une soirée tranquille avec quelques surprises,
j’avais laissé Cheng Wei et Wan Zhu dans le hall du Pavillon Noir le temps que j’aille chercher ma voiture.
Traverser le centre-ville avec leurs valises (même si ça n’était pas les grosses du début), ça faisait vraiment trop loin,
venir à la voiture avec moi aussi,
surtout après la bonne journée de boulot que l’on venait de faire.
Je pars donc seul et repasse les chercher pour aller à la maison d’hôtes.
La nuit commence à tomber, et en bon marseillais, je ne connais pas très bien Aix-en-Provence,
d’autant que madame le maire et ses services semblent éprouver un malin plaisir à modifier aussi si souvent que possible les sens de circulation.
Après quelques circonvolutions nous voilà arrivés au parking des Cardeurs
tout près duquel se trouve « l’épicerie » le nouveau « chez eux » de mes deux amis.
Comme je vous l’ai expliqué, un ami, Luc Laudignon, un artiste qui a ouvert une maison d’hôtes,
nous a fait un immense cadeau en hébergeant les deux danseurs,
et ce au tarif Syndéac !
J’avais demandé à l’administratrice de la compagnie de ne pas me payer certaines de mes interventions de la saison dernière et de garder la somme pour leur séjour.
Si jamais la compagnie obtient un quelconque soutien, je me ferai rembourser.
L’important, c’est qu’ils soient bien.
Et là, ils vont pouvoir séjourner dans un bel endroit au tarif d’une chaîne d’hôtel deux étoiles.
Luc
je ne te remercierai jamais assez.
Wan Zhu traine sa valise à roulettes Hello Kitty que Jennifer lui a prêtée (elles ont cette « chose-là » en commun).
Luc et Laurent sont assis sur la grande table quand nous arrivons.
Les présentations faites, Cheng Wei et Wan Zhu montent dans leurs chambres.
Honneur aux dames,
Wan Zhu choisit la sienne,
la chambre « pain d’épices »,
mais Cheng Wei est aussi ravi de sa chambre Vanille
d’un vin cuit maison ramené de Vendée par nos hôtes.
On parle un peu du boulot, de Taïwan, des premières impressions des invités après ce week-end français,
le vin cuit commence à tourner la tête de Wan Zhu qui n’a pas trop l’habitude …
Nous étions sur le point de sortir dîner lorsqu’apparait dans l’encadrement de la porte,
une femme qui me semble ressembler à Andréa Ferréol.
Je sais que cette actrice vient souvent à Aix,
elle y organise des événements artistiques autour de l’art contemporain.
La dame embrasse les hôtes …
En fait, elle ne ressemble pas à Andréa Ferréol,
c’est elle !
Nous faisons connaissance.
J’explique à Cheng Wei et Wan Zhu qui elle est, même si pour eux ça ne veut pas dire grand chose.
Elle est venue avec du champagne.
Je nous sens un peu de trop.
Je tente de prendre congés quand j’entends
« Sors cinq coupes ! »
Nous voilà en train de trinquer avec elle et de parler boutique,
interprétation,
mise en scène,
direction de compagnie,
direction d’acteurs …
Cette femme d’une classe certaine, partageant son champagne avec nous,
fait forcément son effet : « she’s so French ! » me dit l’un de mes deux amis.
C’est vrai qu’elle est tel qu’on peut imaginer la France,
de là-bas,
très loin …
Wan Zhu n’a pas osé refuser la coupe de champagne,
je vois dans ces yeux qu’elle ne contrôle plus grand chose.
Avec Cheng Wei, on se moque un peu …
Cette fois-ci, nous partons dîner.
Je ne veux pas rentrer trop tard,
la journée de demain (répétition de 10h à 16h et cours de 17h-21h) va être bien remplie.
On dit au revoir à tout le monde
et les voilà pour la première fois sans bagages dans les rues aixoises.
Pour ce soir, on va s’arrêter au forum des Cardeurs.
Il y a assez de choix point de vue restos,
le prix est abordable
c’est juste à côté de leurs chambres et du parking.
Après un examen rapide des menus,
du degré de remplissage des terrasses et de la qualité de l’accueil que l’on peut escompter,
nous allons au « juste en face ».
Accueil sympathique et assez amical,
un peu trop peut-être pour Wan Zhu :
le patron se présente par son prénom et en fait de même pour son équipe.
Pour ne pas être en reste, je fais de même.
« Est-ce que c’est toujours comme ça ? »
Oula non …
La carte arrive sur une grande ardoise.
Je traduis les plats.
Pour Wan Zhu, ce sera un tajine au poulet.
Une double première pour lui
Il prend un verre de vin blanc,
moi un verre de rouge.
Wan Zhu a capitulé et reste à l’eau plate.
C’est mieux comme ça.
Ils vont bien dormir …
En sortant du restaurant,
je leur montre la route vers le Pavillon Noir,
vu leur état, je me dis que j’aurais dû le faire avant le dîner …
On verra bien demain.
Il est 23h30 quand on se sépare.
Je rentre chez moi, télécharge les films des répétitions.
Je suis impatient de voir
mais entre la fatigue et les vins …
Je m’endors devant l’écran.
Dommage, ça a l’air bien.
Je verrai demain.
1h,
extinction des feux,
la nuit sera courte.
Mais quelle belle journée.





Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire