Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

vendredi 8 août 2014

28/07/14 - on continue avec les "petits", ce soir c'est "hot pot"


Semaine chargée
des ados comme les autres ...
soirée de retrouvailles



Lundi.
J'attaque ma première semaine complète.
Pas un jour de repos jusqu'au mardi 12 …
Il y a le stage d'été avec les petits, les répétitions de la Septième nuit et bien-sûr et un passage subodoré par Tsoying (les lycéens m'ont déjà envoyé des messages sur Facebook disant "see you next week" et Su Ling m'a demandé innocemment si j'avais des jours de repos la semaine prochaine)

Je déroule ma routine matinale désormais quotidienne :
ouvrir un oeil,
allumer l'ordinateur,
site de France Inter,
aller prendre de l'eau chaude à la fontaine,
le gobelet, le sachet de thé,
"France Inter il est …",
ouvrir un deuxième oeil,
regarder par la fenêtre,
s'extasier devant ces nuages, ce ciel.

Ce matin, le soleil est revenu,
et c'est pas désagréable ...



consigner des notes dans le carnet pour les futurs articles,
se lamenter sur le retard qui s'accumule
tout en jouant à mes jeux débiles,
publier un article sur le blog,
douche,
le studio …

Les ados se détendent de plus en plus mais sont quand même bien silencieux à mon goût.
On reprend la barre.
Ils connaissent les exercices.
J'insiste beaucoup sur les qualités de mouvements, notamment celles qu'ils découvrent.
Je leur dis en anglais, je leur montre, on passe par le rythme, par le son, par l'humour.

Petit à petit, tout le monde va à peu près dans la même direction.
C'est très frustrant de ne pas pouvoir évaluer à quel point ils ne me comprennent pas.
Il n'y a que les corps qui me disent des choses, c'est déjà beaucoup mais il me manque des clés.

On continue nos ateliers, en construisant lentement des choses.
Garder les objectifs pédagogiques,
ne pas prendre trop de temps vu le résultat demandé …
Ça aussi c'est un peu frustrant mais bon, c'est dans le contrat.

Petit à petit, les personnalités se révèlent.
Il y a cette jeune fille tout au fond, au charisme patant derrière ses lunettes et ses barrettes à pâquerettes ,
cette autre au premier rang (dont je vous parlais hier) qui n'y est justement jamais (dans le rang …),
cette autre dont le visage se masque d'inquiétude dès que je parle trop longtemps anglais 

(mais dont je sens que si je parlais en chinois ce serait la même chose),
celle-ci qui a déjà tout compris à la séduction,
cette autre dont le rire dévoile un esprit de gros bébé caché dans un long corps d'adolescente,
et ce garçon dans ce bain de 22 féminins en devenir …
Des ados quoi !

On finit à 16h45, épuisés mais contents.
Je les taquine dans le hall en cachant leur sac ou en faisant mine de partir avec leurs affaires.
On commence à jouer,
comme en France, quand j'avais des cours avec des gamins de cet âge, j'aime ça.

Au moment où je pars, miss Lin, m'amène un petit paquet,
elle m'a acheté de quoi dîner pour le soir.
C'est très gentil de sa part sauf que ce soir, je suis invité ...
Je n'ose pas refuser, et puis je me dis que je le mangerai le lendemain.

En sortant du studio, je découvre une boulangerie, juste à côté (mais dans la direction que je ne prends jamais).
Elle ressemble à celle où je vais d'habitude à Sanduo sauf que .. tout est écrit en chinois …

Je tente quand même l'achat d'un ou deux pains.
On verra bien.

Retour à l'hôtel,
se doucher, se reposer un peu avant le repas du soir.
Ya-Ting vient me chercher à 19h.
J'ai le temps de dormir une heure, et d'aller un peu sur le net.

Elle m'envoie un message sur Facebook.
Ils sont déjà en ville.
En fait, ils répétaient au lycée pour un spectacle qui aura lieu samedi 2 et ils ont enchaîné.
Du coup, il est 18h30 et elle est prête.
Je lui dis que je n'avais prévu, qu'il faut que je me douche.
"Ok just text me when you're ready !"
Ces gens sont quand même bien tranquilles.

Elle me récupère vers 18h45,
on va dans un resto pas très loin.
Ce soir, c'est "hot pot",
c'est à dire fondue taïwanaise.

Tout le monde n'est pas encore arrivé mais on commande déjà.
Ça n'est pas impoli ici.
La "mise en bouche" arrive.
Du boeuf (coupé en fines lamelles bien-sûr) revenu dans de l'oignon avec de la ciboulette et des oignons.
Puis les premiers "hot pots" arrivent.



Ce sont deux bouillons côte à côté, savamment épicés.
L'un pour les viandes blanches et les légumes, l'autre pour les viandes rouges et tout ce qui a, soit une saveur forte, soit pas trop de saveur (et du coup prend celle du bouillon).


Je retrouve tous les profs qui étaient à Paris, Ally, Ya Ting, Ting Wen, Su Ling bien sûr et une partie des lycéennes, celles qui habitent à Kaohsiung, les autres sont repartis dans leurs familles.
Il y a aussi, Wen Fan, qui n'a pas pu venir à Paris avec nous.
Pas de garçons,
Quang Io, est … ailleurs …
et le grand Yu Hsuan a pris un coup de froid.
Il faut dire qu'avec la chaleur humide et les climatiseurs partout, ça n'est pas compliqué de tomber malade.

Quand Su Ling arrive, son assiette est prête.
Ya Ting lui a préparé ses légumes et sa viande.
Le privilège de la directrice.

On mange beaucoup,
on rit énormément,
Ting Wen me donne discrètement un petit papier ...
mes horaires de cours (je le savais !)
on se remémore ce voyage à Paris,
on compare les prix (ce que l'on a mangé là à 10 coûte moins que ce qu'on a mangé à 17 à Angers dans un restaurant chinois pas cher .. et pas très copieux).
Su Ling me dit que la première chose qu'ont dit les ados dans l'avion c'est "maintenant on peut se détendre", 
ça me fait un peu de peine.
C'est sûr que Paris est loin d'être la ville la plus sure mais de là à avoir tout le temps peur d'être agressé …
Je pense que le guide a dû forcer le trait,
et puis Su Ling (qui a eu une très mauvaise expérience à Barcelone il y a une dizaine d'années) 
a dû leur communiquer son stress.
C'est dommage.

J'espère quand même qu'ils ont gardé un joli souvenir du pays.
Ils avaient l'air heureux sur les photos.


Fin de repas.
Épisode photo.
Ya Ting demande au serveur de prendre toute la table avec son Iphone.
Malheureusement, on est tombé sur le serveur maladroit.



La photo est un peu de travers.
J'en prends une dernière et nous partons.

Bien-sûr,
inutile de vous dire que j'ai encore été invité.
Cette fois-ci, c'était pour me remercier de les avoir aidés en France.
On va dire que la raison est presque bonne.
Vu ce qu'ils font pour moi ici (et vu qu'à Paris ils m'avaient déjà donné la même version), c'est tout à fait discutable …



22h.
Retour à l'hôtel.
Ya Ting m'a déposé.
Certaines lycéennes en profitent pour prendre le métro en face de l'hôtel, elle ramène les autres chez elles.
Elles me disent au revoir depuis la voiture.
Je les aime beaucoup.
Vraiment.

Je pense à toute cette aventure.
Il y a trois ans, je faisais mes affaires pour rentrer en France.
Et j'étais bien malheureux.

Au lit ..
Demain, il y a deux sessions de travail :
les petits l'après midi et les adultes le soir.

J'ai trop mangé.


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