Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

vendredi 27 juin 2014

23/06/14 La 7ème nuit entre au Pavillon noir


Retour à la page presque blanche,
une nouvelle musique,
l'égo des uns et le reste ...



Ce lundi matin a commencé par une mauvaise nouvelle :
la mort de Léon Mercadet,
un journaliste que j'aimais bien et qui a croisé la vie de Sylvain chez qui j'étais à Paris la semaine dernière.
Je me rends compte que cette disparition me touche bien plus qu'elle ne le devrait peut-être.
J'aimais beaucoup ce bonhomme, enfin de ce que j'en connaissais
mais je ne pensais pas que son personnage resterait comme ça, dans mon esprit une grande partie de la journée.



J'ai pris du retard ce week-end.
J'avais prévu depuis la fin de la semaine dernière de me replonger dans la Septième nuit pour modifier (encore !) la construction.
J'avais aussi prévu de créer la musique de transition entre le solo de Cheng Wei et le boléro.
Je pensais ainsi pouvoir préparer sereinement les deux semaines de répétition
mais vendredi j'ai dû réagir à une série de mails pour le moins déconcertants
comme par exemple, ceux en réaction à mes écrits ici :
le fait que je ne cite pas certains groupes avec lesquels j'ai aussi bossé dans l'année
(ou du moins pas de manière aussi appuyée que d'autres),
vexe.
Le fait que je parle de « travail » quand je parle de mes cours ou de la transmission de chorégraphies,
dérange.
Cela révèle ma superficialité me dit-on.
Dans le même ordre d'idée, on me reproche de ne pas avoir remercié certains élèves pour avoir travaillé avec eux.
Je repense à ce que m'a dit Aurélie Péronne et d'autres dans tous les endroits où je suis passé cette année, que je les ai cités ici ou pas.
Sans parler bien-sûr de Tsoying.
La vision des choses n'est décidément pas la même partout.

Comme j'étais de jury ce samedi chez une amie qui a une école dans une petite ville entre Marseille et Avignon
et que dimanche après midi, je suis allé voir le gala de danse d'une école où j'ai travaillé
et dont la directrice et son mari (qui a aussi un sacré blog pour ceux qui aiment lire : la petite M) et qui sort un bouquin bientôt) sont des bons copains,
je me retrouve devant mon écran vers 22h et des poussières pour attaquer la fameuse musique de transition.
Je me couche tard, me lève 5h après.

Pour cette musique, je veux garder la tonalité et aussi une structure ternaire.
J'ai aussi une envie de suspension, ou (et?) de quelque chose qui a à voir avec la mer.
Probablement une traduction musicale des restes des couchers de soleil d'ici et d'ailleurs.
Je garde la nappe de synthé de fond du solo de Cheng Wei ce qui me fera une transition simple.

Dans cette danse transitoire, il y aura des duos.
Il me vient à l'esprit cette chanson du groupe Portishead : Glory box .
C'est par là que j'aimerais que ça aille.
Je transforme la rythmique de ce slow binaire en ternaire et je reprends la mélodie du boléro au piano en modifiant légèrement le rythme.

Après la nuit de sommeil, j'écoute à nouveau ce que j'ai commencé la veille.
Globalement ça me plait bien.
Il faudra que je modifie quelques sons mais l'idée est là.
En allant déplacer ma voiture sur une place correcte à 7h,
j'entends dans ma tête une boucle au piano électrique (enfin, c'est comme ça que ça s'appelle dans mon logiciel).
En rentrant après le petit déjeuner, je l'intègre dans ce que j'ai déjà fait,
je crée un début et une fin et me voilà prêt à partir.


Alors que je suis en route vers la gare routière, je pense à la grève des intermittents du spectacle, ce régime particulier d'indemnisation que l'on a en France et qui permet aux artistes comme moi de survivre dans les périodes où l'on n'est pas employés ou, dans certains cas, quand on travaille bénévolement.
Je soutiens bien évidemment ce mouvement mais je ne peux pas me permettre d'arrêter de travailler :
pendant huit jours, j'ai accès à ces studios du Pavillon noir, c'est peu mais c'est déjà beaucoup pour nous.
Et puis, à Taiwan, il ne restera que peu de temps pour transmettre à Cheng Wei et Wan Zhu (car Wan Zhou s'écrirait Wan Zhu finalement …
je vous ai déjà expliqué que la transcription dans notre alphabet était parfois surprenante, comme la Tsoying Senior High School dans le quartier de .. Zuoying).
Alors je n'ai pas le choix.
Toute proportion gardée, ça me fait penser à ces urgentistes qui travaillent quand même mais avec un brassard de gréviste .


