Je consigne sur mon carnet les impressions de la veille après avoir goûté le thé que m'a ramené Cheng Wei.
« Ali high mountain tea »
Comment tout le monde arrive ? Qui raccompagne qui ?
Où vont-ils dîner ?
Et surtout … Par quoi commence t-on ?
Je sais qu'Élise est autonome aujourd'hui,
Cheng Wei et Wan Zhu goûtent la cuisine de Jennifer ce soir mais je ne me souviens plus de ce qui était convenu pour le transport de ce midi.
Il est un peu tôt, je l'appellerai dans une heure.
J'ai le temps de commencer à préparer la répèt'.
Deux options possibles :
le quatuor central avec toutes les phrases que j'ai composées ces derniers mois et fixées au Pavillon noir,
ou la fin avec le slow.
Je crois qu'on va commencer en douceur,
donc, par la fin.
Je revois mes notes.
La construction de la chorégraphie implique un changement dans la musique.
Je modifie tout de suite avant d'oublier.
Bon, ça devrait aller vite,
on pourra peut-être aussi attaquer les portés.
On verra bien.
Au téléphone, Jennifer me raconte leur premier petit déjeuner.
Les oeufs coques, le jambon cru …
Ils se sont levés tard et sont encore à table.
Elle s'est déjà organisé pour l'après-midi,
ils les amèneront en centre ville.
J'envoie un sms à Élise.
Rendez-vous pour tout le monde au métro Préfecture vers 13h45.
Je continue à modifier deux ou trois choses pour la répétition,
je note des idées à tester
et je prépare mon sac.
C'est l'heure.
Je suis à dix minutes à pied du studio où on va répéter mais je vais prendre la voiture.
Il faut que je les ramène ce soir.
Avec les sens uniques et vu où je me suis garé, il faut que je parte plus tôt que si je devais marcher.
Paradoxe urbain.
Il n'y a personne quand je passe au métro.
Je m'inquiète un peu quand le téléphone sonne.
Gaby, le compagnon de Jennifer, ne savait pas où était le métro,
ils sont devant la préfecture, le bâtiment.
Je passe en voiture sur la place.
Personne.
Le téléphone sonne encore.
Ils m'ont vu passer mais ils attendaient au soleil de l'autre côté de la place.
Décidément …
Je refais le tour de l'immeuble,
je les récupère.
Entre temps, Élise est arrivée à la station de métro.
Nous voilà partis pour le studio du centre de danse Cabriole,
dans la rue Paradis, à quelques centaines de mètres au dessus.
On se gare presque devant,
l'avantage du dimanche.
Je connais Thierry et sa femme Marie depuis …
l'époque où nous suivions des stages de danse ensemble.
Dans ces années-là, il y avait un gros centre près du port qui invitait des pointures (dont certains sont devenus mes mentors) et avec Marie, du haut de nos 20 ans, nous allions transpirer et apprendre des week-ends durants.
On s'était perdu de vue et puis, elle est venue me chercher pour la remplacer quand elle attendait la petite Lou qui est bien grande maintenant.
J'ai travaillé au centre quelques années et j'ai recroisé Thierry, qui à l'époque était producteur.
(maintenant que je l’écris je n’en suis plus si sûr, enfin en tous cas il était entouré de musiciens)
C'est lui qui m'a présenté David Lillkvist, dont les accros de mes blogs ont entendu parler :
il est l'un des compositeurs de la musique de notre Sisyphe.
Thierry avait répondu spontanément,
encore plus rapidement que William Petit.
à mon appel lancé sur les réseaux sociaux par rapport à ma recherche de studios à squatter.
Avant et après la semaine au Pavillon noir,
je n'avais rien en vue pour les week-ends
(et je savais que ces deux ou trois jours-là allaient être cruciaux !)
alors j'ai accepté avec plaisir son invitation,
d'autant que je connaissais bien la maison et que je savais que j'y retournerais avec grand plaisir.
nous sonnons à la porte du studio de danse.
Thierry est là,
accueillant,
souriant,
bien que tout autant fatigué que nous.
Il nous offre un café,
Wan Zhu et Cheng Wei déclinent très poliment l'offre.
Un peu trop poliment,
« a glass of water please »
il va falloir qu'ils s'habituent.
14h15,
la sonnerie retentit.
