Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

dimanche 3 août 2014

25/07/14 - le deuxième jour avec les petits, le troisième jour pour mon corps


Le ciel se dégage.
Continuer ce que l'on a commencé hier,
malgré une jambe bien douloureuse



La nuit est agitée.
Je n'aurais peut-être pas dû me coucher trop tôt.
Il y a aussi mon téléphone qui vibre au milieu de la nuit,
des messages qui arrivent de France
(certains ne gèrent pas très bien le décalage horaire).
Je suis réveillé à 5h.
La pluie a cessé, le ciel est totalement dégagé.
C'est magnifique.



Ce sera peut-être l'occasion d'aller voir le coucher de soleil ce soir.
Rituels du matin,
eau chaude,
thé,
pains.
Je me remets sur le blog et je me rends compte (comme je vous le disais dans l'article d'ailleurs) qu'avec l'agitation d'avant le départ je n'ai pas partagé avec vous les dernières semaines françaises,
celle passée au Pavillon noir,
et celles où les taïwanais étaient en France.
Y a du boulot …
Je me mets à la rédaction toute suite.

Je pars confiant pour le studio,
ma jambe a tenu,
malgré le fait qu'on ne parle pas la même langue, le courant passe entre les gamins et moi.
Il faut juste que je continue à les mettre en confiance pour qu'ils se détendent et que je trouve d'autres moyens que les mots pour leur transmettre ce que je veux leur faire découvrir.

Il y a trois ans, jour pour jour, je me réveillais triste et vidé,
à une dizaine de kilomètres à l'est près du lac de Chencing



C'était le lendemain des spectacles de l'International Young Choreographer Project, mon premier projet ici.
L'occasion de tenir mon premier blog :
http://c2ataiwan.blogspot.tw
Le 25 juillet 2011 donc,
j'étais triste de finir,
triste aussi de ne peut-être plus avoir de contact avec ces danseurs,
et de ne plus pouvoir revenir sur l'île.
Même si je m'étais dit, que je reviendrai, ne serait-ce qu'en vacances,
j'étais loin d'imaginer que j'allais passer tous les étés suivants ici.


Je lance un grand "hi !" en arrivant au studio.
Ils sont intimidés.
Certains sourient un peu mais on est encore loin de la connivence que je veux avoir avec eux.

La barre.
Pendant que je leur montre le premier exercice, une violente douleur apparait à la cuisse.
Comme souvent, je me dis "ça va passer" mais hélas, la douleur persiste.
Je montre le moins possible,
je les laisse faire,
et déjà ils s'en sortent plutôt bien.
Je suis frustré de ne pas pouvoir montrer plus les corrections.
Sans les mots, je ne peux pas obtenir d'eux plus que ce que je n'ai déjà si mon corps ne parle pas correctement.

On va se contenter de ce qu'on a.

Dans la deuxième partie, on développe ce qui sera surement le début de la chorégraphie.
Un système simple,
je leur attribue un numéro de 1 à 7, et ils doivent trouver sur la musique où est-ce qu'il se situe.
Quand ils l'ont, ils font le chiffre avec la main.
L'avantage ici c'est qu'on peut compter jusqu'à 9 avec une seule main.
Le 2 se fait avec l'index et le majeur, comme un V,
alors que notre 2, avec le pouce et l'index, est leur 7 …
Vous me suivez ?
Le 6 est un signe que nous n'avons pas et qui se fait avec le pouce et l'auriculaire.
Une sorte de poing avec des cornes.

La première année (celle dont je vous parlais plus haut), ça m'avait joué des tours.
Je les avais fait commencer sur une musique à 5 temps, et ils devaient démarrer à 2.
À un moment donné de la répétition, ils m'avaient demandé à combien ils devaient démarrer, je leur avais montré avec les doigts le chiffre 2 …
mais le mien, avec le pouce et l'index …
Vent de panique …
Le groupe discute, s'agite …
Et je comprenais pas …
En fait, je venais de leur dire qu'ils commençaient à 7 !
Comment commencer à 7 sur une musique à 5 temps ?

Donc les petits se sont amusés à trouver "leur" compte.
J'attribue le 7 au garçon,
ce qui me permet de le baptiser "mister seven".
J'avais eu une miss five l'an dernier sur le projet de Lingya.

Dans l'espace, je leur fais former une sorte de boule, où ils doivent faire des vagues en pliant (ce qui me permet du coup de travailler la qualité des pliés) et ils doivent tendre au moment de leur compte.
(si ça n'est pas clair, il y a une vidéo qui arrive)

Pour le rythme ça se passe très bien, on sent qu'ils ont l'habitude.
Pas de soucis avec les accents et les énergies vives non plus,
en revanche sur la qualité des pliés …
Un objectif à atteindre coûte que coûte.

Je développe une petite variation à partir des marches en carré entamées hier.
Replacer la parallèle et l'en dehors, une demi pirouette, un saut, des courbes, un passage au sol.
La douleur est toujours là, bien présente.
Je suis moins patient que je le suis d'habitude et je m'en veux.


Comme vous pouvez le voir, ils sont toujours aussi bien rangés ..
Mais en regardant bien, vous pouvoir sur la première ligne tout au fond, une jeune fille un peu écervelée et parfois un peu en avance.
Déjà hier, elle n'était pas "super en ligne" comme ses copines ...

Je l'avais écrit dans mon premier blog.
Les ados sont les mêmes partout …

On continue aussi à explorer les marches.
Là aussi, marcher en rythme n'est pas un problème.
Les qualités de marche sont bien plus difficiles à appréhender.
C'est déjà une chose complexe en Europe alors ici sur des si jeunes danseurs habitués à la danse classique et aux danses traditionnelles chinoises.
Un objectif à approcher …

On s'arrête là pour aujourd'hui.
Ils ont bossé comme des fous,
jusqu'à la limite de leur concentration.
Je suis fier de leur travail et je tente de leur dire.




De retour vers l'hôtel, je me demande si je poursuis mon chemin jusqu'à la plage. 
Ça n'est pas trop loin, et surtout pas fatiguant : 
il y a un métro et puis le mini bus. 
Ma douleur est quand même très violente autour de l'hématome. 
Je commence à m'inquiéter. 
Je vais quand même jusqu'à la station de métro de Sizhiwan. 
Il y a un endroit dont j'aime bien la bouffe. 
Un bon repas me fera du bien. 
Je ne vais pas voir mon ami du bar à thé, 
là où j'ai ma carte d'abonnement, je n'ai pas trop envie de sourire et de parler. 
Quand je suis de retour de Sizhiwan, je sens que la douleur se calme. 
J'ai dû trop tirer ou ne pas prendre les anti douleurs au bon moment. 
Avec le décalage horaire, il y a eu un flottement dans le rythme de ceux que je devais prendre tous les 6h. 
Tout est question de rythme décidément … 
Et puis, il y a aussi la fatigue de la petite nuit. 
Je m'allonge un peu sur le lit fraîchement refait, et me réveille à la nuit tombée, comme le premier soir. 
Pas de coucher de soleil ce soir, pas grave il y en aura forcément d'autres. 
Au réveil, je dîne de mes petits pains, de mes crêpes à l'omelette et aux herbes (ou au jambon), il me reste une bière. 
Comme prévu, ça me fait le plus grand bien. 
La soirée sera calme. 
Je pense un peu à ce que je pourrai développer avec les petits, je discute sur Internet avec les amis. 
Je coupe mon téléphone avant de m'endormir vers 23h30. 
En espérant mieux dormir cette fois-ci.

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