Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

vendredi 20 juin 2014

Le mois de mai à Marseille, à Paris et ailleurs


les concours,
la lettre recommandée,
être accueilli au théâtre, en France




Après ce mois plutôt exotique, me voilà de retour en France.
Chaque retour est rude, et ce depuis la première fois, il va falloir maintenant retourner à mes activités quotidiennes créatives ou non.
Quelques jurys de concours, les démarches administratives à poursuivre, les cours à donner, et une reprise de « ce que nous sommes » la dernière création de la compagnie …
Pas le temps de chômer ce mois-ci non plus.

Je vous avais laissé à Paris quand j'allais déjeuner avec mon ami Sylvain.
La pause parisienne fut courte, juste une journée.



Le lendemain, j'ai repris le TGV pour Biarritz où après 6 bonnes heures de train je devais donner un cours (pompeusement appelé "master class") aux danseurs que j'allais voir en concours la journée suivante.
Il y avait ensuite, la journée de concours proprement dite, que je coprésidais avec Thierry Malandain, lui pour la partie contemporaine, moi pour la partie jazz.
Toujours pas certain d’être légitime à ce poste, beaucoup de « collègues » jazz me le font sentir assez souvent.
Thierry Malandain dit souvent à demi mot la même chose pour ce qui de sa présidence d’un concours contemporain.
J’ai pour moi l’avantage de savoir présider un concours, je l’ai fait assez souvent ailleurs pour savoir gérer les litiges quand il y en a et surtout le timing.
arrivée au théâtre : 8h30
début du concours : 9h
c’est un bon cru, pas beaucoup d’éliminés, la finale est longue
résultats vers 2h du mat',
la nuit est courte.


J’ai enchaîné avec une après-midi à Tarbes où je donnais aussi un stage organisé par le Comité Départemental de Danse des Hautes Pyrénées chez ma copine Béatrice Dutrey.
14h-17h
Et dans la foulée j’ai pris un train, changé à Toulouse, pris un autre train pour arriver à Marseille à minuit.
De là, il a fallu récupérer ma voiture que j'avais garé à la campagne pour éviter qu'elle ne soit plus cabossée qu'elle ne l'est déjà ..
Et enfin revenir chez moi.

Pas le temps de s'apitoyer.
Mais ce qu’il y a de bien dans ce sud-ouest, c’est que l’accueil est toujours assez bon pour qu'on donne le meilleur de soi même.

De retour à la maison, les mauvaises surprises sont arrivées par la Poste.
D'une part parce que la boîte aux lettres a été éventrée et mon nom arraché.
et d’autre part parce que, une fois ma boîte aux lettres réparée, j’ai reçu quelques jours plus tard une lettre recommandée.
Une danseuse qui a travaillé avec nous un certain temps et que j'hésitais à garder, m'envoie un courrier recommandé où elle me réclame de l'argent que je ne lui dois pas.

La lettre se veut administrative, elle s'adresse au directeur de la compagnie qu'elle vouvoie.
C'est la première fois qu'une danseuse ne nous fait pas confiance à Marion et à moi pour ce qui est de l'argent.
En lisant cette lettre où on est considéré comme des voleurs,
je pense aux mois où la compagnie à fait l’impasse sur mon salaire parce qu'il y avait les charges à payer et le salaire des autres.
Je pense aussi au forcing que j'ai fait pour imposer cette danseuse sur ce projet alors qu'il y avait des chorégraphes tout aussi intéressants et surtout plus expérimentés qu'elle qui étaient proposés.
Je pense aux galères qu'ont réellement certaines des danseuses de la compagnie, une au RSA, une qui vient de perdre son statut d'intermittente.
Nous sommes tous dans des situations plus ou moins inconfortables, sauf celle qui me réclame de l'argent.
Paradoxe …

