Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,
c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :
Une danseuse taïwanaise et un danseur français.
Un danseur taïwanais et une danseuse française.
Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,
qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.
Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.
La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.
Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,
la septième nuit du septième mois.
La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.
jeudi 9 octobre 2014
17/08/14 (1) - Syu Hai, la dernière journée d'Élise à Taïwan
Un peu de tourisme
de nature,
de bon temps.
L’oeil attiré par le soleil levant, je m’arrache de l’oreiller vers 7h.
Il ne faut pas trop que je traîne :
Cheng Wei vient nous récupérer avec la voiture de son père à 8h30.
Je prends quand même le temps de regarder le ciel.
Il faut grand bleu ce matin.
Je suis content.
Élise aura une belle dernière journée.
Le petit-déj’,
un passage sur Facebook,
je prépare ma panoplie de touristes.
Pas d’ordinateur, pas de sac à dos vert, je vais voyager léger pour une fois.
Élise arrive,
nous descendons à l’heure dans le hall de l’hôtel.
On donne les clés à la réception,
c’est presque la dernière fois …
Dehors, il n’y a pas de voiture.
Bizarre …
Cheng Wei (et les gens ici en général) ne sont pas du genre à être en retard.
Je regarde mon téléphone,
il m’a laissé un message disant qu’il passe chercher Wan Zhu à 9h finalement.
Je le déteste.
Cette demi-heure de sommeil supplémentaire n’aurait pas été superflue.
Élise est en pleine forme,
moi beaucoup moins,
on rit.
On quitte Formosa boulevard vers 9h15.
Direction le Sud,
on croise le 85 building
comme l’autre soir quand on est allé à Cijin,
on passe l’aéroport,
je pense à demain …
On laisse sur notre droite, la route de Cijin,
puis on traverse le quartier de Siaogang,
le terminus de la ligne rouge du métro.
On se perd un peu,
les GPS de Wan Zhu et Cheng Wei ne sont pas d’accord.
Finalement, ils retrouvent la route du sud.
Arrêt au Seven Eleven.
(si vous suivez le blog depuis longtemps, vous savez qu’on va dans les convenient store pour tout et n’importe quoi ..)
Là, on s’achète à boire (eau, café froid, thé, jus de fruits)
et du chocolat !
On traverse la zone industrielle,
la ville s’efface,
la nature s’installe.
Le ronron de la voiture,
la courte nuit,
Élise succombe.
Mais ça ne sera que de courte durée
On s’enfonce dans la forêt,
la route se rétrécit,
Cheng Wei va un peu trop vite pour les filles.
On s’amuse.
Ils chantent les chansons qui passent à la radio.
On essaie de faire pareil.
Ça fait rire tout le monde.
Première halte au milieu de nulle part.
Il n’y a que la route,
la forêt,
les cigales,
et nous.
Séance photos
On se remet en route.
La clim’ de la voiture ne fait pas de mal,
on dépasse allègrement les 35 degrés à l’ombre dehors.
D’autant que des nuages blancs rendent à nouveau l’atmosphère humide.
L’avantage des îles c’est qu’on ne perd pas souvent de vue la mer.
En s’enfonçant vers l’intérieur, on approche de la côte ouest, la plus sauvage.
Deuxième halte sur un point de vue idéal sur des bouts d’océan pacifique.
Je m’installerai bien sous ce toit blanc que l’on voit au loin.
Les cigales s’en donnent vraiment à coeur joie.
Une ou deux photos de groupe
et on se remet en route.
Apparemment, il y a encore une querelle de GPS à l’avant.
L’endroit où ils veulent nous emmener n’est pas loin ..
Mais où ?
En tous cas, nous traversons des endroits de nature ensoleillés et luxuriants.
Et encore une fois,
cette petite cabane …
j’en ferai bien ma maison.
Il se fait tard.
Déjà 13h.
En fait, nous avons deux endroits à voir.
Un point en hauteur où on voit encore mieux la côte ouest,
et des « hotsprings » : des bains.
On décide de commencer par les bains.
C’est quand même la chose la plus typique à laquelle Élise n’a pas encore goûté.
Comme souvent, les bains ici sont dans des lieux montagneux où vivaient les aborigènes.
L’île étant une sorte de paquet de volcans plus ou moins jeunes, les eaux sont riches en minéraux multiples et divers tous plutôt bons pour la santé.
Mais surtout, c’est l’occasion pour les danseurs que nous sommes de relâcher les tensions musculaires de ces derniers jours.
Ces bains-là sont des bains publics (contrairement à celui où j’étais allé à Taipei (après un spectacle aussi d’ailleurs !)
