Mélancolie du dernier jour,
tendres pensées aux amis lointains,
l'Europe m'appelle et les doutes reviennent
6h.
J’ai une tendre pensée à mes amis qui se lèvent tôt.
Agnès, Patricia, Sylvain.
Bouilloire, Internet,
une vague discussion avec une copine qui va se coucher.
Je suis triste.
Très.
Ca sent le départ.
La soirée d’hier a été bien agréable .
J’ai l’impression de tisser des liens ici et pourtant,
en rentrant seul à pieds hier soir,
je me suis bien rendu compte qu’il me manquait quelque chose.
La nuit et ses infusions de pensées.
Ce matin c’est un peu plus clair.
Les gens ici me donnent beaucoup d’amour, de considération,
parfois bien plus que chez moi,
mais pour l’instant je n’ai que des collègues, je n’ai pas d’ami.
Je n’ai pas beaucoup d’amis en général
mais ici où la barrière de la langue est quand même toujours bien présente,
quelqu’un avec qui je pourrai parler, juste parler,
et d’autre chose que d’Europe, de danse ou de boulot,
ça serait bien.
Sur le net, je lis les informations françaises.
Celles des journaux, celles relatées par mes amis ou mes contacts Facebook.
Il y a ce texte mis en ligne par Gilbert (dont je vous ai parlé l’autre jour) qui parle de la vie de l’artiste et du statut d’intermittent du spectacle,
cette jolie exception culturelle française bien mise à mal ces temps-ci.
Il y a aussi cette publication de KLAP annonçant l’arrivée de la compagnie Grenade en ces murs.
Je n’ai obtenu que quatre jours de répétition pour Sisyphe.
Et en me battant,
et en ayant la chance de croiser le patron lorsque je présentais le projet devant une commission d’attribution des subventions.
J’avais abandonné tout espoir d’obtenir mieux que ces quatre jours
mais comme certains collègues me l’avaient conseillé,
j’ai relancé la machine, en écrivant directement à son directeur.
Sans réponse.
Il y a ce mail d’un atelier que je dois donner en rentrant et qui est reporté en juin,
cette copine qui me demande d’être jury bénévolement …
Ma petite vie française me rappelle.
Les larmes montent.
Je sais que je reviendrai à Taiwan bientôt,
que cette septième nuit est loin d’être finie et que la version taïwanaise ne va pas être simple à monter.
Vingt danseurs, trois âges et trois niveaux différents qui ne répèteront ensemble que bien rarement.
Et après ?
Il va falloir attendre de nouveaux projets,
être force de proposition mais au bon rythme, sans brûler les étapes,
espérer que Su Ling veuille encore de moi de temps en temps à Tsoying,
jusqu’à ce que quelqu’un d’autre, de plus performant, de plus créatif, de meilleur, me fasse tomber dans l’oubli.
Les petits partagent la vidéo de vendredi sur les réseaux sociaux.
Ils écrivent de jolis messages plein de gratitude et d’amour.
Ils sont tellement attachants
mais je sais, comme me l’avait rappelé Jean-Max, un ami prof de lettres à Washington, que ce ne sont « que » des élèves.
Il ne faut pas que je m’y attache « trop » comme je l’ai fait la première année.
Je fais de mon mieux, mais j’ai du mal.
Tout se passe tellement bien ici.
Les emplois du temps, les studios, les gens …
J’ai l’impression que les compliments sont vrais
Quand on me fait des retours sur mon travail, il y a ce détachement nécessaire pour que j’entende sereinement, les choses que j’ai ratées, les sillons que je dois creuser, là où je peux encore avancer.
A la radio, il y a une rediffusion d’une émission de Rebecca Manzoni avec le réalisateur Pierre Salvadori.
Dans son prochain film, il fait dire à Catherine Deneuve à propos des gens qui ne sont pas sûrs d’eux :
« je les aime .. parce qu’ils font de leur mieux »
J’aime bien cette phrase.
La bouilloire est pleine du fond de la deuxième grosse bouteille d’eau achetée ici.
Pour mes petits déjeuners, j’aurai donc bu 6 litres aromatisés de 100 sachets de thé en 20 jours.
J’écris en direct ces impressions matinales dans mon carnet rouge à fleurs blanches où Taiwan est écrit au centre, en tout petit.
Rebecca Manzoni nous annonce qu’il est 2h.
8h pour moi.
Je crois que je vais aller voir la mer.

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