Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

mercredi 29 octobre 2014

Après le spectacle (1) - à Dounan avec Jia Liang


Excursion un peu plus au coeur de l'île,
aiyu et poulet roti,
partage et simplicité,



Alors que je finis le thé que j’ai acheté lors de mon dernier voyage, je me dis qu’il est temps de renouer avec mes vieilles habitudes, partager certains aspects de cette aventure avec vous.
Je reprendrai la rédaction des dossiers de subvention plus tard.

Quand Élise est partie, j’ai eu un peur d’être seul,
surtout la semaine qui suivait où je n’avais pas de cours à donner et rien de spécialement touristique de prévu.
C’était sans compter sur mes amis taïwanais, qui ne m’ont laissé quasiment aucune soirée.
Je vous raconterai ça dans un prochain article sur Kaohsiung où il y a encore eu de beaux couchers de soleil mais où j’ai encore découvert de nouvelles choses.
Je vous parlerai aussi de la danse et de Tsoying où j’ai quasiment passé toute la deuxième semaine
mais pour aujourd’hui, ce sera du tourisme .. chez l’habitant (ou presque).

Un des premiers week-ends de mon séjour, où je traînais comme d’habitude sur Facebook, le jeune Jia-Liang m’a proposé de venir dans sa famille pour me montrer là d’où il vient.
Il avait posté une photo de lui avec un large sourire épanoui qui m’avait fait lui dire qu’il avait l’air heureux et il voulait me montrer pourquoi.

Je lui ai proposé de partir avec lui de Kaohsiung le dernier week-end d’août.
Comme je devais passer par Taipei en septembre (ah tiens ! un autre article à faire ..), je pouvais faire une halte en route.
Ça tombait bien, c’était le week-end où il remontait chez lui.
Ici, en fonction du planning des répétitions les élèves décident ou non de rentrer chez eux (parfois la longueur du trajet ne vaut pas le coup de dépenser trop d’argent dans un billet).
Entre temps, les choses ont un peu bougé :
Jia Liang rentrait bien chez lui le samedi matin mais il travaillait toute la journée à la préparation d’un spectacle dont il faisait la régie lumière
(en fait, il se destine à la création lumière … c’est bien de voir des gamins savoir ce qu’ils veulent !).
Il avait peur que je m’ennuie tout seul.
On décide de se retrouver le dimanche matin.

Jia-Liang se propose de m’acheter le billet.
Je l’avertis tout de suite que je tiens à le rembourser
(je commence à savoir comment ça se passe ici …).

Ici, comme en France, on peut acheter les billets à la gare ou sur Internet mais on peut les récupérer dans tout un tas d’endroits dont les fameux convenient stores, Seven Eleven ou les Famili Markt.
Comme il y en a un près de l’école, c’est là que Jia Liang récupère les siens.
J’ai donc la place 9, de la voiture 9 dans le train qui part à 9h09.


Me voilà donc à 8h45, à la gare de Tsoying, côté trains « normaux ».
Pas de TGV aujourd’hui.
Je prends le Tze Chiang (l’Intercités local).
C’est le Shan Xian, le train des « collines »
(comme dans Gushan, qui est au pied d’une colline …
Gushan ! là où je passe pour aller voir le coucher de soleil vous vous souvenez ?)
L’autre ligne qui remonte le nord longe plus la mer.
C’est le Hai Xian, le train de la côte.

Hommage à Agnès (dont je vous ai déjà parlé) mais aussi Valène et Babeth, et aussi Patricia, mes amies qui prennent souvent le train en France …
Ici quand un train a 2 mn de retard, on l’affiche …
Et c’est VRAIMENT 2 minutes !

Je m’installe à la place 9 dans la voiture 9 vers 9h07.
Et nous quittons la gare à 9h11.


Vous avez vu la dame en orange au fond.
Elle passe toutes les demi-heures pour récupérer ce que vous avez à jeter.
Un bon moyen pour salir le moins possible les trains ....

Nous traversons la banlieue de Kaohsiung.
Il y a une halte à Tainan, l’ancienne capitale du pays, que je n’ai toujours pas visitée.
Puis, on s’enfonce dans la montagne où on s’arrête entre autre à Chiayi.
Ce sont les mêmes villes desservies par le TGV mais en deux fois plus de temps.
Une petite heure et demie après, me voilà donc à Dounan.


