Et voici un article à inscrire au chapitre des "dernières fois" ...
Me voilà à nouveau dans le grand studio de l'école de miss Lin avec mes 23 petits danseurs.
C'est la dernière fois.
J'ai un peu le coeur serré de me dire que lundi je ne les verrai plus.
Je leur lance un "hi !" à la cantonade et je peux enfin entendre à peu près toutes les voix me répondre sans trop de timidité.
Je sais que pour eux tout ça est nouveau.
Ici, les professeurs ne font pas les choses comme ça.
On fait la barre une dernière fois.
Je leur rappelle tout ce qu'on a fait,
tout ce qu'on a changé, tout ce qu'ils ne doivent plus oublier.
J'espère que ça infusera dans tous les corps que ça leur sera utile un jour ou l'autre.
Avant d'attaquer les derniers filages, je précise, là aussi, toutes les choses auxquelles ils doivent penser.
Comme on est en avance, et qu'hier ils avaient appris joyeux anniversaire, je leur apprends quelques mots de français.
Ils connaissent déjà "bonjour" qui avec le "on", le "j" et le "r" est déjà très difficile à prononcer.
On compte jusqu'à 8,
il y a plein de sons inconnus pour eux : le "e" de deux est de loin le plus délicat.
On situe la droite (pas facile non plus), la gauche, en haut et en bas (qui ressemble au 8 chinois et qui les rassure un peu)
Je fais un test .
Juste quelques oublis, quelques détails que je corrige au fur et à mesure.
Je rassure les plus timides, ils sont moins fragiles qu'ils ne le croient.
C'est une aventure collective, ensemble ils sont forts.
J'applique la "punition" de la suspension par les pieds.
Dès qu'il y a un erreur, je suspends l'auteur en l'attrapant aux chevilles.
En général, on ne me croit pas quand je préviens, d'où la surprise quand ça arrive …
Le piège (d'où les guillemets à "punition") c'est que c'est plutôt drôle d'être suspendu par les pieds à plus de 2m de haut, du coup certains font un peu exprès de se tromper.
La même chose qu'en France.
Les enfants et le jeu …
Quasi universel.
Je pratique aussi la transmission "directe" en parlant au cerveau des plus distraites .
Bref, on s'amuse bien mais on travaille. Et on arrive à ça .
16h40. C'est fini. Je leur dis à quel point, j'ai pris du bon temps à travailler avec eux.
Je demande à celle qui parle le mieux anglais de traduire à tous.
J'aurais aimé que Cheng Wei ou Wan Zhu soient là pour être sûr que tout le monde ait la bonne traduction .
Quelques photos de fin.
Je n'ai pas vraiment envie de les quitter.
Je les taquine encore dans le hall, notamment en faisant mine de partir avec leurs affaires comme si c'était les miennes.
Une belle semaine où j'ai beaucoup appris, probablement autant qu'eux.
Un aller retour à l'hôtel et je reviens au même endroit pour la répèt' du soir.
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