je suis superstitieux,
hélas,
je fais des rêves prémonitoires,
hélas,
cette nuit du 14 au 15, je fais un rêve dont je connais cruellement la signification : « désappointement » …
Me voilà assis sur mon lit,
l'oeil rond,
à 3h du mat',
en tentant de me convaincre que je n'avais pas rêvé ce que j'avais rêvé et que ce que ça augurait quelque chose de très moyen, mais très généralement dans les trois jours et qu'avec un peu de chance on passerait entre le gouttes et que ça n'arriverait que dimanche, le jour de repos ..
Même si ça serait dommage pour ce jour de repos …
Je discute avec les européens et je me rendors à grand coup de feuilleton .
avec un joli ciel bleu rose qui annonce un beau temps chaud.
Pendant le petit déjeuner, j'entends ce sifflement que j'avais presque oublié ces dix derniers jours.
Celui du sifflet du policier qui fait la circulation sur son petit plot.
Avec les typhons, et les avis « officiels » de pluie diluviennes, il ne venait même plus le matin.
Pour m'occuper l'esprit, je retouche quelques photos,
j'écris des articles pour le blog.
Je fais tout pour repousser l'échéance du moment où je vais ranger le pantalon et le tee-shirt blanc à manches longues, mon costume du spectacle, proprement dans le sac.
Je reçois un message de Cheng Wei,
il faut qu'on lui trouve de la colle et un cutter.
Avec tout ce qu'il a fait pour moi, on lui doit bien faire ça.
La répétition sur le plateau est prévue à 13h30.
Comme Élise a envie d'être un peu en avance dans le théâtre, je prévois le départ vers 12h45.
Avec les achats de Cheng Wei à faire au Seven Eleven, je suis à la bourre.
Élise se propose gentiment d'y aller à ma place.
J'espère qu'elle trouvera.
Je fais mes affaires.
Une tenue de répétition,
l'ordinateur en cas de problème technique,
le costume,
et me voilà prêt.
Je retrouve Élise à l'entrée du métro,
elle a la glu mais pas le cutter,
tant pis, on verra bien.
Ligne orange direction Daliao,
on va vers l'est.
Dans le métro, elle me raconte qu'elle n'a pas trouvé tout de suite le Seven Eleven.
Il faut dire qu'il est dans la rue du night market où on est toujours allé .. de nuit !
Et puis en plus apparemment, je lui dis qu'il était à gauche dans la rue alors qu'il était à droite,
en fait, je ne sais pas du tout ce que je lui ai dit quand elle m’a posé la question …
13h20.
Nous voilà au Da Dong Arts center.
Comme j'avais envoyé un message à Cheng Wei pour le prévenir de notre arrivée,
il nous attend dehors au soleil, avec la chemise du costume de la pièce.
Ça lui donne un air d'adolescent qui va à un premier rendez-vous …
Exactement ce que je voulais.
Je lui demande comment ça se passe.
Il répond en souriant et nous mène à l’entrée du théâtre avec cet air calme qui veut dire
« miss Lin m'exaspère mais j'ai décidé que ça irait bien et que je garderai mon calme quoiqu’il arrive ».
On entre dans le théâtre.
Il nous montre nos loges.
Des loges V.I.P.
Je n'aime pas trop ça,
j'aurais préféré être avec tous les adultes,
sauf que les adultes sont avec les adolescents (étonnamment bien nombreux) et là …
Ça devient vraiment trop bruyant pour un spectacle digne de ce nom.
La télé dans les loges et relié à une caméra sur scène et au micro.
Je vois que pour la chorégraphie précédente, ça n'est pas une prise d'espace mais une vraie répétition qui se passe : tout le monde est en costume, ça danse à fond, en lumière et en musique, avec miss Lin qui hurle des corrections au dessus de la musique …
Je me dis que j'ai du mal comprendre.
Cheng Wei vient nous voir et nous dit qu'il y aura du retard.
Je m'en doutais.
C'est toujours comme ça.
