L’avion pour l’Europe partait le lundi matin et j’avais cours le mardi soir …
J’avais réservé ma dernière soirée pour Cheng Wei et Wan Zhu bien-sûr mais j’avais eu d’autres invitations.
Comme Jia Liang avait dit à ses camarades de classe que j’avais fait une halte chez lui en allant à la capitale, Chang Fu, un des danseurs en deuxième année m’a aussi demandé si je voulais passer un week-end dans sa famille à l’est du pays.
La première fois que je l’ai eu en cours c’était pendant l’été 2013.
Un petit gabarit de danseur déjà très puissant mais un peu … monolithique …
Mais par dessous tout, il avait l’envie …
L’envie d’essayer, l’envie de bien faire.
Quand j’étais revenu voir ma création en décembre, il avait le pied dans le plâtre (si vous avez regardé la photo attentivement, vous avez repéré qu’il une cheville est encore un peu faible).
Il n’avait pas pris les cours mais y avait assisté.
Je l’avais surpris en train de faire les exercices au sol (abdos compris !) …
Je l’avais laissé faire.
Mais j’avais dû l’arrêter quand il avait tenté de faire l’enchaînement avec ses béquilles.
Au chapitre invitation, il y a eu aussi la mère de Baï Yu (à droite sur la photo):
au printemps dernier, elle était rentrée en contact avec moi sur Facebook
parce que j’avais beaucoup aimé des photos de fleurs prises près de chez elle.
Elle m’avait invité à lui rendre visite la prochaine fois que je revenais sur l’île .
« you’re welcome anytime »
J’avais mis l’invitation dans un coin de ma tête sans vraiment imaginer que ça se ferait
seulement voilà,
ici plus qu’ailleurs,
les gens font ce qu’ils disent.
Et cet été, Baï Yu m’avait demandé à la fin d’un cours quand est-ce que je pouvais venir.
C’était pendant la semaine avant le spectacle quand Élise était encore là.
Je savais qu’il me resterait peu de temps, et que j’avais les deux autres invitations.
Après le spectacle, il y a eu le dimanche avant le retour d’Élise en France, je ne pouvais pas partir.
Le week-end suivant, les garçons restaient à Tsoying pour travailler la nouvelle création : la création pour les « garçons » de l’école comme mes « soldats du vent » il y a deux ans.
Le troisième week-end, j’allais chez Jia Liang …
Il ne m’en restait qu’un.
J’ai promis à Chang Fu que je l’accompagnerai la prochaine fois que je viendrai (dans la mesure où il y aurait une prochaine fois) ce qui me permettait de répondre à l’invitation de la mère de Baï Yu.
Ah ..
Une dernière chose avant de commencer le voyage :
quand j’ai dit à Baï que je viendrai un week-end, sa réponse a été une question : « qu’est-ce que vous entendez par week-end ? » …
Je suis à nouveau dans ma chambre d’hôtel à Formosa boulevard.
Je n’ai plus que mon petit sac :
Cheng Wei est venu récupérer le gros avant que je ne parte à Taipei, il m’attend sagement chez Wan Zhu jusqu’à dimanche soir.
Le week-end s’annonce ensoleillé.
Je ne sais pas trop où je vais,
je verrai bien.
J’ai rendez-vous à 8h30 devant le Starbucks de la gare de Zuoying.
C’était le plus pratique pour Baï Yu qui arriverait de Tsoying en bus (le fameux 51 que je prends d’habitude).
Il y a souvent des slogans français qui accompagnent des pubs en gage de qualité, surtout pour ce qui est des pâtisseries.
Nous prenons donc le TGV
Mais cette fois, nous allons jusqu’à Taichung (donc plus au nord que Chiayi où j’étais avec JiaLiang) et de là nous prendrons un bus pour nous enfoncer dans les terres.
La mère de Baï Yu s’appelle Linda.
Elle est prof de danse.
Elle a cours ce samedi matin.
