Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

dimanche 24 août 2014

05/08/14 (1) - Et pendant ce temps là, Élise arrive


Un cours le matin,
une répét' l'après-midi,
et Élise le soir ...



J'ouvre un oeil vers 3h du mat' avec une pensée pour Élise qui traverse la Russie en ce moment (ou un endroit pas loin)
Je tourne un peu en rond, prends une photo, et me rendors.



C'est la lumière du soleil qui semble être déjà bien haut, qui me réveille encore une fois..


Je regarde l'heure,
j'ai juste le temps de rédiger un article avant d'aller donner mon cours.
Je vais raconter dimanche dernier, une bien belle journée …

Donc
fenêtre (mais rapidement),


petit déj' (là je prends mon temps),
douche,
et en route.
Je connais ce chemin par coeur.
Ma tête se lève automatiquement au niveau des panneaux qui annoncent dans combien de temps le métro arrive.
Je vais directement m'asseoir,
mon corps se lève automatiquement quand retentit la musique qui annonce l'arrivée du métro,
en fait, je crois que je suis encore un peu endormi.


À Zuoying, c'est le même chauffeur qui conduit le 51,
il me reconnaît,
comme le gardien de l'entrée principale du lycée, il est toujours aussi courtois et c'est bien agréable.

Dans la salle des profs, il n'y a que la mère de Ya-Chin (l'assistante de Su Ling en 2011, je vous en ai déjà parlé), elle aussi est bénévole.
Su-Ling doit sûrement donner un cours.
(pour ceux qui prennent l'histoire en route, outre la direction du département danse, Su Ling est encore prof .. d'anglais)
Je vais au théâtre.
Les niveau 2 arrivent en même temps que moi.
Certains me lancent un "hello teacher",
d'autres n'osent pas,
certains n'ont pas envie,
et certains sont encore endormis.
On attaque le cours avec 10 mn d'avance.
Ils continuent leur progression.
C'est beau à voir.
Je suis doublement frustré :
j'aimerais les suivre plus longtemps pour pouvoir transmettre à tous, tout ce que j'ai à leur dire d'important,
et dans ces éléments fondamentaux, il y a des choses que je ne peux qu'expliquer par des mots (comme par exemple, apprendre à travailler autrement, à penser autrement) et ça .. je ne peux toujours pas.
Je continue à contourner cet obstacle, souvent par le corps (et je me refais un peu mal).
À 12h15, j'arrête la musique et je les remercie.
On est ensemble depuis presque deux heures,
personne n'a bronché,
c'est bon à vivre.

Je retourne dans la salle des profs.
Ting Wen rit quand elle me voit, comme hier,
je la fais souvent rire,
comme beaucoup de gens dans le monde,
et j'aime bien ça.
Mon repas m'attend sur la table basse.
Su Ling vient déjeuner à côté de moi.
On parle de tout, de rien.
Elle m'explique qu'elle a un peu cherché ce qu'était le "bal moderne".
Il y en avait eu un à Angers et elle n'avait trouvé ça passionnant.
Quand elle a vu que c'était un concept quasi breveté qui tournait partout en Europe, ça l'a laissée .. pensive.

Je suis sur le point de partir à 12h40,
Su Ling me dit que j'ai largement le temps …
Je reste encore un peu (mais je sais à quel point miss Lin déteste les retards et je n'ai pas envie de générer plus de problèmes qu'il n'y en a déjà).
À 12h50, je profite qu'un groupe d'élèves lui demande quelque chose pour m'éclipser.
Et je suis en avance au métro, Su Ling avait raison.
Comme j'ai un peu mal à la jambe, j'essaie de voir si Cheng Wei peut me récupérer.
On se retrouve à Kaohsiung Arena.


Cheng Wei arrive,
il a une petite mine.
Je lui demande ce qui se passe.
Rien de grave, il est juste fatigué.
Sur la route, il me parle de développer une technique qui mêlerait encore plus les arts martiaux qu'il a pratiqué jusqu'à la fac et la danse qu'il n'a commencé qu'à ce moment là.
Belle idée.
On arrive au studio.
Je monte pendant qu'il fume une cigarette.
Quand j'arrive dans le hall, je croise Hsin-Yu qui va bosser avec les jeunes que j'ai eus en stage la semaine dernière.
Quand ils me voient, ils hurlent.
Ça me fait plaisir.

On répète dans la petite salle.
L'ambiance est détendue


On commence à retravailler l'épisode des chaises,
on prend le temps,
de revoir les détails,


de rappeler certaines choses,


de nettoyer un peu,

enfin !