D'autant que comme je l'écrivais plus haut, l'argent qu'elle me réclame,
on ne lui doit pas :
La compagnie a reçu une somme pour la réalisation d'un projet.
Cette somme comprend donc tous les frais engagés par la compagnie.
Il y a donc le salaire et les charges et tout ce qui a servi à ce que ce projet roule comme les rédactions de contrat, l’organisation des planning, etc …
Certains de mes collègues prélèvent parfois une somme pour avoir trouvé le contrat.
Nous, nous avons pris en charge tout ce qui ne concernait pas le salaire proprement dit.
Et bien non ça n’était pas assez ...
Mais si je sais que ce courrier est sûrement animé par d’autres rancoeurs (comme celui de ne pas faire la création de l’année), je suis très affecté par cette affaire, que je vis pour la deuxième fois.
Il y a dix ans, la petite amie d’un musicien avec qui je bossais en duo était venue me réclamer de l’argent au vu du temps conséquent selon elle que son copain avait passé à préparer ce spectacle.
Il se trouve que ce monsieur la trompait et lui racontait qu’il était avec moi alors qu’il était occupé à toute autre chose …
Je me suis lancé dans ces projets avec des gens auxquels je pensais pouvoir me fier.
Dommage.

Le retour aux cours a été rude aussi.
D'une part parce qu'ici les beaux jours reviennent, et que quand il fait beau on s'arrête plus facilement en terrasse qu'on ne va au studio …
Je me dis que si ça devait être la même chose à Taiwan, on aurait des cours remplis que deux ou trois mois par an.
Et puis il y a aussi cette façon de me faire sentir que je suis parti.
C'est étonnant de comparer
« oh! you're back ! I'm so happy .. » que j'ai entendu d'un côté
à « quand tu es parti, ça a été la merde … » que je me suis pris en pleine poire ici.
Quand on a des relents de spleen, ça passe ne passe pas très bien.

Heureusement, il y a mes élèves et puis Sophie, Elise, Marie.
Et elles, elles sont contentes de me voir, et elles me le disent.


Nous avons repris des extraits de "ce que nous sommes" le 31 mai au théâtre Durance à Château-Arnoux dans les Alpes.
C'est une association qui est basée dans cette région qui nous a invité.
J'y ai déjà donné quelques cours au début de la saison, je leur avais fait travailler une partie de mon solo de la pièce et aussi celui de Marie.
C'était l'occasion pour eux de voir les variations de cours intégrées à une chorégraphie.


Ce 31 mai,
je partais confiant à ce théâtre.
Fred Gromier, mon créateur lumière, ingénieur du son, chef électro, électro, régisseur général (bref tout le staff technique à lui tout seul) n’était pas là.
J’avais noté ce qu’il avait fait en lumière et comme je connaissais celui qui fait office de régisseur général au théâtre Durance, je pensais pouvoir m’appuyer un peu sur lui.
Ce bonhomme danse un peu.
Et sa belle-soeur avec laquelle il a donc un peu dansé, m'avait demandé des retours sur son travail, il y a quelques années.
J'étais donc allé les voir, à Château-Arnoux,
puis j'étais revenu voir le spectacle dans ses deux versions "extérieur" et "intérieur".
2h30 de route ..

Ce 31 mai donc,
l'accueil a été des plus glaciaux :
là où partout ailleurs dans ma vie de chorégraphe, quand j'ai débarqué sans un créateur lumière, le technicien aux manettes me conseillait par rapport à mes idées, me proposait des façons différentes d'obtenir ce que je voulais.
Ici, ce fut le strict minimum.
On a commencé avec 20 mn de retard …
J’ai demandé s'il y avait du rouge, on m'a répondu que non.
J'ai tenté la même chose avec le bleu, on m'a dit non aussi.
Je me suis donc résigné à demander ce qu'il y avait.
Ce qui correspondait à peu près à ce qu'on appelle une implantation "gala ».
Je suis sûr qu’il y avait sûrement de belles choses à faire avec ce « basique » en lumière mais comme je ne m'y connais pas assez, ce fut … ce que ce fut …
Fred nous a terriblement manqué sur ce coup,
et en même temps, je me dis que ça aurait tellement peu agréable de travailler dans ces conditions que c’était peut-être mieux qu’il n’ait pas été là.

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