C'est un rayon de soleil qui traverse la fenêtre.
Avec la pluie de ces derniers jours, je ne fermais plus le rideau
(et puis je crois que, même avant, j'aimais bien être réveillé par la lumière du soleil).
Je me lève en catastrophe,
agrippe mon appareil,
je l'allume :
Pas de carte mémoire.
Je l'avais laissé dans le lecteur quand j'ai transféré les films hier soir.
Le temps de réaliser que je m'étais endormi en attendant que ça charge et que donc le lecteur était sur le lit avec l'ordinateur,
le temps que je retire la carte du lecteur pour la mettre dans l'appareil photo,
les nuages sont déjà revenus.
Pendant que je savoure mes brioches au chocolat trempées dans le thé vert au jasmin, j'écoute la radio.
Il y a un pilote de ligne qui raconte son voyage à vélo d'Europe vers l'Asie, sur la ligne qu'il desservait habituellement en avion.
Russie, Mongolie, Chine ...
Une belle idée,
que je serais incapable de concrétiser.
c'est vrai que de là-haut, les paysages font envie,
mais tout ça est bien trop dangereux pour moi ..
Et puis surtout, je n'aime pas du tout faire du vélo.
Il devrait faire vraiment beau à partir de demain ..
Dommage, on sera au théâtre.
J'en profiterai pendant ma semaine de repos.
Les films de la veille sont plutôt réussi.
Je devrais même pouvoir en faire quelque chose pour le spectacle français.
On verra bien.
Je tente de faire un montage avec les vidéos des duos de la veille et le boléro,
ça me paraît compliqué.
Il y a tous les plans où quelqu'un passe devant,
ceux qui ne sont pas raccords entre les danses à 20, à 7, à 5, à 4 ou à 2 ..
Je laisse tomber pour l'instant.
Ça n'est pas la priorité.
Élise arrive vers 13h.
Je lui rends la canette de bière et le thé qu'elle avait emmené hier soir, je ne sais plus trop pourquoi.
Nous partons au studio ..
Et le ciel a l'air de notre côté.
Dans Ming Chen road, on passe devant ce petit café que l'on a croisé chaque fois que l'on allait répéter.
On n'a qu'1h30 de répét', ce sera l'occasion de s'y arrêter au retour si le temps s'améliore toujours.
Au studio, tout le monde est là sauf Cheng Wei, Hsin Yiu et Wan Zhu.
Les ados répètent plein de choses que je n'ai pas encore vues.
Elles passent et repassent avec des nouveaux costumes.
Je commence à pressentir une longue soirée pour demain …
Quant à nous,
on est dans le troisième studio, le plus petit.
On tourne le début de la pièce,
le duo que j'avais monté à Aix-en-Provence.
J'avais laissé Élise bien seule dans sa danse jusque là,
pas le temps de m'en occuper,
il y avait tout le reste …
On reparle un peu de son solo,
(enfin .. en termes de mouvement),
on retrouve nos connexions,
l'ambiance est douce.
Tout se remet en place.
L'heure et demi passe très vite.
15h30.
On quitte le studio.
Il n'y a personne après.
Je me demande pourquoi miss Lin nous a d'abord dit non avant de nous accorder cette heure et demi alors qu'on aurait pu y rester l'après midi …
Quelle drôle de bonne femme …
Dehors, le soleil est presque revenu quand nous sortons.
La chaleur est déjà là,
non pas qu'il faisait froid avant mais disons que là on recommence à dépasser allègrement les trente degrés.
Élise fait un passage à la boulangerie.
Il y a les premières publicités pour le Moon Festival.
C'est la célébration de la lune suivante,
celle du milieu de l'été.
Ici, à cette occasion, les gens font des barbecues, et s'offrent des gâteaux.
Il y a deux ans, après ma résidence à Taipei, j'avais quitté la ville le samedi soir de cette fête.
Je me souviens remonter vers la station de métro avec ma valise à roulettes traversant des fumées de viande grillée.
J'étais bien malheureux.
Cette fois-ci, je pars lundi, juste après.
Les jeunes sourient : ils nous ont salué chaque fois que l'on passait devant le café.
Comme quoi d'être poli et souriant c'est quand même payant
(un concept à réintroduire en France ?).
Élise prend un citron pressé,
je prend un café frappé.
Détente.
Ça fait du bien de revoir le soleil.
On décide d'aller à la mer.
Passage bref à l'hôtel,
je regarde les horaires des bus,
il y en a un qui part de l'hôtel et qui va directement à Gushan.
Avec ce temps qui se lève, c'est l'occasion rêvée.
Une douche pour Elise, une sieste pour moi,
et nous voilà à l'arrêt de bus devant l'hôtel,
attendant le 248.
la cité administrative,
le musée de l'histoire de la ville,
la station de métro de Cijin,
le bourg de Gushan,
on s'arrête juste avant l'arrêt de l'embarcadère,
j'ai décidé de montrer à Élise, la jetée,
on passe donc (le "donc" est pour ceux qui suivent mes aventures depuis le début) par le tunnel
"regarde, on dirait un cheval"
Je râle ..
Je ne veux pas trop perdre de temps :
je sais que 500 mètres plus loin c'est bien plus joli,
mais je prends quand même une photo
et on longe le grand mur qui sépare le parking des scooters de la plage.
De là, on grimpe l'escalier en bois,
et voilà,
Je crois qu'Elise est contente.
Le reste des deux typhons de la semaine dernière …
À s'extasier sur la couleur du ciel et la hauteur des vagues,
comme les autres …
Et lui qui fait exprès d'aller encore plus loin pour la faire enrager ..
Il y a cet autre couple, plus jeune, dont la fille se fait littéralement tremper par une grosse vague,
il y a aussi ces jeunes qui sortent de la fac et regardent la mer en buvant leur thé froid.
la plage ferme,
tout le monde se rend mollement vers la sortie,
ou la jetée des pêcheurs où je vais souvent.
il a toutes les peines du monde à faire partir tout le monde.
Mais bon, tout le monde s'y résous,
c'est juste que .. ça prend du temps …
La vue est toute aussi fantastique quand le soleil s'est couché
je me souviens juste qu'avant qu'elle rentre en France, j'ai fait goûter à Élise les fameux burritos.
Vu ce qui s'est passé les jours suivants ..
C'était forcément ce soir-là.
Et je sais qu'elle les a appréciés à leur juste valeur …


















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