C'est Diane Vandermolina, une journaliste qui vient nous interviewer.
Je laisse les danseurs se retrouver et remettre leur corps en route pendant que je discute avec elle.
on commence.
J'avais prévu de faire toute la barre,
celle que je fais seul d'habitude avant chaque répétition.
Mais je sens tout le monde un peu au ralenti.
On fait trois exercices.
Le premier qui met tout le corps en route,
quelque chose pour les articulations et les muscles des jambes,
et le grand stretching du sol.
Ça va suffire pour le slow.
Quand je quitte Diane,
Wan Zhu n'est plus dans le studio.
Je demande à Cheng Wei.
Elle est aux toilettes.
Encore un peu malade des trajets en voiture.
Il me demande s'il doit aller la chercher.
On peut quand même le temps lui laisser le temps de se remettre.
je lui dis de la laisser tranquille.
Maintenant on sait que les petites voitures et les virages,
ça n'est pas pour elle.
Elle sera donc toujours à l'avant dans la voiture et il va falloir que je calcule des trajets pas trop sinueux.
Je discute encore un peu avec Diane, qui attend pour filmer le début de la répétition.
Je demande à Cheng Wei d'aller chercher Wan Zhu qui n’est toujours pas réapparue.
Elle a une petite mine.
On attaque la barre.
Puis le slow.
Wan Zhu a la nausée,
ça se voit.
Je suis désolé pour elle.
J'aimerais bien qu'on s'arrête,
qu'on aille prendre l'air,
mais j'ai trop peur qu'on ait pas le temps.
Thierry s'en va.
Il devait me montrer ce qu'il fallait faire pour la fermeture du studio mais il sent que je suis préoccupé.
Il me dit de le rappeler quand on a fini,
il repassera.
J'ai beaucoup de chance.
étape par étape,
j’essaie de me souvenir sans trop me tromper mais je ne suis pas aussi précis que je le voudrais.
Je suis crevé,
et je suis moins patient.
On reverra tout ça demain de toute façon.
Mais ça m’inquiète un peu,
j’ai tellement peur de ne pas pouvoir finir.
Il y a déjà des problèmes d’espace,
j’essaie de ne pas penser à la petitesse de la scène mais ça me déconcentre un peu.
Je ne trouve pas toutes les solutions ce qui amplifie mon angoisse de ne pas finir à temps.
En plus, il y a une erreur dans la musique.
Il n'y a que moi qui l'entend, mais elle est belle et bien là.
Il va donc falloir que je la modifie à nouveau ce soir,
et que je modifie la vidéo aussi …
Et Wan Zhu toujours un peu malade …
J'ai le diaphragme dans les épaules et le dos qui commence à m'envoyer des signaux douloureux liés au stress.
Rien ne va vraiment,
sauf eux, qui sont contents d’être là,
et ça me donne la force de puiser dans l’énergie qui me reste pour continuer.
Et puis l'échéance est là,
Nous sommes là,
tous les quatre,
pour peu de temps.
On fait une pause à 16h.
Le temps de recharger les batteries.
Pour Cheng Wei, c'est à coup de bonbons.
Il est temps de s'arrêter.
J'appelle Thierry.
Le temps qu'il arrive nous filmons la chorégraphie au stade où elle en est.
On continuera demain
Il revient avec des oreillettes.
On en grignote un peu,
avec les bugnes que Jennifer avait donné à Cheng Wei et Wan Zhu en partant ce matin.
Ils continuent leurs expérimentations culinaires,
d'ailleurs ce soir leurs hôtes les attendent avec un boeuf bourguignon …
On remercie vivement Thierry de nous avoir permis de travailler au calme chez eux
et je ramène tout le monde.
Préfecture,
le cours Julien (où on a dîné hier),
le théâtre des Chartreux où l'on dépose Élise,
la Rose,
les voilà arrivés à bon port.
De retour chez moi,
je dîne des bugnes que les taïwanais m'ont laissées.
Je les déguste avec du thé,
cette fois-ci je goûte celui que Wan Zhu m'a ramené.
Chin Hsuan Oolong.
Les découvertes gustatives c’est un peu pour moi aussi.
Je rectifie la musique,
et je regarde les vidéos.
Ça n'est pas si mal pour une première fois
premier déménagement,
les taïwanais découvriront Aix et son Pavillon Noir.








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