retour …

Duty Free,
une bouteille de vin pour Su Ling,
des chocolats pour Cheng Wei,
je vais m'installer dans une salle un peu isolée dite "de méditation".
On est peu nombreux, il y a des transats avec la vue sur le tarmac,
on entend au loin un piano mis à la disposition des gens, et un jeune asiatique y joue des gymnopédies …
J'y reste un peu.

Le temps de trouver un truc à grignoter et des prises pour recharger les batteries des appareils (ordinateur, Iphone, appareil photo), de papoter avec mes amis sur le net et c'est déjà l'heure d'embarquer.


C'est un vol pour Manille via Taipei, du coup il est plein.
Il y a plus de philippins que de taïwanais.


Pour la première fois, je trouve le vol un peu long.
Mon voisin, bien que pas très grand, a la drôle d'idée de vouloir ne pas garder les jambes serrées.
À plusieurs reprises, il va falloir que je repousse son pied qui empiète largement sur mon espace, déjà restreint.
Je ne suis pas mécontent d'arriver à Taoyuan, l'aéroport de Taipei.



Contrôle de passeport sans soucis, bagages au rendez vous,
j'ai des connexions miraculeuses :
le temps d'acheter mon billet pour la navette, le bus arrive.
Quelques minutes d'attente et me voilà parti vers la gare TGV (HSR comme on dit ici) où là aussi, j'ai à peine le temps d'acheter mon billet que le train arrive.

J'arrive à Kaohsiung une heure plus tôt que prévu.

En route pour l'hôtel.

Cheng Wei, à qui j'avais demandé d'aller jeter un oeil à la chambre pour voir si c'était jouable, m'avait dit que ça n'était pas le grand luxe mais que ça irait.
(il est assez critique donc je lui ai fait confiance).
Trois stations de métro plus tard, je suis à l'hôtel où la réceptionniste sait qui je suis.
"Oh .. You are … Claude (Claoud) !"
Cheng Wei avait dû me décrire …
Et comme il n'y a pas beaucoup de noirs ici, surtout dans les petits hôtels ..
Ca n'était pas bien compliqué de me reconnaître.

Si j'avais eu de la chance jusque là, la chambre va calmer mon enthousiasme :
au troisième étage donnant sur une des avenues principales, je ne pouvais pas envisager d'ouvrir la fenêtre, trop de bruit …
La baignoire dans la salle de bains dont la porte coulissante se fermait mal, avait été colmatée avec un joint très grossier qui visiblement n'avait pas été efficace car à l'extérieur (entre la salle de bains et le lit) la moquette était trempée …
Passées les premières minutes, l'odeur de désodorisant disparue, il y avait un mélange de clopes froides et d'humidité que je ne supporterai pas trois semaines.
Ajoutez à ça, l'ampoule de l'entrée qui grésille et une télé qui me rappelait celle de chez ma mère quand j'étais gosse et vous pouvez imaginer la première chose que j'ai fait : aller sur Internet (au débit très moyen) pour chercher une autre chambre.

J'ai quelques pistes mais je préfère en parler avec Cheng Wei qui doit passer après ses cours pour me donner ma carte SIM taïwanaise.

J'en profite pour aller m'acheter à manger et à boire.
Sandwiches, de quoi petit déjeuner
et la première bière ...

Quand Cheng Wei arrive et qu'il voit l'état de la chambre, il convient que je ne peux pas rester là.
Il me demande si je veux partir tout de suite.
Je lui dis que ça va aller pour cette nuit, d'autant que j'ai payé le séjour dans sa totalité …
Il me dit de ne pas m'inquiéter pour ça, il allait négocier mon départ en bas.

Il descend à la réception et me ramène mon argent moins une nuit et un petit pourcentage (200 dollars de plus … 5 euros).
Tout en discutant avec moi, il cherche sur son téléphone, passe un coup de fil ou deux.
Il me trouve un studio en plein centre, un peu plus cher mais bien plus agréable (du moins en photos).
Me voilà rassuré.

Pendant qu'il organise le rendez vous pour le lendemain, je reçois un message de Su Ling qui veut que je la rappelle.
Changement de téléphone.
Su Ling est toujours aussi énergique, elle me parle de demain où il va falloir qu'on organise le voyage des jeunes à Paris en juillet.
Il y a un cours donné par un danseur de la compagnie de Bill T.Jones à 14h, elle m'a pris un billet pour le samedi soir.
Elle me propose un voyage à Tainan samedi après midi, mais je suis obligé de refuser car je travaille déjà sur l'autre projet.
On se dit à demain.
Elle me rappelle de prendre des affaires de danse car il y a de grandes chances que je donne un cours dans l'après midi.
Je ne vais pas chômer ...

Tout est organisé : ma nouvelle résidence, le planning des jours à venir.
Il est déjà 22h30.
Cheng Wei a eu une grosse journée et je tombe de sommeil.

On se souhaite bonne nuit et on se voit le lendemain où on va traverser la ville en scooter avec mes affaires

Ce que lui, va déjà faire maintenant ...

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