Les studios du Pavillon Noir sont vides ce début de semaine.
Il y a une partie de la compagnie qui est en tournée aux Etats-Unis et l'autre qui doit faire l'ouverture du festival de Montpellier (enfin, cela va dépendre de ce que décide l'équipe en place pour ce spectacle par rapport à la grève).

J'ai mal au dos.
Un peu du stress des mails du week-end et de quelques tracasseries du quotidien,
un peu de l'angoisse de la page blanche
avec tous les doutes sur ce qu'on veut dire et faire,
ce qu'on peut faire avec ce qu'on a et ce qu'on est,
avec en tête les retours sur les dernières créations (les positifs et les autres, les constructifs et les autres),
avec ma propre appréciation des créations précédentes et ces choses que j'estime avoir réussies et surtout celles que j'ai ratées.


On est au studio Bossatti aujourd'hui.
Le sol accroche beaucoup.
Pas facile pour les « glissés » du pied , ou certains passages au sol.

Première étape, écouter la nouvelle musique ici où le son est bon.
Ça me plait toujours autant.
C'est rassurant.
Après la barre, je tente de relancer cette variation commencée à Taiwan et que je transmets à mes élèves depuis un bon mois.
Le sol accroche vraiment trop.
Il faudra que je prenne un tee-shirt à manches.

Impro.
Je mets la musique et je marche.
La marche.
C'est apparemment un de mes principes de mouvement.
C'est Lola Kéraly, une collègue émérite (et une bonne copine aussi) qui me l'a écrit un jour après avoir vu une fin de mes cours en vidéo.
Je ne m'en rendais pas compte mais c'est vrai que je démarre souvent par les jambes.


Donc je marche,
et je laisse émerger des mouvements, jusqu'à ce que cela plaise à mon corps, à mon esprit et un peu au miroir que j'ai en face de moi.
Ça se construit petit à petit.
Dans l'espace, le rythme, le corps.
L'avantage de ce ternaire c'est que ça met dans une sorte de transe légère qui permet de faire et refaire en boucle dans une sorte d'état jubilatoire mais apaisé.
Je fixe deux phrases.
Je ne sais pas encore où et comment je vais m'en servir.
Ça se précisera sûrement demain avec Élise.


Je prends une pause vers 13h,
je vais manger au soleil au pied de l'immeuble.
Le lundi l'accueil du Pavillon Noir ferme entre midi et deux.
Il y a une porte qui permet un accès direct aux studios, je la laisse entrouverte pour pouvoir rentrer à nouveau.
Après mon déjeuner, pendant que je rédige cet article dans mon carnet, j'entends une porte qui claque …
Je suis enfermé dehors.
Dix minutes de plus au soleil …
Y a pire.

De retour au studio, je tente une troisième phrase qui passerait par le sol.
Avec la fatigue et ce sol qui accroche, je n'arrive pas à grand chose.
Une autre fois.

Je continue à travailler les deux phrases, je les filme.


Il est 16h40 quand je décide de partir. 
Je suis bien fatigué. 
Heureusement que je prends le bus, ça me permet de reposer mes jambes et de dormir pendant le voyage. 
En rentrant, je transfère les vidéos sur l'ordinateur. 
Ce que je vois me plait. 
J'ai en tête des critiques de gens qui me disent que « ça ne danse pas assez » ou que je devrais « aller plus loin » (sans me dire où) 
mais je pense aussi à ceux qui me disent de continuer à creuser mon sillon. 
Simplicité, retenue .. 
Je vais continuer par là. 
On verra bien. 
J'édite une version "publiable" 
 Je la mettrai en ligne sur Facebook demain.

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