Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

mercredi 26 novembre 2014

Après le spectacle (9) - Tsoying encore .. et même un peu plus


Une jolie série de cours,
avec des élèves comme on en rêve,
une promesse d'avenir



Il y a eu ces quelques escapades dans le centre du pays orchestrées par les élèves de Tsoying ou leurs parents,
il y a eu aussi cette belle journée dominicale au lendemain de ces spectacles plein de surprises (et pas que des bonnes ..),
après cette septième nuit taïwanaise,
il me reste à vous parler de Kaohsiung et des gens qui ont continué à me rendre la vie bien agréable.

Dans ces trois semaines restantes,
hormis un passage express de deux après midis au studio de miss Lin où j’ai remis en espace pour huit danseurs, la petite pièce que j’ai écrite pour 23, trois semaines plus tôt, je n’ai plus jamais eu de nouvelles de la dame en question.

J’ai découvert les photos du spectacle sur Facebook et je ne sais toujours pas comment je vais pouvoir récupérer une vidéo de la pièce sur scène (si jamais je l’obtiens un jour).

À Kaohsiung, après une semaine de repos, je suis retourné travailler à Tsoying.
Le même métro, le même bus, les mêmes sourires,
le même plaisir à faire rire Ting Wen et les autres profs,
le même bonheur de voir ces jeunes avancer dans cette danse bien plus tranquille que celle qu’ils traversent d’habitude.
Les niveau 2 - les Focal Point - sont de moins en moins gauches, ils commencent vraiment à comprendre des choses, à bouger autrement,
les niveau 3 - les Polaris - retrouvent les sensations des choses que l’on a explorées ces trois étés.
(alors, oui il faut que je vous explique … avant ils s’appelaient Balloon pour ceux qui ont suivi l’histoire depuis le début mais ils ont décidé de changer pour Polaris, et c’est vrai que ça a plus de gueule)
Trois étés.
Cette promotion-là aura été la première que j’ai suivi de bout en bout.
Je me souviens de la première session où Ally, la prof de classique m’a demandé ce que je pensais d’eux.
J’avais dit que je les aimais bien parce qu’ils étaient encore bien maladroits mais qu’ils avaient l’envie,
ça l’avait étonné …
L’année suivante, ils m’avaient offert un cadeau, un drapeau taïwanais en tee-shirt.



Miss Lin avait été très étonnée.
Quand je lui ai dit qu’ils m’avait fait un cadeau, elle m’a demandé à plusieurs reprises si ça n’était pas la classe au dessus (ceux pour qui j’allais créer « city prints ») et voyant que c’était ceux là, elle avait dit « that’s so unusual »
En ce mois d’août, j’ai eu un double pincement au coeur :
d’abord parce que je ne fais pas de création pour eux cette année,
probablement parce que Su Ling savait que je serai très occupé avec la Septième Nuit et aussi parce que « city prints », vu de Taïwan est un résultat mitigé (avec lequel je suis entièrement d’accord d’ailleurs),
je n’en aurais donc jamais fait …
Et aussi parce que ces classes sont les dernières qu’ils n’auront jamais avec moi.
Bon, il ne faut jamais dire jamais,
mais dans la mesure où dans le meilleur des cas, je reviendrai en juillet 2015, ceux-là seront en route pour l’université.


On a donc travaillé une semaine ensemble.
Ce qui n’était pas prévu au départ.
Sur mon planning comme sur le leur, il y avait tout autre chose.
Mais Su Ling et Ting Wen, ont décidé d’attaquer l’année autrement avec les « nouveaux » :
les promotions sont de plus en plus hétérogènes, et depuis quatre ans, j’ai vu l’évolution.
Entre ceux qui n’ont dansé que dans les départements danse des écoles publiques et ceux qui ont dansé dans des studios comme celui de miss Lin par exemple, il y a des différences dans les niveaux techniques, les façons d’apprendre et aussi les manières dont les corps et les esprits sont construits.
Alors plutôt que de les mettre tout de suite entre les mains de chorégraphes, elles ont préféré les faire retravailler sur des choses plus fondamentales.
Du coup, au lieu de commencer avec moi, ils ont eu des cours de placement et de renforcement musculaire avant d’attaquer des choses plus particulières.

Cette nouvelle manière d’organiser le stage d’été m’a donc redonné le plaisir de retravailler avec Polaris, et je crois que ce plaisir a été partagé.

