Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

mercredi 20 août 2014

02/08/14 - dernières modifications pour les ados (enfin j'espère …)


Nouvelle structure chorégraphique,
nouveau montage musical,
toutes les transitions à revoir .. et si peu de temps .



Réveillé à 7h,
je pense aux événements d'hier,
et à l'après midi qui m'attend.
Ça ne me donne pas du tout l'envie de sortir du lit.

Après avoir écouté la radio couché,
je me lève enfin,
tarde à la fenêtre un peu plus que d'habitude,
il a plu cette nuit.

Je regarde mon verre de thé se refroidir,
je mange encore plus lentement que d'habitude,
je joue beaucoup,
je retouche des photos ...
Je fais tout pour repousser l'échéance.



Finalement, je m'y mets.
La nuit a porté conseil.
Je garde le duo en ouverture, et je reporte le solo à la fin,
comme si Cheng Wei se souvenait de l'aventure passée.
Il faudrait que j'arrive à me convaincre que ça tient la route.
Pour l'instant ça n'est pas le cas …
Ça va être plus simple de mettre le nez dans le guidon et de ne plus se poser de questions.

Avec cette nouvelle structure, il faut
trouver une nouvelle transition dansée pour Cheng Wei entre la fin du boléro et son solo,
couper le solo d'Élise en deux,
réintroduire l'épisode des chaises de l'affiche après le solo,
trouver un nouveau top pour l'apparition des chaises faite par les ados (qu'elles ont déjà tellement de mal à faire),
un autre top pour leur entrée pour le boléro …
Bon, la bonne nouvelle, c'est que je n'ai plus à voir avec elles l'improvisation au sol que j'avais prévue pendant le solo de Cheng Wei (dont je vous parlais hier),
ni l'évolution lente qu'elles devaient faire jusqu'à leur place du boléro pendant le duo.

Il faut aussi modifier les transitions musicales
en évaluant leur durée virtuellement vu que je ne reverrai pas les adultes avant demain
et que demain, où on fait un filage pour le créateur lumières, il faut que la musique soit prête.

Je ne sais plus si je vous ai parlé de cette histoire de musique.
Peut-être pas …
Avant que j'arrive, on m'avait déjà prévenu qu'il fallait que tout soit prêt pour le 3 août,
musique et chorégraphie.
J'avais rappelé que comme Élise n'arrivait au plus tôt que le 4,
la version présentée ce jour-là se ferait sans elle.
Je n'avais pas trop osé demander pourquoi.
C'est bien la première fois que je vois une création verrouillée quinze jours avant la première.
Au contraire, ces derniers jours sont là pour faire les ajustements, maintenant qu'on a l'ensemble qui se déroule sous nos yeux.
Mais j'ai bien compris que ce 3 août était une date butoir importante pour miss Lin.
Dans la fameuse discussion
 d'hier, j'avais tenté d'obtenir un délai pour la bande son étant donné que modifier la structure de la chorégraphie allait entraîner une transformation de la musique et que cela allait me prendre du temps.
Délai refusé.
J'ai eu à ce moment-là, l'explication officielle de ce bouclage impératif :
le créateur lumière se servirait de la musique pour les tops,
il entrerait tout dans son ordinateur et rien ne serait modifiable à partir de là.

Inutile de vous dire que je n'y ai pas cru une seule seconde (ou alors ce créateur est un fumiste),
ce serait bien la première fois dans ma vie de danseur que l'on ne pourrait pas modifier des lumières jusqu'au dernier moment.
Et si on dansait dans le silence, il ferait les tops au chrono ?
Dans la discussion d'hier, Cheng Wei m'avait gentiment proposé une prolongation jusqu'à dimanche midi mais j'avais décidé d'être professionnel jusqu'au bout et de rendre la musique le samedi à la fin de la répétition.

Bref, il est 10h passées quand je me lance dans la modification musicale en imaginant les transitions chorégraphiques,
celle entre le boléro et le solo,
celle des chaises après le solo.
Je fais en sorte que ce soit au moins agréable à entendre, on gérera tant bien que mal la chorégraphie.

J'arrive un peu en avance au studio.
Je m'enferme dans le vestiaire : pas envie de sourire à des gens qui ont si peu de considération pour le travail des autres.
J'en profite pour consigner tous ses sentiments dans mon carnet.
Ça me détend.

13h45,
on attaque,
les ados sont au taquet,
visiblement elles ont été briefés.
Je les félicite pour leur concentration et je dis deux ou trois bêtises pour les détendre un peu.
Je ne veux pas de tout ce stress dans la salle.

On fait les modifications :
l'entrée des chaises,
on travaille encore leur manipulation,
l'entrée du boléro,
je supprime le solo d'une des filles (vu que miss Lin m'avait imposé une danseuse, avec les derniers événements, je peux aussi lui imposer sa suppression, d'autant que la jeune fille n'est pas spécialement motivée),
j'insiste sur les différentes qualités tout au long de la chorégraphie,
je reparle de la précision rythmique, de la qualité des unissons,
je ne suis pas sûr que tout le monde comprenne tout ce que je dis mais bon …

De ce point de vue, il y a une grosse différence avec Tsoying et Lingya : là-bas, même sans comprendre, ils étaient assez curieux de ce que je proposais pour que je puisse voir dans les corps des choses qui imitaient ce que je demandais.
Ici beaucoup moins ...
Il faudra que je vois avec Wan Zhu et Cheng Wei, si un des deux peut venir à la répétition de samedi prochain pour traduire à tout le groupe toutes mes indications.
Je n'ai plus le temps de trouver d'autres moyens.

Vers 16h30, je vois un attroupement à la porte.
Au bout de quelques minutes, Tzu-Ping, la prof de "Chinese opera", entre et me fait comprendre que c'est l'heure.
En fait, j'ai 20 minutes de retard.
Je lui demande de m'excuser, elle rit et me montre le hall où se situe le bureau de la directrice.
Je comprends que, elle, ça ne la dérange pas mais que l'ambiance dans le hall devenait de plus en plus électrique.

Il suffisait de venir me le dire.
C'est drôle, miss Lin ne se gêne pas pour venir prendre des photos pendant le boulot en déconcentrant parfois les danseurs mais pour une chose importante (parce que du coup, tous les cours de la soirée ont été décalés d'un quart d'heure) elle préfère râler au bureau.

Je libère tout le monde et je retourne faire une dernière modification musicale dans le vestiaire.
C'est un peu compliqué avec les cris des enfants, les discussions des grands et le souffle de la climatisation, j'aurais dû prendre mon casque.
On m'amène de l'ananas et un soda.
J'en mange un peu mais je ne bois pas.

Je rends ma musique sur une clé USB et je rentre à l'hôtel.

France Inter,
discussion avec l'Europe.
Quand la nuit tombe, je vais au night market,
hot dogs, poires et fruits du dragon.

Une bière à l'ananas,
il faut espérer que maintenant tout ira bien,
mais quelque chose me dit que je ne suis pas au bout de mes surprises.

La soirée est calme, comme samedi dernier,
je m'endors devant un film,
Il est beaucoup trop tôt
Tant pis, on verra bien demain …

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