Message d'accueil.
On ne fume pas, on ne mange pas, on éteint les portables …
C'est parti.
La pièce d'ouverture ne fait que 5 minutes.
À mi parcours, je quitte Élise par un gros hug .
Je passe par la coulisse jardin pour redire merde à tous les ados et je vais rejoindre Wan Zhu qui est déjà à cour, concentrée.
Elle a pris une veste de jogging,
et elle a raison,
la clim' est poussé à fond à cause du public (650 personnes prévues) et il fait carrément froid.
Noir plateau .
Les premières gouttes de pluie sont à peine audibles.
Comme j'avais demandé que la lumière et la musique démarrent en même temps, j'ai dit à Élise de rentrer dès que les projos se lançaient.
Dans le pire des cas, elle serait juste un peu en retard.
La basse,
la première note de piano,
la batterie,
j'attaque mon entrée de dos, en espérant que tout se passe bien au croisement avec elle,
on ne l’a fait que deux fois, et sans musique …
Tout s'enchaîne,
plutôt bien.
Ma jambe tient, mon dos me lance un peu mais ça devrait être jouable.
Les adultes rentrent.
Quatuor.
Wan Zhu est magnifique dans la robe blanche qu'Élise lui a amené.
Les filles sont connectées,
tout se déroule,
sans accroc.
la parfaite arabesque, c'est beau ..
Le quatuor est fini.
J'aime l'atmosphère qu'on a créé.
Quelque chose de paisible,
qui va cruellement contraster avec les deux pièces de mes collègues qui sont, comme souvent à Taïwan, très dynamiques,
mais c’est une bonne base pour la version française.
Le boléro.
Élise sort.
Cheng Wei et moi cherchons les fameuses "douches".
Comme il n'y a aucune marque au sol, on ne sait qu'approximativement où elles sont.
Et comme elles sont lancées un poil en retard,
c'est encore moins facile de faire ce qu'on voulait …
On navigue à vue.
Les ados entrent,
je sors,
tous les taïwanais sont maintenant sur scène,
ça tremble de tous les côtés,
c'est émouvant.
Elle est belle,
comme un esprit.
On se loupe (enfin, surtout moi) sur notre entrée en fond de scène (que l'on n'a jamais fait proprement en musique non plus) mais "ça joue" aussi comme ça, on recalera demain.
Dans la foulée, on démarre bizarrement la phrase à trois avec Cheng Wei, mais on se rattrape.
Cheng Wei se retrouve seul.
Il est un peu tendu, je le comprends.
Élise est dans les temps, dans l'état parfait,
je rentre …
Et dire que ce que je fais là devait être ce que j'aurais dû danser en premier …
La marche de profil,
j'attaque de face,
je pense aux danseurs de Tsoying qui sont dans la salle et qui vont voir ce qu'ils ont appris,
le sol,
la grande seconde que je ne peux pas faire complètement à cause de la déchirure,
les phrases debout,
rester concentré et ne pas se laisser parasiter par Cheng Wei qui danse les mêmes phrases mais pas dans le même ordre (et pas forcément dans les mêmes directions),
on est complètement connecté,
les mêmes déséquilibres,
le même rythme,
que c'est bon.
Je sors,
il reste les chaises,
retour au calme du début,
les oiseaux,
la rythmique du boléro qui revient,
je croise Élise une dernière fois,
tout le monde est sur sa chaise,
Élise et moi tournons en rond,
voilà,
c'est fini.
Le public a plutôt bien réagi à l’applaudimètre.
Il nous reste demain pour nous rattraper.
Ça ne pourra être que mieux …
La pièce de Cheng Wei dans laquelle Wan Zhu a le rôle principal est presque après la mienne, je les laisse se concentrer pour la suite.
Entre temps, il y a un intermède de danse classique, assez mal dansé ..
Et je réalise que les ados sont en académiques avec des pointes.
On m'a donc demandé de chambouler toute ma pièce CF. pour qu'une fille ait le temps de mettre un académique et des pointes,
et donc, il faut dix minutes pour ça ?
Décidément, miss Lin …
La pièce se finit.
On va la rencontre de Cheng Wei qui a l'air plutôt content (à part pour les lumières …).
Wan Zhu sort de scène et éclate en sanglots.
C'est une hyper sensible, et le rôle qu'elle joue est assez dur.
Elle y met beaucoup du sien et forcément …
On la console.
Une fois qu'elle est calmée, je lui explique que la prochaine étape sera pour elle, de pouvoir interpréter le rôle sans y mettre autant de soi, pour éviter d'être retournée de la sorte à chaque fois …
Entracte.
Deuxième partie.
On se détend,
on rit,
Cheng Wei me dit qu'il a vu avec le technicien vidéo avant le spectacle et que si j'amenais un film prêt demain, il n'y avait aucun problème CF.
Si j’avais su ça plus tôt …
Là aussi, on m'avait dit qu'il fallait que je donne le film en avance, alors je ne m'étais pas lancé dans l'aventure …
Dommage …
Concrètement,
ça veut qu'il faut que je crée quelque chose ce soir en rentrant ou alors demain.
On verra si j’ai le temps et l’énergie.
Comme le final approche, on révise avec Hsin Yu la « danse » :
après le charleston, il y a le snake ?
Non, c'est le petit saut ...
AArgh …
Bon, de toute manière, on sait qu'on va se planter …
On rit.
Hsin Yu part à l'intercom pour être en contact avec la régie pendant sa pièce qui est juste avant le final.
On aurait pu faire une soirée d'une heure, juste avec nos trois pièces et des petites choses de transition pour permettre les changements de costume.
Là, cela me paraît interminable.
Nous voilà au final,
il y a une vidéo des répétitions prise le fameux 3 août,
voilà donc pourquoi il fallait être prêts ce jour-là.
Cheng Wei me traduit ce qu’il y a écrit,
cela parle de la coopération avec la « France » ..
On ne commente pas,
on attend que ça passe.
Les ados défilent et saluent sur cette musique de boîte de nuit …
puis les adultes,
puis Élise et moi,
et enfin miss Lin en maîtresse de cérémonie …
Et c'est parti par la chose finale ..
Où tout le monde se plante en rigolant.
Voilà, c'est fini.
Retour aux loges.
On va voir un peu les adultes.
Je les félicite et les remercie.
Un bouquet de fleurs arrive.
C'est pour Wan Zhu.
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