L’entrée est très peu chère (un peu plus d’un euro par personne).
Il y a des bains mixtes en plein air où le maillot est obligatoire.
Des bains où on se baigne nu.
Les hommes et les femmes sont bien sûr dans des bassins différents.
Il y a aussi un parcours à pied où on peut bénéficier des bienfaits des eaux sur les chevilles et la voute plantaire.
Après avoir d’abord opté pour les bains non mixtes, nous nous sommes finalement retrouvés dans le bain public dans des eaux frôlant les 40 degrés.
Après une heure de bonne détente, nous partons pour le belvédère.
Il fait une chaleur à crever.
On plonge dans la voiture et Cheng Wei met la clim’ à fond.
Ça ne fait pas de mal …
Comme on commence à avoir faim, je lui demande la suite des événements.
En fait, nous sommes invités par miss Lin à dîner dans une sorte de cafétéria chic avec des buffets à volonté et ce … à 17h !
Le mieux sera donc de trouver quelque chose de léger à grignoter sur la route et de se réserver pour la fin d’après midi.
C’est chose faite à notre deuxième halte.
À l’entrée du sentier qui mène au point de vue, il y a un centre qui informe que le site et sur la culture de la tribu aborigène qui vivait sur ces terres.
Une dame y a installé un stand.
Elle vent des hot dogs avec des saucisses de cochons sauvages, et aussi différents types de thé, et de décoctions d’autres plantes à boire chaud ou froid.
Comme vous le voyez sur la photo, elle a aussi quelques soupes instantanées pour les récalcitrants à la charcuterie locale (qui était pourtant divinement bonne …)
L’estomac un peu rempli, nous nous enfonçons dans la nature où les cigales s’en donnent encore à coeur joie,
et au bout d’un escalier en bois,
un plateau légèrement ventilé au bout duquel un kiosque avec un toit blanc …
comme celui de la maison que j’avais vue à la deuxième halte et où je me serais bien installé.
C’est peut-être le même endroit.
Élise, en pleine nature, revit.
Elle arbore un joli parapluie dont elle se sert d’ombrelle,
comme toutes les taïwanaises.
on va faire un tour au belvédère,
Élise poursuit un peu la balade en pleine nature.
Pendant ce temps, nous prenons quelques photos de la vue sur la côte
et Cheng Wei reprend des forces pour la route du retour qu’il va falloir que nous prenons bientôt.
On retrouve Elise un peu plus loin.
Elle s’est isolée pour écouter … le calme.
Je sais que la vie en ville est difficile pour elle.
Je lui ai montré un parc tout près de l’hôtel mais la rumeur de la circulation tout autour ne permet pas d’oublier ou on est,
et avec ces typhons nous ne sommes pas allés aussi souvent à la mer que je l’aurais voulu. Cette journée au vert va forcément lui faire le plus grand bien.
Nous serions bien restés là,
ou ailleurs,
jusqu’au soir,
à regarder les étoiles,
la septième lune …
Ou peut être la mer …
Mais il nous faut rentrer pour ne pas être en retard pour le dîner.
Cheng Wei prévoit beaucoup de circulation :
on est dimanche et on est dans une zone plutôt touristique.
Il y a de grandes chances que les gens de Kaohsiung qui ont eu la chance de ne pas travailler aujourd’hui soient dans le coin.
Et une fois de plus, il ne se trompe pas.
Si la première partie de la route est assez calme,
dès que l’on se rapproche de la côte est, le trafic devient danse.
Il fait ce qu’il peut dans ces routes de montagnes pour doubler les bus, les camions, les voitures trop lentes à son goût.
D’autant que la grosse chaleur ne pousse pas au dynamisme.
Alors qu’on est presqu’en vue de la mer de Chine,
Cheng Wei craque.
Il arrête la voiture,
s’excuse
et s’endort instantanément comme il sait si bien le faire.
Le pauvre.
Il se réveille dix minutes plus tard, redémarre et repart slalomer entre les voitures.
On le soutient comme on peut.
Comme à l’aller, Élise et moi tentons de chanter en chinois ou en taïwanais ce qui fait beaucoup rire nos amis.
Il faut dire que d’une langue à une autre, il y a ces mots qui changent complètement de sens (ah .. le refrain de cette chanson d’amour où le jeune homme donnait l’impression de parler de ses « couï » ..)
On prend beaucoup de retard.
On est à l’entrée sud de la ville à l’heure où on devrait déjà être au restaurant.
Cheng Wei envoie un message à miss Lin, en avertissant que nous aurons du retard.
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