Nous l’attendrons à la descente du bus.
Évidemment, le train est à l’heure,
la correspondance impeccable (un quart d’heure environ, le temps d’acheter le billet, et de charger les sacs dans le car),
et après 2h30, nous arrivons à Puli dans le comté de Nantou.
C’est juste un peu plus au nord que le comté de Yunlan où habite Jia Liang.
Elle est en train de fermer l’école, il faut qu’on l’attende un peu.
Ce sont des « urbains ».
Elle arrive avec sa berline japonaise, brushing (un peu trop) parfait et maquillage (un peu trop) élaboré.
Les week-ends se suivent et ne se ressemblent pas.
Nous quittons vite la ville pour nous enfoncer dans l’intérieur des terres.
Je suis étonné de cette pub pour le CETELEM local où cette jeune femme tiens des billets de banque en éventail.
Le super est à 36 dollars !
40 dollars c’est … un euro.
Linda veut me montrer le Sun Moon lake, endroit hautement touristique.
Élise en avait entendu parler et nous avait proposé d’y aller sauf que c’était un peu loin de Kaohsiung en voiture.
Il risque d’y avoir du monde.
Mais …
Il est midi passé …
Le déjeuner avant tout !
On s’arrête dans le village de Man man mien - 慢慢麵 -
(en fait, je ne sais pas trop si c’est le nom du village où de l’endroit où l’on va manger)
Nous allons dans une vieille gargote .
Le plat principal sont des nouilles faites maison.
Tout le monde sait que c’est là.
Comme souvent ici, je n’ai pas trop le choix, ce sont mes hôtes qui décident à ma place.
Au menu, une soupe aux raviolis et le fameux plat de nouilles.
La cuisine est rustique.
La jarre où arrive l’eau est en terre et les plats sont cuits au feu de bois.
Comme j’ai bon appétit, on m’en a commandé un second.
J’ai eu un peu de mal à finir.
La soupe aux raviolis m’avait déjà bien calé l’estomac et puis … on ne boit pas en mangeant ici.
Je suis bien repu quand on lève le camp.
Baï Yu va acheter à boire à l’épicerie pendant qu’elle règle l’addition (que je n’ai pas pu payer évidemment).
et nous voilà reparti à travers la forêt.
Prochaine halte, dans une mer de fleurs.
En fait, Taïwan est très fleurie.
Et ces champs de fleurs très colorées sont des attractions touristiques pour les citadins.
C’est à un de ces endroits que Linda avait pris les photos que j’avais beaucoup aimées le printemps dernier.
Nous allons à Tou Che Wu Dang - 頭社武登 -.
Elle m’explique qu’il y a moins de choses à voir l’été mais que quand même ça devrait me plaire.
On arrive dans le hameau où il reste des vieilles fermes de pierre rouge, un peu comme celle où habite la famille de Jia Liang.
(bon …. Baï Yu a des trucs plus importants à faire sur son portable)
Visiblement, on cultive ces fleurs et j’aimerais bien savoir comment.
La dame m’a dit plein de chose mais … c’était en taïwanais,
et Linda ne le maîtrise pas bien, elle parle mandarin.
Comme nous, des groupes prennent des photos souvenirs.
Quelques couples parfois …
Comme je suis son prof (et qu’ici ça a un poil d’impact …), je lui dis d’arrêter de faire la gueule sinon je le prends en photo et je le mets sur Facebook.
On arrive à ce premier compromis.
Il est l’un des seuls des cinquante gamins de l’école qui n’en a pas besoin …
Du coup, comme Quang Io, qui était en niveau 3 l’an dernier, il en met des fausses.
C’est très « tendance » ici.
entourés de ces fleurs.
Avant de partir, je prends un dernier cliché de cette dame qui continue à bosser sous une chaleur orageuse étouffante.
Cette fois-ci, la prochaine destination est le Sun Moon Lake.


























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