Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

mercredi 10 septembre 2014

09/08/14 - dernière répétition avec les ados avant .. la scène


Encore un jour de pluie,
danser tous ensemble,
une autre soirée entre amis,



Levé à 5h, la petite musique des premières voitures battant le pavé humide me confirme qu'il a bien plu une grande partie de la nuit.


Après le petit déjeuner (et tout ce genre de choses), je me lance dans le montage vidéo de la fin de cours des élèves de Tsoying que j'ai filmés la veille.
J'y passe beaucoup de temps et ça me stresse un peu.
Pourtant, je n'ai pas plus de choses à faire que d'habitude,
mais je me sens débordé.
Comme si la présence d'Élise chamboulait tout,
alors qu'à part peut-être le quart d'heure où elle va parfois sur le net depuis mon ordinateur, on ne prend guère plus de temps.

En fait, quand je suis seul, je suis moins regardant sur les horaires (même si ici, par rapport à ce que je fais en France, je suis bien plus scrupuleux),
alors que là, j'essaie de ne pas trop la faire attendre.


Le temps se lève dans la matinée,
je me dis qu'on retourne peut-être vers le beau temps,
mais hélas, les nuages reprennent le dessus.


Quand il y a des tempêtes tropicales pas loin, le temps change tellement vite.

On part donc à l'heure sous un temps encore pluvieux.
Ce genre de jour où pour moi le moral peut facilement vaciller,
où j'ai envie me fondre dans la masse sauf qu'ici, c'est impossible.

Nous partons au studio sous une pluie battante.

Comme je leur avais demandé en début de semaine, Wan Zhu et Cheng Wei vont se relayer pendant cette répétition pour donner les derniers conseils aux ados en chinois.
C'est quand même plus pratique pour parler des qualités de mouvements et des intentions avec des termes précis.
Je veux vraiment que les jeunes aient toutes les clés en main pour donner le meilleur d'elles mêmes à la répétition de demain, qui sera la dernière avant le jour J.

Avec mes deux acolytes traducteurs, je suis en confiance.
Je sais qu'ils savent ce que je veux.

Tzu Ping (la prof de "Chinese Opera") et Yi Chun viennent aussi réviser,
elles marquent les mouvements et c'est bien utile pour garder les bonnes places,
on est 19, autant dire presque au complet.

ces deux-là … "worse than kids" comme je leur ai dit souvent
ma petite soliste

Tout se passe plutôt bien quand miss Lin débarque : elle voit la présence de Wan Zhu d'un mauvais oeil …
Elle aimerait bien savoir pourquoi elle est là sauf que la barrière de la langue la bloque … et que la seule anglophone est … Wan Zhu.
Elle assiste à la répétition en tentant de donner des directives de ce qu'elle comprend de ce que je dis avant ou après que Wan Zhu ne traduise.
Les ados sont tendues,
elles n'osent pas ne pas faire ce que miss Lin demande, or parfois, ça n'est pas ce que je veux.
Cheng Wei tente de détendre un peu l'atmosphère.


Heureusement pour nous, la directrice ne peut pas rester longtemps.
L'atmosphère se détend …
Un peu trop.
On perd du temps pour retrouver la concentration de toutes (et je n'ai qu'1h30 aujourd'hui).
Wan Zhu s'en va donner un cours.
Je demande à Cheng Wei de dire aux filles que je ne veux plus perdre de temps comme ça, quelle que soit la situation.
La pièce fait 23 minutes.
C'est relativement long.
On ne peut plus prendre la chose à la légère.
Elles ont entre 16 et 18 ans,
sans être dans la rigueur de Tsoying, elles devraient pouvoir faire un effort.

À 16h10 pétantes (contrairement à la semaine dernière), nous sortons du studio.
On passe faire un petit coucou par la vitre à Wan Zhu et aux autres profs qui travaillent et on repart pour l'hôtel.
Ce soir, on est invité par Su Ling a un spectacle de danse contemporaine au Centre Culturel de Kaohsiung, ce que l'on appellerait nous le théâtre municipal,
puis on devrait retrouver Cheng Wei pour un verre dans un bar juste à côté.

Juste le temps de prendre une douche, et nous voilà reparti.
Ligne orange en direction de l'est (à l'opposé de la mer),
deux stations plus tard, nous arrivons en avance au rendez-vous.
L'occasion de faire une ou deux photos, d'autant que le temps a l'air de s'être calmé.



