Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

lundi 11 août 2014

30/07/14 - la fin du stage approche, il faut monter la chorégraphie ... une belle surprise dans la soirée


montage de la chorégraphie,
réunion pédagogique autour d'un repas
connexions ...



À force de jongler entre la clim' trop froide et la chaleur trop humide.
Je me suis endormi la fenêtre ouverte.
Les premiers bus de 6h me réveillent ..
Dommage,
il semble que mon corps - et surtout mon esprit - semblaient m'accorder plus d'heures de sommeil aujourd'hui.
J'ouvre les yeux à la pire des heures,
celle où quand arrive à la fenêtre on réalise qu'on a raté le lever du soleil,
celle où on a raté le "France Inter, il est minuit",
mais où dormirait bien une heure de plus,
sauf qu'on sait très bien qu'on sera encore plus dans le coaltar au réveil suivant.

Sur Internet, je lis les nouvelles d'Europe et d'ailleurs.
Toujours aussi peu réjouissant.
En plus, il semblerait qu'il y ait un autre typhon au large,
sauf que pour l'instant on ne sait pas encore où il va.

Je discute avec mon amie d'enfance, Marie Pierre, qui passe sur la toile avant de se coucher.
Nous étions au collège ensemble,
dans la même classe pendant quatre ans …
Ça fait des souvenirs (ah .. le concert de David Bowie à Lyon !)

Je retouche aussi quelques photos.
Un rayon de soleil m'accompagne.
Le carrefour est déjà complètement sous la chaleur.
Il n'est pas 9h.



les "deux roues" se parquent sagement sur les emplacements prévus ...

Je construis enfin la chorégraphie des petits.
Jusque là, on a continué à explorer, à découvrir.
On a appris à se connaître.
Je consigne dans mon carnet de notes, la structure de la petite pièce et surtout les transitions entre chaque partie.
Si ça marche, demain je modifierai la musique en fonction …

Au studio,
l'aventure suit son cours.
Ils font la barre sans moi,
les corrections valables pour tous sont globalement intégrées.
Je m'attaque à des choses plus individuelles.
Au moment d'attaquer la répétition, je me rends compte j'ai oublié mon carnet.
J'avais délesté mon sac de quelques cahiers avant de partir,
j'en ai toujours trois ou quatre et ça commençait à faire lourd.
Sauf que je n'ai pas enlevé les bons …
Heureusement que je me souviens (quand même !) globalement de ce que j'ai fait.

Je leur explique l'ordre, les transitions.
Ça n'est pas simple pour tout le monde.
Ceux qui comprennent un peu l'anglais et ceux qui ont l'esprit plus vif,
tire les autres dans la bonne direction.
En les voyant réfléchir, batailler,
je me dis qu'ils sont quand même balaises de pouvoir bosser comme ça, si jeunes, avec un prof qui parle une langue qu'ils ne maîtrisent pas.


Les choses fonctionnent bien globalement.
Il y a quelques choses à modifier.
Je les note.
On parlera demain.
Je ne veux pas qu'ils aient la tête trop pleine.

Comme je l'avais promis à miss Lin hier, on fait une pause vers 15h15.
L'occasion pour eux de se défouler un peu.



mister Seven (du surnom que j'ai donné au jeune Zi Chun ,10 ans) s'incruste dans la photo

La pause est fatale.
Ils ne sont plus concentrés au retour dans la salle.
Il faut que je hausse le ton,
que je m'énerve un peu,
je déteste ça.
On avançait si bien.
Je suis obligé de leur remontrer des mouvements, certaines qualités que je ne vois pas
et bien sûr, avec l'énervement, je tire sur l'adducteur.
J'avais réussi à le reposer jusque là.
Dommage.
Pour les derniers jours, il faut que je pense à faire un petit travail de retour au calme avant de reprendre.
C'est qu'on n'a pas tant de temps que ça …
Mais je ne vais pas tenter de négocier un changement d'organisation avec miss Lin, c'est déjà assez compliqué comme ça pour la Septième nuit.

J'arrête un peu plus tôt.
On fait quelques photos ..




Je rentre me reposer à l'hôtel.
Le fait de m'énerver me pompe toujours beaucoup d'énergie.
J'ai juste le temps de dormir une grosse demi-heure et je repars pour le dîner auquel m'a convié Su Ling.
Même métro, mais je vais jusqu'à la station "Ecological District".
Pour ceux qui prennent le blog en route, ici une voix féminine annonce les stations de métro (comme pour la ligne 1, ou la 14 à Paris, il me semble que la 2 et la 5 aussi d'ailleurs, bref …),
enfin, ici ce sont quatre voix,
car les annonces sont faites en quatre langues :
en mandarin, en taïwanais, en hakka (qui est la langue des premiers chinois venus du continent il y a plusieurs siècles, si j'ai bien compris) et en anglais.
Il y a des stations où les quatre versions varient peu, mais à "Ecological District", la version anglaise est tellement différente que ça me fait rire presque à chaque fois.

