Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

lundi 13 octobre 2014

18/08/14 - Au revoir Élise


Se réveiller tôt
pour dire au revoir,
un vide certain.



Je m’étais couché le plus tôt possible car le vol d’Élise était le plus tôt possible :
Hong Kong, China Airlines, 7h40.

Mais j’ai été réveillé à 1h30 par un mini cauchemar.
Le temps de tourner un peu et je me rendors.

4h25.
J’entends une sonnerie.
Je me lève en catastrophe et me jette sur mon téléphone.
Il n’a pas sonné.
En fait, c’est quelqu’un qui sonne à la porte d’un voisin.
S’il avait pu attendre cinq minutes, cela aurait fait stéréo avec mon réveil …

Le temps de prendre une douche,
de m’habiller, de prendre ma carte de métro,
et me voilà dans le hall à 4h50.

Hier soir, Cheng Wei avait fait commander un taxi pour 5h.

Quand elle me voit, la réceptionniste s’affole.
Elle va voir dehors.
Elle est désolée.
Je lui fais comprendre que tout va bien, que le taxi ne sera là que dans dix minutes.
Elle retourne derrière la banque d’accueil,
soulagée.

5h.
La porte de l’ascenseur s’ouvre et le taxi arrive.
Parfait timing.

Élise rend la clé de sa chambre.
Cette fois-ci, c’est la dernière fois.
La réceptionniste lui dit le « babaille » de circonstance en agitant frénétiquement sa main.

Nous prenons le taxi.
Direction le sud,
comme hier,
comme quand on est allé à la mer,
mais on s’arrête à l’aéroport cette fois-ci.

5h20.
Nous sommes arrivés.
Il est bien trop tôt mais bon, mieux vaut ça que l’inverse.

On attend l’ouverture des guichets.
Officiellement prévu à 5h40, il y a une hôtesse dix minutes plus tôt.
Élise est dans les premiers à s’enregistrer.
Son sac, qui reste en cabine, est peut-être trop lourd selon la réglementation,
on s’inquiète un peu
mais en général, on ne pèse pas les bagages cabine.
C’est plutôt la taille qui importe.
On verra bien.

Effectivement, l’hôtesse ne lui demande rien.
Elle lui dit juste qu’il faudra qu’elle récupère les cartes d’embarquement des autres vols, à Hong Kong et à Amsterdam …
J’espère que tout se passera bien.

Voilà,
pour elle, l’aventure s’achève ici,
dans ce hall des départs.



Elle est encore un peu endormie de la courte nuit,
je la quitte le coeur lourd mais content de ce qu’on a fait.
J’aurais juste aimé qu’elle ait eu le temps de profiter un jour ou deux de la vie taïwanaise, sans le boulot.

Je la suis du regard le plus longtemps possible.
Je la perds quand elle a passé le contrôle de sécurité.

C'est fini.


Le soleil s’est levé.
Je rentre à l’hôtel par le premier métro.
En repartant vers la station, je me remémore son premier soir.
Cheng Wei qui lui avait souhaité la bienvenue,
qui m’avait dit la trouver charmante,
sa première réaction quant à cette chaleur humide quand on quitte le hall climatisé …

Il y a des fenêtres dans le couloir qui nous amène aux ascenseurs d’accès aux quais.
On peut voir une partie du tarmac.
J’y vois un avion qui pourrait être le sien.


Je suis un peu en avance.


Je reste là, assis sur un siège face à la fenêtre.
L’aéroport se met en route.


Le métro,
comme à mon arrivée,
seul …
Ça fait bizarre.

Formosa boulevard,
je récupère ma clé d’hôtel,
il n’y en a plus qu’une.

J’ai cette sensation connue de vide d’après création.
Plus de répétition,
pas de cours,
des sortes de vacances finalement.
Ce vide est forcément accentué par ce départ.
Élise n’est plus derrière moi à me faire rire de ses bêtises,
à me suivre dans les stations de métro (alors que ça m’a fait râler plus d’une fois).

Il est presque 7h.
Et j’entends à nouveau ce sifflement,
celui du policier du carrefour.
Il ne pleuvra pas aujourd’hui.
Enfin,
pas assez pour qu’il soit dispensé de faire la circulation.

Je bois un thé,
puis deux,
enfin je me décide à petit déjeuner
du pain qu’Ally m’avait offert pour le spectacle de samedi …

Je me couche sur le lit,
pensant à tout ça ..
Et me rendors avec en fond ce bruit de sifflet et la circulation qu’il organise.

La suite de la journée ?
Calme,
très calme …
J’ai retouché les photos de notre escapade de la veille.
En les mettant en ligne pour que Cheng Wei et Wan Zhu les voient, je me rends compte que le photographe qui était au spectacle a publié les premiers clichés (ceux que vous avez pu voir dans les articles des spectacles de vendredi et samedi).
J’aime ce que je vois.
J’espère qu’on va avoir la vidéo bientôt …

J’ai fait une grosse sieste l’après midi,
et me suis réveillé pile poil à l’heure d’aller voir le soleil se coucher.
Hélas, les nuages sont revenus.


Pas de Sizhiwan pour moi ce soir.

Je reste à la chambre, écoutant la radio et surfant mollement sur le Web.
Vers 18h30, quelqu’un tape à la porte.
C’est Cheng Wei qui me rend une visite surprise.

Je leur avais dit que j’allais sûrement me sentir un peu seul ces premiers jours et qui s’ils avaient envie qu’on passe du temps ensemble ça serait bien …
Forcément, il était là …
Sacré bonhomme …

Il passe entre son boulot de l’après-midi et son cours du soir.
On discute un peu de la veille,
il me demande si Élise est bien partie,
on se demande où elle est …

Elle est quelque part au dessus des nuages.
Je me languis d’avoir un message d’elle depuis notre Provence.

Cheng Wei est reparti bosser en me disant qu’il reviendrait peut-être après.
Il y a eu un gros orage.
Il est rentré directement chez lui et il a eu bien raison.

Je n’ai donc rien fait de la journée.
C’est la première fois depuis que je suis arrivé ici.
Et c’est aussi la première nuit depuis presque deux semaines où je ne sais pas qui dort à la chambre 817.


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