Le margarita d'hier a visiblement fait plus d'effet que prévu.
Il ne faut pas trop que je traîne : la journée est chargée.
10h30 - 12h cours à Tsoying avec les niveau 2
13h30 - 16h30 répétition avec les adultes au studio
21h - 22h répétions avec tout le monde (en séparant le groupe en deux)
J'ai juste le temps de regarder le ciel mitigé.
Petit déj', informations à la radio, la douche,
préparation du sac,
en route.
Aujourd'hui, la route est plus longue
ligne de métro rouge jusqu'à Zuoying
et le célèbre bus 51
Départ de l'hôtel à 9h15.
Je mets mon imper au fond du sac,
on ne sait jamais.
En descendant du métro je croise Wen Yu,
une des lycéennes qui était venue à Paris avec nous le mois dernier
(et oui, on est en août, je peux donc dire le mois dernier !).
Elle vient prendre le cours de classique d'Ally,
ils ont répétition cet après midi pour le spectacle qui font le lendemain.
Je ne comprends pas tout ce qu'elle dit.
Elle me parle de quelque chose qui est arrivé la veille mais je ne vois pas ce qu'elle veut dire.
En élève classique, elle se doit d'être en cours quinze minutes avant le début.
Du coup, je n'attends pas le 51 et nous prenons ensemble le 300, qui ne s'arrête pas devant le lycée.
Dommage car la chaleur est de retour, j'aurais bien aimé arrivé "sec".
Je serai en sueur.
Dans le bus, elle me montre une photo de rue éventrée.
C'est à côté de chez un pote à elle.
Je me dis que ça doit être après le typhon.
On arrive ensemble à Tsoying.
Le gardien se souvient de moi et me fait un large sourire accompagné d'un grand signe de la main.
À l'entrée, je vois au loin les niveau 2 qui arrivent de leur premier cours.
Si vous vous souvenez (mais alors il faut avoir suivi mes aventures depuis 2012) dans l'année scolaire, les lycéens ici ont leur premier cours à … 7h30.
Là ce sont encore les vacances, ils sont "juste" en stage intensif.
Les cours de danse commencent à 10h30 mais à 9h, ils ont un cours d'une matière académique (anglais, chinois, math).
Comme je remplace une prof au pied levé (Ting Wen m'avait envoyé un message en catastrophe avant-hier), ils sont surpris de me voir.
Et plutôt agréablement on dirait.
Dans la salle des profs, il n'y a presque personne.
Tout est calme.
Une bénévole me salue.
Su Ling est au téléphone.
Ça tombe bien, je ne vais pas me faire engueuler de ne pas être venu à la conférence de presse la veille (cf.).
Je me change et je vais vers les salles du fond.
En général, la grande salle est réservée aux niveau 3.
Je croise le plus costaud des garçons.
Il me sourit et me montre la salle.
Je lui fais signe que j'ai compris mais je passe par la grande salle dire bonjour à la prof avec laquelle j'avais dîné la veille et surtout revoir les anciens niveau 2, qui sont maintenant les "grands", les niveau 3.
Eux aussi ils sont contents de me voir.
Ça fait plaisir.
Retour dans une des petites salles.
Quand je pose mon sac, une élève appelle tout le monde.
Ils me souhaitent un bon anniversaire.
Ils sont très détendus.
J'espère qu'ils ne le seront pas trop.
J'avais déjà eu cette classe l'été dernier.
Je les avais trouvés beaucoup plus sûrs d'eux que les promotions précédentes alors qu'ils venaient juste d'arriver au lycée.
Sûrs d'eux… et pas dans le bon sens …
Une des élèves, Victoria, dont le père est anglais, m'avait corrigé un mot en anglais parce qu'elle pensait que je le prononçais mal.
On sentait chez eux un sentiment d'être déjà les meilleurs du fait d'être dans ce département danse (qui est le meilleur du pays).
Plus dure a été la chute :
Quand je suis venu en décembre voir ma création,
j'avais été jury pour leur examen de fin de trimestre et cela avait été globalement catastrophique.
Ceci dit, dans les cours que j'ai donnés juste après cet examen, il y avait le frémissement de quelque chose de positif.
J'ai le souvenir d'un des danseurs qui avait le pied dans le plâtre.
Il assistait à tous les cours (ici c'est comme ça pour tous les élèves blessés) mais lui, il a fallu que je le force à s'asseoir car il voulait faire l'enchaînement malgré son plâtre.
Je vais commencer le cours quand Su Ling passe sa tête dans l'encadrement de la porte.
Elle me dit de venir.
Elle me prend dans ses bras :
"I didn't hug you for your birthday yesterday !
so happy birthday !
- thank you !
how old are you ?
- 47
- oohoo .. you're young !"
Elle sourit et repart vers le bureau.
Les gamins sont étonnés de mon âge.
Je leur dis qu'on en reparlera après et je commence le cours en leur expliquant que j'étais blessé.
Il ne fallait donc pas qu'ils s'attendent à ce que je fasse forcément tout comme les fois précédentes.
Victoria traduit.
Rumeur dans la classe.
On attaque le premier exercice, ils s'en souviennent.
Et ils ont progressé,
et dans le bon sens.
Je suis agréablement surpris.
Szu Wei avait raison (cf.)
On va faire du bon boulot la semaine prochaine.
Pendant que je montre les abdos, la partie droite du pubis près de l'adducteur se rappelle à mon souvenir, un rictus de douleur m'échappe.
Une élève me dit
"don't do it teacher ! it hurts too much !"
Je suis touché.
Pour l'enchaînement, je choisis de travailler une partie de mon solo.
Celle que j'avais travaillé au Congrès au CNDC.
Ce sera l'occasion de voir comment mon corps réagit.

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