Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

dimanche 27 avril 2014

18/04/14 - deuxième (et dernier) jour "off" - mon boléro


Une nouvelle musique
celle de la version taïwanaise de la septième nuit
La vidéo des petits plait bien, j'aime ça mais ...



Cette fois ci, je n'ai pas le choix,
il faut que je la fasse cette satanée musique.
Hier, j'ai eu une mélodie en tête à un moment, mais le chinois de la photo avait sa petite radio portative et du coup ça a brouillé les pistes et ma mélodie a disparu.
Comme à chaque que je commence quelque chose de créatif, j'ai cette petite angoisse,
celle de la page blanche …

Petit déj',
Blog,
je trouve une nouvelle mise en page,
l'espace pour le texte est plus large,
je me dis que je devrais encore plus peaufiner
(histoire de ne plus avoir le temps de faire la musique …)

Bon, finalement je m'y mets.
J'ai cette idée de boléro.
Elle trotte dans ma tête depuis que Babeth Angelvin, une collègue pédagogue avait comparé ma façon de composer à celle de Ravel dans son boléro.
On était dans un jury dans des rencontres chorégraphiques et en ouverture du spectacle, il y avait le solo d'une danseuse dont j'avais fait la musique.
Babeth m'avait dit "tiens, tu bosses comme Ravel et son boléro".
En fait, je n'avais pas fait gaffe mais c'est vrai que je fais souvent rentrer les instruments les uns après les autres comme dans ce tube interplanétaire …
Ce serait donc un exercice de style intéressant que je fasse le mien.

Je construis la rythmique (étonnant qu'elle n'existe pas toute faite dans la banque de boucles musicales).
Je me décide sur la note de base et je cherche la texture sonore.
Ce sera du synthé.
J'installe les différents sons,
il va falloir trouver le bon dosage …

Ce qui ne va pas être facile avec cette rythmique, c'est de se débarrasser une fois pour toutes de la mélodie tube du grand Maurice ..
Elle vient automatiquement en tête.

Mais finalement, quelque chose m'arrive dans les oreilles.
Une mélodie qui semblerait être jouée au hautbois.
Je la rentre dans l'ordinateur au piano et je cherche l'instrument qui, selon le logiciel, ressemble le plus à ce que j'ai en tête ..
J'ai parfois des surprises.
Je tombe sur des flûtes qui m'intéressent, une chinoise (évidemment ..) et deux qui semblent être du Moyen Orient,
je les mets de côté pour une autre mélodie et je repars à la recherche de mon simili hautbois …
C'est finalement, un basson utilisé dans les aigus (je n'étais pas si loin ma foi …).

J'écris la phrase au "hautbois basson", celle aux flûtes,
c'est un bon début.

Je fais une petite pause.
Sur facebook, la vidéo de fin de cours des "petits" postée la veille dépasse la centaine de "like".
Des collègues que je ne connais pas la partagent !

Je suis très content, très fier des "petits",  
mais en même temps,  
j'ai un pincement au coeur en me disant qu'en France  
et surtout à Marseille,  
on me propose tellement peu de choses.   
Hier soir, j'avais écrit un statut dans ce sens : 
"Réflexion du soir (il est 22h ici)  La petite vidéo de fin de cours des élèves  de la Tsoying Senior High School remporte un vif succès .  Beaucoup de gens ont aimé, des amis d'amis, des gens, danseurs ou non,  qui n'ont pourtant aucun contact en commun avec moi.  Merci pour eux, merci pour nous.  Du coup, je m'interroge.  À la suite de ce type de travail, à Taïwan,  j'ai eu 5 propositions de collaboration différentes Pourquoi en France (où je vis 10 mois par an),  on ne me propose rien ?" 
Je me remets à la musique, le mixage n'est pas comme je veux. 
Je rame, on verra bien,  il faut juste que ce ne soit pas trop moche pour qu'on puisse danser dessus, je continuerai plus tard … 
Il me vient l'idée d'un pizzicato, 
j'aime bien ça, j'en mets souvent. 
Il me faut maintenant trouver les bonnes notes et surtout la bonne rythmique (hors de question de retomber sur celle de Ravel). 
Je structure un peu, je choisis quel instrument entre et à quel moment … 
Voilà une ébauche sur laquelle on va pouvoir danser bien que je ne sois pas sûr des mélodies des flûtes et de basson hautbois ...
Je vais faire une pause, m'aérer les oreilles. 
19h. 
Je ne suis pas sorti de la journée ! 
Je descends Wu Fu 2nd road vers le métro pour trouver un endroit où dîner. 
Je crois avoir vu qu'il y avait des choses là bas. 
Près du lycée devant lequel je passe tous les jours 
(il s'appelle Sin Sing, presque comme la prison de New York), 
je vois quelque chose qui ressemble à un self.. 
Il faudrait que je teste un de ces jours mais pour ce soir, je choisis un restau de pâtes. 
Il y a un menu en anglais. 
Sauf que les serveuses, elles, ne parlent pas anglais. 
On va se débrouiller … 
Ce soir ce sera des spaghettis au canard fumé au sucre de canne. 
Un sucré salé bien bon ma foi. 
Avec un thé froid. 
(il n'y a pas de vin, ou très rarement, dans les restos ici, c'est fou ça !) 
Il y a une soupe en entrée, une salade césar et une pana cota au chocolat en dessert. 
Le tout pour 300 dollars .. 7,5 euros. 
De retour à la maison, 
Cheng Wei me laisse un message : 
il y a un souci avec miss Lin. 
Elle ne veut plus de soliste féminine et surtout, elle ne veut que Natalie vienne en France.
Pauvre Cheng Wei, c'est toujours à lui de m'annoncer les mauvaises nouvelles …
Je garde mon calme.
Je lui dis qu'on allait voir les choses les unes après les autres.
Pour l'instant, il faut avancer sur la version taïwanaise.
Cinq taïwanaises, une française, un taïwanais, un français.
On avisera en temps voulu pour la suite …
Je n'ai pas envie de rentrer en conflit, je n'ai pas envie de me prendre la tête maintenant.
L'équipe est ce qu'elle est, on s'entend bien, je vais rester dans le travail.
Je réécoute la musique, ça me plaît jusque là.
J'irai plus loin une fois que j'aurais avancé sur la chorégraphie.
Pause télé, je regarde "Boulevard du Palais" sur TV5.
Ca me rappelle la maison, le vendredi soir.
Je vais sur le net 
Paradoxalement (ou pas), les réactions à mon nouveau statut sont peu nombreuses.
Elles vont toutes dans le même sens : "tu vas finir là-bas .. tu devrais t'installer là-bas …"
J'aime énormément ce que je fais ici mais j'aimerais tant faire pareil en France. Sur le blog, j'ai le message d'une ancienne blogueuse
qui est aussi une amie (et même une ancienne élève). Elle a comme moi le goût du voyage.
Son message me met du baume au coeur.
23h26, 26 degrés dans la chambre,
ce soir je tente la clim', une petite demi heure avant l'extinction des feux.
On verra bien ...

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