Ici, on n’a pas d’accès aux quais sans billets.
Il y a un contrôleur, comme en France avant les composteurs.
Je vois le bras et la tête de Jia Liang qui dépassent de l’accès au hall.
J’éclate de rire.
Il m’attend dans le hall de la gare avec sa mère.
Sa petite soeur et son grand-père sont restés dans la voiture.



Après avoir rigolé sur les curiosités de la place de la gare 
(la paire de tongues géantes et le train dont le chauffeur n'a toujours pas retrouvé la voie),
on quitte assez vite la ville.
Installés à l’arrière de la voiture avec sa soeur, on discute un peu.
Il m’explique qu’il a d’autres soeurs encore plus jeunes,
je n’ose lui demander pourquoi son grand père et pas son père qui nous accompagne.


Ils m’emmènent à Guken, village où on produit du café.



En dehors des magasins qui vendent toutes sortes de choses à partir des grains, on peut boire des jus de fruits et aussi (bien-sûr !) manger !


La mère de Jia Liang nous offre de la gelée d’aiyu.
Alors, l’ayiu est un fruit de la taille d’une petite mangue.
On les récolte avant la pleine maturité,
on les coupe en deux,
on les retourne en faisant sécher l’intérieur,
et de là on extrait des graines.


Ces graines sont placées dans un sac en tissu, sont plongées dans de l'eau froide et frottées.
En pressant , on en extrait un gel qui, mis au frais se transforme en gelée à la fois rafraichissante et nourrissante.

Au chapitre « bouffe », il y a aussi des poulets,


qui sont fumés à l’ancienne
dans ces vieilles jarres en terre.


Cela m’a rappelé le poulet boucané que l’on fait en Guyane …
Même latitude, même recettes, à plus de 15000 km de distance …
À moins que ce soit les asiatiques, que l’on a envoyés là bas, qui aient emporté le système avec eux.

Il y a aussi (bien-sûr) quelques temples.



Celui-ci n’est pas encore fini.

Étant à Taïwan, il a fallu faire une pause repas.
Enfin, une vraie …
On est donc allé dans une autre halle dans un autre village, à Fanlu.
Une sorte de mini foire avec toutes sortes de choses à vendre dont le fameux thé que je savourais ce matin.
Évidemment, on peut manger tous les quinze mètres, notamment à des stands de friture comme celui-ci.


On y trouve aussi des champignons …
à faire pousser.


et puis cette fabrique d’huile de kucha,
du thé vert amer, cousin de la camomille.




Et puis le fameux poulet cuit dans les jarres !
chez Tuyao Dji !
ah la la … les poulets de Tuyao !
Aucun rapport avec ceux du Kentucky …


Bon ici le procédé a été modernisé


Mais le résultat est savoureux : 
une délicieuse volaille que nous avons partagés .. avec les doigts !
(je voulais prendre une photo de groupe mais j’avais les mains trop grasses !)

Pour éviter tout incident diplomatique (crise de larmes, hurlements décrivant l'injustice totale de ce monde où non seulement, elle n'avait pas pu venir se balader mais EN PLUS, elle n'avait pas de cadeau ! ) la mère de Jia Liang a acheté des cadeaux aux petites soeurs avant que nous repartions vers leur maison où Jia Liang devait passer.

Il y avait (encore !) un temple juste à côté de chez eux.
Obligation de s'arrêter,
pour me montrer, 
et faire une petite prière.
















Puis nous sommes donc allés dans la maison familiale.
Une vieille ferme dans un tout petit hameau en pleine campagne.
Je comprends qu’il soit heureux …

Ce sont deux petits bâtiments dont un très ancien où se trouve les pièces communes.
C’est là que j’ai attendu que Jia Liang prépare ces affaires pour la semaine en buvant du thé en compagnie des autres soeurs, des tantes et des cousines.
Ici aimer le thé vous rend toujours plus sympathique.

Je n’ai pas osé prendre la photo de la bâtisse un peu délabrée,
il y avait toute la famille,
je ne savais pas trop si je pouvais.
La prochaine fois peut-être.
(je dis la prochaine fois parce que j’ai promis à la famille de revenir)
Vers 16h, le grand père nous a ramenés à la gare TGV de Chiayi.

Le petit est allé prendre son train en direction du sud et moi je suis parti vers le nord direction Taipei.
Alors que j’attendais sur le quai, il m’envoie un message pour me dire que c’était cool cette journée.
Et il avait bien raison.
Je lui demande à quelle hauteur de quai il est.
Il me répond en sautant.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire