Probablement un peu trop.
J’en profite pour avancer sur ce dossier de subvention incomplet, l’administratrice me donne les infos au compte-gouttes, ça me fatigue.
J’aimerais bien ne pas avoir m’occuper de tout ça, mais elle n’a pas le temps et est « un peu » réfractaire aux sites Internet.
Tant pis pour moi.
Je pars à l’heure mais je suis bloqué dans les bouchons.
Un peu moins que lundi mais juste assez pour passer l’heure idéale où on trouve facilement des places gratuites pas trop loin du Pavillon Noir.
Direction parking.
Même si j’y reste la journée.
De toute manière, je n’ai pas le choix.
Ce matin, je suis le dernier à la machine à café.
Ils sont là, tous les trois, détendus,
moi je sens que la fatigue d’hier ne m’a pas quitté.
Nous faisons la barre comme tous les matins mais sans Wendy qui n’a pas l’air d’être là ce matin.
Chauffer mon corps détend un peu mon dos endolori par le stress.
On enchaîne sur le slow que nous n’avons pas dansé hier,
et ce n’est pas du luxe …
Ensuite, je laisse les filles avancer sur le duo qu’elles ont commencé à danser ensemble lundi.
Spontanément, Cheng Wei les aide et fait un boulot d’assistant dans lequel je sais qu’il sera parfait.
Pendant ce temps, je consigne dans mon carnet les trois jours et demi de sensations traversées depuis notre première répétition commune.
J’ai beaucoup de retard pour le blog (ce qui explique que je ne vous raconte tout ça que maintenant)
mais là encore, je n’ai pas le choix.
Question de priorité.
Les filles me rejoignent quand elles estiment avoir fini.
Je leur fais confiance.
Cheng Wei reste dans la salle pour travailler seul.
Il n’arrête jamais …
Je vais le chercher,
il vient s’asseoir avec nous près de la machine à café,
mais même assis, il bouge encore dans sa tête …
Dire que j’ai vécu la situation inverse : des danseuses qui n’était pas avec nous mentalement pendant les répétitions …
C’est déjà l’heure de la pause déjeuner,
Élise a amené des choses de chez elle qu’elle partage avec Wan Zhu,
avec Cheng Wei nous partons chercher quelque chose de plus consistant au snack.
Mais il est tard, il n’y a plus rien.
Il me vient à l’esprit une autre boulangerie près de la gare routière.
J’y achète parfois une bouteille d’eau le matin et ils font des quiches.
On en prend trois,
au fromage de chèvre, au saumon, aux épinards ..
On partage.
Un saut dans le vide.
Habituellement, surtout quand on n’a peu de temps
- et ça arrive souvent -
j’analyse en détail comment la musique est construite (même si c’est la mienne, j’ai encore des surprises après coup !),
et de manière quasi scientifique, je consigne dans un tableau, qui fait quoi et quand.
Là,
je n’ai pas le temps.
Je pars sans filet.
J’installe une première idée et je suis le fil.
Un peu comme dans un essai littéraire à l’anglaise.
Le départ de la pulsation n’est pas si simple à trouver,
je me le réserve,
je connais ce début de musique par coeur, je sais où commencer.
Il y a ce bout de phrase qui s’impose à moi comme un leitmotiv,
ce slow solitaire qui est forcément bancal du fait de la structure musicale en 7 temps,
toutes ces diagonales dans les phrases qui nous plongent dans un travail d’orientation,
et puis les compositions d’hier que j’ai calées sur une portion de la musique en faisant la vidéo
On part de là.
Les idées s’enchaînent,
je sens l’énergie qui m’a bien fait défaut ces jours-ci, revenir dans mes jambes, mon dos, mes bras.
Mes trois comparses sont tout aussi réactifs même si je sens Wan Zhu faiblir et Élise pas vraiment sure de ce qu’elle fait,
je danse en vérifiant tout du coin de l’oeil,
ce qui ne me permet pas d’être complètement « danseur ».
Pas facile d’être dehors et dedans à la fois.
En tous cas, l’ambiance est bonne.
Il est 16h30, on fait une pause.
Wan Zhu est bien fatiguée.
Cheng Wei et Wan Zhu discutent en chinois.
Je sens qu’il y a un souci, et si je n’insiste pas je ne saurai rien.
Ça a sûrement un rapport avec la douleur.
Effectivement,
au moment de filmer,
Cheng Wei m’explique que Wan Zhu a très mal aux cuisses,
il y a notamment un grand plié en parallèle qu’elle ne peut faire que très difficilement.
Bien sûr, pendant que Cheng Wei la masse, elle me dit ce que diraient tous les taïwanais dans cette situation :
« it’s ok, I can do it »
mais je ne veux pas qu’elle se blesse.
Devenir créatif à partir de contraintes …
Je décide de jouer sur la hauteur,
les filles resteront en demi plié et les garçons descendront.
(pour ceux qui n’ont jamais pris un cours de danse où il y a des bases académiques, comme leurs noms l’indiquent, dans un grand plié, on va très bas en pliant les jambes alors que pour un demi plié, on stoppe en route, généralement au moment où les talons se décollent)
Nous voilà prêts.
Un autre souci apparaît.
Vu la configuration de la salle, je n’arrive pas à voir tout le monde.
Il faudrait faire plusieurs prises mais je ne sais pas si tout le monde tiendra le coup.
Ça me rappelle le jour où on a voulu enregistrer le solo d’Élise et où elle avait des ampoules aux pieds.
Heureusement, Cheng Wei me sauve.
Avec son appareil et le mien, nous aurons deux prises de vue possibles.
Le quatuor en est à sa moitié.
Le rythme de croisière du début ralentit,
ce quatuor-là est plus difficile,
à créer et à mettre en place pour moi,
à apprendre pour tous.
L’angoisse de finir à temps revient.
Je ramène Élise chez elle,
je passe par la Ciotat et me voilà garé chez moi vers 20h,
après un crochet de 60 km.
Le slow remporte un vif succès sur les réseaux sociaux.
Ça me fait bien plaisir.
Ces retours sont autant de recharges d’optimisme qui dissipent un peu l’angoisse de ce qui peut arriver les prochains jours.
À 20h30,
je m’attaque à la vidéo,
je transfère les films et au même moment, Cheng Wei m’envoie le lien vers ses vidéos de l’après-midi.
Connexions.
Je récupère le tout …
Les films de Cheng Wei ne sont pas dans le même format (son appareil est plus moderne),
il faut que je les convertisse.
Je galère un peu,
heureusement Sylvain est en ligne et me donne un coup de main.
Il est 1h quand je vais me coucher juste après avoir publié la vidéo.
Ce sera encore une petite nuit.





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