On fixe aussi la nouvelle entrée avant les chaises.
Dimanche, elles l'avaient fait en marchant vu que c'était tout nouveau.

16h, 
Élise est à Hong Kong (enfin, j'espère).
Je le dis aux danseurs, ils sourient. 
Je me languis de voir comment tout ça va se passer, ce sera jeudi. 
16h20, une des filles doit arrêter : 
elle a cours dans dix minutes et il faut qu'elle se prépare (enfin, il faut qu'elle montre à miss Lin qu'elle se prépare, elle n'a qu'une paire de demi-pointes et une jupette à mettre … mais c'est comme ça …) 
Miss Lin me montre un programme du spectacle. 
Elle me demande s'il n'y a pas d'erreurs. 
En fait, il y en a une dans la traduction en anglais : 
je ne sais pas bien pourquoi ils se sont sentis obligés de mettre pour Élise et moi, 
notre lieu de naissance 
 et là, je suis devenu … aixois ! 
Le comble pour un marseillais.
Comme je sais que Cheng Wei est impliqué, je lui en parle discrètement. 
Il me dit qu'en chinois, c'est Marseille qui est écrit. (et c'est vrai que à côté de ce qui semble être le lieu de naissance sur la première ligne sous la photo, les idéogrammes sont différents pour Élise qui est née à Aix, et pour moi) 
C'est bien une erreur à l'imprimerie mais je ne veux pas qu'on l'engueule donc je dis que tout va bien. 
D'autant que très peu de gens vont lire le texte anglais dans le programme … 
Il y a des fruits et du tofu sucré pour le goûter. 
Je n'aime pas trop ça donc je laisse mon pot aux autres. 
Dans le vestiaire, Cheng Wei me dit "I think I'll come with you". 
Je vais passer à l'hôtel où il garera son scooter et nous irons donc ensemble en métro à l'aéroport. 
Il est 17h et comme le jour de mon arrivée, il commence à pleuvoir. 
Cheng Wei speede sous la pluie. 
Je flippe un peu. 
Pas envie d'être plus mal en point que je ne le suis déjà. 
En même temps, plus tôt on arrive à l'hôtel et moins on sera trempé. 
Sur la route, je lui apprends "bienvenue à Taïwan". 
Je le préviens qu'en France, on fait la bise 
et comme je connais Élise, elle ne va pas lui serrer la main … 
Comme cet après-midi, je fais la bise à Hsin Yu qui veut tout faire à la française, 
Cheng Wei a vu comment c'était. 
Il y a le son "in" de "bien" et la liaison entre "venue" et "à" qui accrochent un peu, 
il s'entraîne en conduisant. 
 Quand je redescends de la chambre il me demande : 
"what was it again ? 
- bienvenue à Taïwan 
- ah yes … ok ok" 
On prend le métro.
Alors cette photo nécessite une petite explication : 
à la station de l'aéroport, la station R4, 
il y a un mur de post-it où les gens peuvent écrire un petit mot en arrivant ou en partant.
Nous voilà dans le hall des arrivées. 
On parle un peu de son avenir maintenant que lui aussi quitte miss Lin. 
Je lui demande comment ça se fait qu'il n'y ait pas de cours de danse pour adultes, 
il semble qu'ici, passé le lycée, si on n'est pas dans une fac de danse, il n'y a plus rien. Cheng Wei me dit que c'est ce qu'il aimerait développer (entre autres) mais il ne sait pas si ça va marcher. 
"À Kaohsiung, il n'y a pas grand chose, l'avantage c'est que tout est à faire, mais ça avance tellement lentement …" 
Remplacez Kaohsiung par Marseille … 
Je lui dis que ces deux villes sont décidément bien semblables. 
La conversation est entrecoupée de "what was it again ?" 
On en rigole. 
L'avion a 10 minutes de retard. 
Cheng Wei qui est bien fatigué, s'endort assis ...
Un premier équipage sort. 
Comme Élise m'a dit qu'elle ne mettait pas de bagages en soute, elle ne devrait pas tarder.
Les premiers passagers sortent, toujours rien … 
Je m'inquiète un peu. 
Un second équipage sort. 
C'est peut-être celui-là le bon, je réveille Cheng Wei, 
et on va l'attendre devant la grande porte comme toute une série de gens. 
"What was it again ?" 
On fait une dernière révision du "in" du "au". 
Les passagers sortent. 
Toujours pas d'Elise, 
je sais que Cheng Wei est crevé, on va se rasseoir mais à un endroit où je peux voir la porte s'ouvrir. 
5 minutes plus tard
Il ne s'est pas trompé !
L'aventure d'Élise à Taïwan commence.

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