Surtout quand il y a plusieurs chorégraphies.
Je lui demande si il y a eu un changement de planning et si la prise d'espace est devenue une répétition générale.
Il rit et m'explique que miss Lin ne fait pas la différence.
Elle annonce prise d'espace mais ça peut être un filage, ou des réglages techniques, c’est un peu comme ça l'arrange …
On commence à 13h38.
Pour nous, il n'y a pas de choix :
la pièce dure 23 minutes, si on veut tout mettre en place, on ne peut pas danser.
Il nous restera la générale.
Pour éviter de perdre trop de temps, je dis à Élise qu'on commence directement au quatuor.
On passe par les points cruciaux et on fait rentrer les 13 ados.
On prend le temps qu'il faut pour qu'elles aient vraiment repéré les placements de leurs trois danses, leurs entrées, leurs sorties.
Elles font leurs déplacements et leurs courses.
Miss Lin nous demande si on veut faire la chorégraphie en musique.
À croire qu'elle le fait exprès :
si on fait la chorégraphie en musique, le planning sera décalé de trente minutes.
Je réponds par la négative et continue les placements.
Mise en place des chaises,
Solo de Cheng Wei,
on a à peine le temps de caler le début qu'on nous dit que c'est l'heure.
On a pourtant commencé avec presque 10 mn de retard …
C'est définitivement bien trop court.
Dommage,
un si beau plateau.
J'aurais aimé pouvoir prendre le temps de m'y sentir bien.
On retourne dans les loges.
On essaie de se rassurer sur ce qui va arriver.
La télé qui tourne avec les chorégraphies des enfants - et il y en a beaucoup plus que prévu - et la voix de miss Lin qui hurle n'aident pas à la détente.
Élise éteint sa télé,
je ne garde que les images.
De toute façon, si on nous appelle, il faudra le faire en anglais et je pense qu'ils préfèreront envoyer un des danseurs anglophone plutôt que le dire au micro.
Il nous reste une ou heure ou deux à tuer,
je consigne ce qui vient de se passer,
Élise écrit aussi des choses.
Je demande à Cheng Wei s'il peut la lancer à la fin de la première chorégraphie, vu qu'il ne rentre qu'au bout de 3 minutes.
Pas de souci (comme d'habitude ..).
Quand Hsin Yu arrive, on a une demi-heure de retard.
Il râle parce qu'il a speedé pour être là à temps.
C'est qu'entre temps, miss Lin a pris son temps, elle …
Il fait sa demi heure de placement et on enchaîne avec le salut final.
Là,
surprise,
c'est une sorte de défilé façon gala de fin d'année, où chaque groupe repasse dans le dernier costume dans lequel il a dansé, et il y a un gimmick final « chorégraphié » par la prof de hip hop.
On apprend le truc "à l'arrache" tout en se disant que de toute manière, ça ne serait pas plus mal si on ne le faisait pas si bien que ça …
Bon,
la chose se passe miss Lin n'est pas contente …
Mais on reverra la chose à la générale, qui commence donc …
Maintenant.
et c'est à nous,
on entend à peine la musique,
Élise rate son entrée, et je la comprends …
Je regarde un peu la lumière, il balance tout et n'importe quoi.
Je vois une douche qui apparaît et disparaît,
un effet qui est vite remplacé par un autre,
je commence à réellement m'inquiéter,
et bien-sûr, je rate mon entrée ..
J'enchaîne évidemment sur un duo catastrophique à cause du manque de concentration mais aussi de placement :
comme on n'a pas eu le temps de faire quoi que ce soit pour nous et que le plateau dépasse les 15 mètres,
nous ne sommes plus du tout aux places habituelles,
j’ai failli marcher sur Élise qui est au sol pendant que je danse la première partie,
je râle,
elle me regarde désolée,
elle n’y est vraiment pour rien …
Décidément d'un point de vue l'accueil miss Lin n'aurait fait aucun effort.
Tout se met en place au moment des duos,
je me calme.