Su Ling arrive un peu en retard,
les embouteillages, et des difficultés à se garer.
Elle nous emmène dîner avant le spectacle.
On la suit dans le quartier mais elle semble un peu perdue.
En fait, le restaurant qu'elle cherche est fermé.
On décide de faire découvrir à Élise les "hot pot", il y en a partout ici.

On s'installe.
Impossible de choisir : c'est écrit en chinois et surtout … Su Ling choisit pour nous !
En dehors de la fondue (le fameux "hot pot"), elle commande un plat de nouilles pour chacun et un petit dessert.
Élise se régale, moi aussi.
Su Ling est fière.

On est sur le point de partir quand une averse … de compétition, inonde tout le quartier.
Personne n'a de parapluie.
Comme je suis "l'homme", Su Ling m'envoie au Seven Elelven acheter des manteaux de pluie de secours.
Heureusement, il y en a un juste en face au carrefour.
Comme avec ma jambe convalescente, je ne peux pas vraiment courir, surtout sous la pluie,
ça m'arrange bien.

J'achète un parapluie en plus des trois manteaux.
J'ai enfin mon imper jaune Seven Eleven !
Il faudra que je prenne une photo.

On repart vers le Centre Culturel.
Les halls sont déjà noirs de monde.
Il y a des anciens élèves de Lingya où j'ai travaillé l'été précédent
et aussi Po Kai dont je vous ai parlé dans un autre article.


C'est fou le changement qu'opère sur ces jeunes, l'entrée à la fac.
Jusqu'à l'équivalent du bac, ils n'osent pas vraiment faire ce qu'ils ont envie.
L'université c'est l'occasion de quitter vraiment les parents (certains sont déjà en internat ici mais ça n'est pas pareil) et de se lâcher un peu :
les filles se font couper les cheveux, les mecs tentent des crêtes ou des tentures rousses plus ou moins réussies,
les fringues sont plus … de leur âge,
et même dans leur comportement, on sent qu'ils sont plus détendus.

Le spectacle est très décevant.
D'une part, parce qu'on nous a annoncé de la danse contemporaine alors que c'est tout au plus néo classique et que même dans ce vocabulaire là, ça n'est pas très captivant.
On en parle à l'entracte avec Su Ling,
elle est d'accord avec nous.
Pour la deuxième partie, le chorégraphe s'attaque au Sacre du printemps …
il n'aurait pas dû.

On sort du centre culturel au sec.
Difficile d'imaginer qu'il ait autant plus quelques heures plus tôt.
Je me sens ridicule avec mon parapluie sauf que je suis loin d'être le seul.

Je contacte Cheng Wei qui aurait dû être dans le coin car sa mère et sa soeur fabriquent des savons (d'où mes cadeaux d'anniversaire) qu'elles vendent dans un night market qui se déroule autour du centre culturel le samedi soir.
Mais avec la pluie forcément, il n'avait pas eu lieu.
Il me propose de se voir plutôt à notre bar habituel.
Il n'est pas très loin de l'hôtel, ce sera plus pratique pour nous pour rentrer, si on passe minuit.
On se donne rendez-vous à la réception, il nous fait signe quand il est là.

Arrivé au bar, une serveuse aux cheveux coupés en brosse se fige en nous voyant, elle réfléchit.
Son visage s'assombrit.
Et puis s'illumine à nouveau : "Long time no see !"
Effectivement, elle ne m'avait pas vu depuis le mois d'avril.

L'ambiance est bonne,
du jazz en fond sonore,
Cheng Wei et Elise s'entendent si bien.
Ça me fait plaisir.
Je lui dit d'appeler Wan Zhu .. qui débarque un peu plus tard,
comme souvent.

On parle un peu boulot,
on rit beaucoup.
Ce soir, c'est Élise qui prend les photos.




Wan Zhu ne tient pas bien l'alcool,
elle était venue en métro (sage décision).
Elle n'est pas à la fin de son cocktail que sa voix se fait plus aiguë et ces yeux plus petits.
Elle appelle Jim, son mari.

On la lui confie, et nous remontons la rue qui nous mène au night market près de l'hôtel.

huitres de taille géante


le plat en arrière plan ne peut contenir qu'une huitre



Je rentre me coucher,
Élise reste un peu.

Demain, c'est la dernière répétition.
Et nous serons enfin 20 ...

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