Il y a aussi les « Focal Point » que je reverrai l’an prochain.
Mais ils ont quand même demandé leur séance photo de départ.


Victoria, qui avait mal au dos, qui n'a pas fait le cours mais qui y a assisté



Je me fais moins de souci pour eux.
Le démarrage a été chaotique.
Quand je les avais rencontrés pour la première fois l’an dernier, je les avais trouvés plus détendus avec moi (visiblement, ils avaient parlé avec les plus âgés) mais aussi plus surs de leur talent,
ils en étaient presqu’arrogants.
Quand j’étais venu en décembre, j’avais été jury de l’examen qu’ils ont en fin de premier trimestre et ça avait été catastrophique.
Ça m’avait donné l’occasion de voir Su Ling hurler dans des suraigües que j’imaginais à peine …
L’électrochoc !
Depuis, ils avaient mis le turbo à tel point que Szu Wei les avait trouvés meilleurs que la classe supérieure (je vous en avais parlé vous vous souvenez ?)

Au bureau, j’ai eu une ou deux discussions « sérieuses » avec Su Ling sur ce qui s’était passé et sur l’avenir.
« don’t work with that lady again ! » m’a t-elle jeté froidement en parlant de la Septième Nuit.
Elle a été très en colère à propos du spectacle dans son ensemble.
En fait, miss Lin avait continué à annoncer la soirée comme un spectacle professionnel avec trois chorégraphes.
Alors Su Ling avait acheté un grand nombre de places pour les lycéens.
Elle estime que cela fait partie de leur éducation de voir un maximum de spectacles professionnels, qu’ils soient réussis ou non.
Cela les aide aussi à déterminer ce qu’ils aiment, s’ils veulent devenir professionnels et s’ils veulent le faire ici ou ailleurs.
Or certaines des choses qu’ils ont vues, notamment les intermèdes dansés par les élèves de miss Lin, sont d’une moins bonne qualité que ce qu’ils sont eux-mêmes capables de produire.
Comme c’est une femme d’honneur, elle a remboursé la part du prix du ticket payé par les gamins.
Il y avait largement de quoi être en colère.

Sur ce coup-là, j’ai eu de la chance :
Hsin-Yu qui a vu sa création réduite de moitié en durée et dont le casting a été modifié(vu qu’il n’a finalement travaillé qu’avec des adolescents), est venu travailler à Tsoying pendant ma semaine de repos,
et Su Ling lui a dit en des termes semblent-ils très durs le fond de sa pensée …
En passant après, j’ai eu une version édulcorée résumée par la phrase « ne travaille plus JAMAIS avec cette femme ».

Su Ling m’a aussi annoncé qu’elle m’attendait l’an prochain,
que d’ici là le nouvel internat serait près et que j’aurai comme il y a deux ans, ma chambre à Tsoying.
En fait, en dehors du tout premier projet en 2011, où j’avais réussi à avoir le billet d’avion payé par du « crowd funding », où tout le reste avait été pris en charge et où j’avais eu un salaire, tous mes autres voyages n’ont pas été « rentables ».
En 2012, j’ai eu un salaire pour ma création à Tsoying mais pas pour ma résidence, et j’avais payé mon voyage.
En 2013, j’avais eu des salaires pour ma création au lycée et en tant que danseur à Taipei mais là aussi j’avais payé mon voyage.
Cette année, le voyage est à pris en charge par l’Institut Français mais comme miss Lin s’est désengagée de l’hébergement, le salaire des cours à Tsoying m’a servi à payer l’hôtel.
Je n’en avais pas parlé comme ça avec Su Ling, mais elle avait déduit d’elle-même de nos diverses conversations sur le sujet que je ne mentais pas que je lui disais que je ne venais pas à Taïwan pour me faire du fric.
Comme elle ne peut rien faire pour le billet d’avion, elle essaie d’agir pour le reste.
Et j’en suis toujours très touché.

Je suis donc sûr de revenir l’an prochain.
Et ça,
ça me fait très plaisir.

Pour en revenir aux « Polaris », on a fait forcément une nouvelle séance photos.



Puis, j'ai décidé que c’était à mon tour de leur faire un cadeau.
J’ai regroupé les photos que nous avons fait ensemble et la vidéo du dernier cours.


On reste en contact par Facebook. 
J’ai promis à Jia Liang que je reviendrai dans sa famille, 
j’espère avoir des nouvelles des autres d’une manière ou d’une autre.


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