On avait demandé des faisceaux de lumières au début du boléro,
on a deux grosses douches …
On va faire avec …
Le filage se finit.
Ça n’était franchement pas terrible .
« À mauvaise répétition bon spectacle » dit-on …
Cheng Wei me dit qu'il n'a pas pu aller mettre en route la caméra.
Tant pis,
en même temps, je ne suis pas sûr d'avoir envie de voir ce qui vient de se passer ...
Je vais voir sa pièce, et je la filme.
Ça me plait.
Ça me fait plaisir de voir ce qu'il a fait sur une de mes compositions.
Wan Zhu est magistrale.
Et Miss Lin qui ne voulait pas qu'elle soit mise en avant …
on parle un peu.
Élise me fait remarquer qu'il y a des projections sur toutes les pièces de miss Lin.
Les trois pièces « professionnelles » sont sans images.
Je ne pense pas que Hsin Yu ou Cheng Wei aient eu envie d'autre chose mais j'aurais bien tenté le coup.
Élise rajoute « ça aurait bien que l'on baigne dans tes images ».
Je traduis à Cheng Wei.
Il me dit qu'il va demander au technicien qui s'occupe de la vidéo.
Nous voilà arrivés tant bien que mal au final,
le défilé,
le gimmick ..
On croit en être débarrassé mais non,
le rideau n'est pas tombé au moment voulu,
on reprend tout …
Le défilé,
la gesticulation,
ça ne va toujours pas !
Cette fois on reprend à la « bouge bouge » d'ensemble.
Je ne compte plus le nombre de fois où on refait.
Je suis juste sidéré que la chose la plus importante pour miss Lin, soit cette « chose »- là.
Une fois qu'on en est débarrassé, elle fait asseoir tous les ados et les profs font les retours.
Et de toute façon, vu que je tentais de danser, je n'ai rien vu.
Tout le monde repart dans les loges où un panier repas nous attend.
Je n'ai pas très faim.
Cheng Wei vient me dire qu'on va pouvoir faire le point avec le « créateur » lumière.
En fait, personne n'est content de son boulot.
Ça me rassure d'un côté mais ça m'inquiète pour ce soir.
Quand je pense qu'on m'avait demandé de tout boucler quinze jours avant, parce qu’il enregistrait tout dans son ordinateur …
Je vais le voir avec Cheng Wei.
En fait, il n'a rien.
Aucun top, aucune idée précise,
aucune proposition à part les choses qu'on lui a dites le 3 août et dont il a vaguement tenu compte.
Du coup, on se demande un peu ce qu'il a fait la veille, puisqu'on sait qu'il a passé la journée au théâtre avec miss Lin pour monter les lumières et régler avec l'ingénieur du son les problèmes techniques.
On refait un découpage de la pièce,
je lui donne des tops sur la musique et des idées d'ambiance.
On est parasité par miss Lin qui donne la barre d'avant spectacle aux ados : elle a commencé dans la salle mais subitement, elle a besoin d'être sur le plateau quand on règle les lumières ...
En faisant abstraction de sa voix et des ados qui arborent tous une veste de jogging rose, je corrige les propositions du bonhomme aux manettes (on a, par exemple, pas DU TOUT, la même vision de comment un rêve peut être éclairé), et tant bien que mal je repars un peu plus confiant pour le soir.
Maintenant, il va falloir que l'on trouve le temps avec Élise de faire le début,
juste une fois,
proprement.
On repart dans les loges, je guette à la télé le moment où le plateau se vide.
J'y vais d'abord seul.
et aussi les traversées en marches qui du fait de la grandeur du plateau, nécessitent des réajustements (départs plus tôt, amplitude et nombre des pas, direction des diagonales, etc …)
Le temps va passer très vite maintenant.
Je vais de temps en temps dans les loges communes pour voir comment va tout le monde,
je fais quelques photos souvenirs …
Ils sont plutôt détendus, j'aime bien ça.
Dernière ligne droite.
Se laver les pieds et dire merde à tout le monde.
Standby pour la première ...










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