Le resto est donc à côté de cette station.
J'y retrouve Su Lin, Ting Wen son fidèle bras droit, Ally, la prof de classique et trois autres enseignantes toutes les trois taïwanaises mais qui bossent ailleurs.
L'une est prof de classique à Taipei, une est prof de moderne en Virgine, et la troisième, la plus jeune, à côté de laquelle on m'installe parce qu'elle parle anglais, travaille en Europe.
Il y a aussi Benson, qui est prof de moderne à Tsoying pendant l'année.
Il rentre du concours de Hannovre où il a non seulement obtenu le prix du public mais où une compagnie lui a acheté les droits de son duo pendant une saison !
Pour un jeune chorégraphe … excusez du peu !
C'est lui qui fera la création pour les niveau 3 cette année (l'an dernier c'était moi)
Je suis d'autant plus content que l'interprète du fameux duo est Po Kai Huang qui a dansé ma première pièce taïwanaise "and always this heat from after the storm", ils se sont rencontrés à Taipei.
Connexions ...


Dans ce domaine, j'ai eu une autre surprise pendant ce dîner.
Szu Wei, la jeune prof taïwanaise bosse donc en Europe.
Je lui demande où plus précisément :
"Germany"
Ah tiens ..
Je lui demande dans quelle ville :
"Essen .. well no .. Wuppertal".
En fait, elle bosse dans la compagnie de Pina Bausch.
En toute modestie.
Je me sens tout petit …

Mais ...
Il se trouve qu'il y a une quinzaine d'années, j'ai envoyé une élève (que je partageais avec une amie Bénédicte Raffin) à Wuppertal (l'école qui est liée à la compagnie)
Clémentine.
Depuis, elle a fait son chemin .. Sasha Waltz et puis la compagnie de Pina.
Dans le film de Wim Wenders, c'est la grande brune avec une robe rouge, qui parle en français.
Je demande à Szu Wei si elle la connait …
C'est sa meilleure amie !

Clémentine en 1998



Le monde de la danse est tout petit ma foi.
J'aime bien Szu Wei.
C'est une bonne vivante, qui aime manger et faire la fête.
On partage nos impressions sur les lycéens.
Elle est d'accord avec moi sur la manière de travailler souvent trop en force, et aussi sur le fait qu'ils essayent plus de reproduire une forme que de tenter de faire ce qu'on leur dit.
Je pensais que cela venait du fait qu'ils ne comprenaient pas forcément ce que je disais en anglais, mais visiblement avec elle, qui parle chinois, c'est le même résultat.

En revanche, elle m'étonne un peu.
Elle trouve les nouveaux niveau 2, donc les niveau 1 de l'hiver dernier, très ouverts, bosseurs, bien plus que les nouveaux niveau 3 (donc les niveau 2 de l'an dernier .. désolé c'est compliqué mais comme dans toutes les écoles l'été on monte d'un niveau).
Ça n'est pas du tout le souvenir que j'en ai.
Je verrai ça quand je les aurais en cours.
Depuis le "hot pot" de l'autre soir, je sais que je recroiserai tout ce petit monde vendredi prochain,
je verrai bien.

Le repas est très chaleureux.
C'est un restaurant qui fait de la cuisine européenne (il y a du gratin dauphinois, de la soupe à l'oignon ..) mais .. comme on est à Taïwan, on met tout sur la table … et on partage.
Et puis aussi, on amène son vin !
Il y a donc ce soir un Chablis que j'avais offert à Su Ling l'an dernier, un Chianti, et un vin chilien.
Su Ling, nous ramène, Szu Wei et moi, à la station de métro de Houyi qui est à côté de chez elle.
Elle a l'oeil qui brille anormalement…
On est un peu inquiet.
Espérons que tout se passe bien.

Je suis à l'hôtel à minuit,
pile poil à l'heure pour aller me coucher.

Je passe sur le net.
Une des élèves est encore sur le net.
Elle avait déjà écrit un très joli message sur son plaisir de faire le stage.
On parle un peu.
Elle me demande comment c'est la France.
Je lui parle un peu des villes, et des différences avec les villes d'ici (plus récentes et plus américanisées).
"et les gens ?
- oh ben, les gens, à part qu'ils ne sont pas asiatiques, il n'y a pas vraiment de différence en apparence
- ah bon ? mais ils s'habillent comment ?
- ben comme ici .. enfin l'été .. l'hiver on met des vêtements plus chauds
- en shorts et en tee-shirts ?
- oui oui
- et des tongs ?
- oui oui
- je croyais que tout le monde s'habillait bien là bas …"
La belle image de la France, pays de l'élégance, en a pris un coup.
Je lui explique que les photos qu'elles voient, ce sont des photos faites exprès, que ces fringues coutent très cher … même pour nous ..
Elle est déçue.
Mais elle se réjouit de faire le stage demain ...

D'ailleurs demain, on y est déjà.
C'est le 31 juillet.
Les premiers messages d'anniversaire arrivent.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire