Création de Claude Aymon pour la Wei Dance Company et sa propre compagnie, c2a,

c'est une pièce qui s'articule autour de deux duos mixtes mêlant deux danseurs des deux compagnies :

Une danseuse taïwanaise et un danseur français.

Un danseur taïwanais et une danseuse française.


Elle est inspirée de la Saint-Valentin chinoise,

qui est célébrée le septième jour du septième mois du calendrier lunaire chinois.


Selon la tradition, un jeune bouvier et une fée ont été séparés alors qu'éperdument amoureux.

La pluie est faite de leurs pleurs de ne pas pouvoir vivre ensemble.


Ils ne sont autorisés à se revoir qu'à la Saint-Valentin,

la septième nuit du septième mois.


La pièce s'est créée a à la fois en France et à Taïwan, avec une première taïwanaise en août 2014 et une première française en février 2015.

mercredi 27 août 2014

06/08/14 - Élise à Tsoying


Le premier voyage à deux,
les cours avec les lycéens,
le premier coucher de soleil,



Je suis réveillé à l'aube,
prêt pour admirer le lever du soleil.
Hélas aujourd'hui, il y a un gros manteau nuageux à travers lequel le soleil tente de jolies choses.



À l'heure du thé, j'entends des valises à roulettes dans le couloir.
Les premiers voyageurs,
ceux qui prennent les avions de 6h,
comme Élise dans un peu plus de dix jours,
ça va être court.

Comme tous les matins, j'essore mon sachet de thé,
jette le reste dans les toilettes et le sachet dans la poubelle,
et comme tous les matins, je déteste ça,
je devrais tenter de le faire la veille.

J'écris un article après le petit déj', le coin de l'oeil rivé à l'horloge de l'ordinateur.
Je ne suis plus seul maintenant,
Élise débarque à 9h15.
À 8h45, je passe sous la douche et je suis prêt,
bien trop tôt.
J'attends.
Un nouveau rythme à trouver ces jours-ci.

Nous partons à 9h30,
je lui montre le chemin.
Aozhidi, R13 pour les répétitions,
R16, Zuoying,
après les composteurs, la sortie 2 à droite,
puis le bus 51.
Je ne suis pas du tout certain qu'elle se souvienne …

Comme hier, les gens nous observent.
Nous formons un drôle de tandem.

Élise aime bien le bus 51,
il passe par des petites rues aux maisons basses,
qui paraissent plus anciennes que les buildings de Formosa boulevard.
Il y a ces petits vieux qui vendent des légumes, celui-ci qui est à l'entrée du temple, et ceux-là qui .. ne font rien.

Nous voilà à Tsoying.
Quand je pousse la porte de la salle des profs, Su Ling est à sa place habituelle pour le thé.
"Here's the gorgeous lady !"
Elle regarde Élise et a déjà le sourire ..
Su Ling ..
avec le sourire au premier regard,
c'est la première fois que je vois ça.
Élise est décidément redoutable,
à l'insu de son plein gré.

Su Ling demande à Élise si elle a bien dormi et si elle n'est pas trop crevée par le jet lag, (et étonnamment c'est vrai qu'elle est en pleine forme).
On parle en anglais, assez vite, comme avec Cheng Wei, Élise est un peu perdue.
Je traduis.
Su Ling lui propose de prendre le cours de classique d'Ally …
Les expériences académiques d'Élise étant ce qu'elles sont, je sais qu'elle préfèrera prendre mes cours…
Nous allons au théâtre,
comme hier, il n'y a que nous ce matin, donc le cours des niveau 2 sera dans cette salle.
Je présente Élise aux gamins …
Et je rectifie le tir immédiatement : ils pensent que c'est ma fiancée.

Élise va se changer pendant que je prépare l'ordinateur.
Su Ling débarque.
Panique dans la salle.
Il semblerait qu'ils n'aient pas rempli toutes les tâches ménagères qui leur incombent.
C'est qu'ici, ce sont les élèves qui prennent soin des studios de danse, et une fois par semaine ils passent le balai dans la salle des profs.

Un des garçons se fait engueuler.
Su Ling lui tape sur la tête.
Élise est choquée.
Moi ça me fait plutôt rire.
Il fait deux têtes de plus qu'elle,
la petite bonne femme a du mal à arriver au sommet de son crâne et il est tout intimidé...

Su Ling me demande si j'ai présenté Élise, je lui dis que oui .. mais en anglais.
Elle le fait en chinois.
Les gamins répondent à une question.
Su Ling éclate de rire.
Ils pensent qu'Élise est américaine …

Le cours se passe toujours aussi bien.
Ils foncent, découvrent des choses, se battent contre leurs automatismes.
J'aime ça.
On s'entend vraiment bien.
J'apprends à les découvrir, à les apprécier.
C'est une de ces classes où il faut encourager tous les élèves,
individuellement,
chacun d'une manière différente :
montrer à celui-ci qu'il peut faire ce que je demande,
à celui-là qu'il ne se foule pas trop et qu'il peut faire beaucoup mieux,
à celle-ci à quel point elle peut danser bien plus grand …

Je continue à transmettre mon solo, notamment les parties qu'Élise danse.
Ça lui fait une révision, et ça lui permet d'apprendre d'autres phrases qui peuvent être utiles pour la suite.

Elle n'échappe pas à la séance photo.
Notamment la photo "funny faces"


À midi (comme la veille pour moi), notre repas nous attend.
C'est un peu copieux.
Nous partageons, un plat : riz, viandes, légumes.
Simple et bon.

Pei-Chi (dont je vous ai déjà parlé) vient prendre le cours de l'après-midi avec les niveau 3.
Ça se passe un mieux que lundi …
Mais ça n'est pas encore ça.

On reste un peu après le cours, pour regarder la répétition.
Les élèves répètent une pièce qui est déjà au répertoire de l'école.
La répétitrice est Yi Fan, mon assistante sur "City prints" ma création de 2013 pour l'école,
elle est toujours aussi calme et souriante.
La pièce ne nous emballe pas trop, et puis je sais qu'il fait beau …
J'aimerais emmener Élise voir la mer.

On dit au revoir à tout le monde et nous voilà à l'arrêt de bus.


Comme lundi, les bus sont pleins à craquer, on en laisse passer deux ou trois ce qui fait que l'on arrive à l'hôtel vers 17h15.
Juste le temps de prendre une douche et on doit repartir si on ne veut pas louper le coucher de soleil.
Malheureusement, on ne se comprend pas bien :
Élise pense que j'ai besoin d'un peu de temps pour moi, du coup on part un peu tard et on rate le bus de 18h.
Le soleil se couche à 18h30, ça va faire court pour aller jusqu'à la jetée.
On passe au bar à thé et on prend le bus suivant.
Direction le belvédère.


Le soleil est déjà couché mais c'est quand même beau.
En plus, il n'y a pas trop de touristes chinois …
Juste assez pour que l'on entende la différence …


Élise a l'air d'apprécier,
ça lui plait de voir en vrai ce que j'avais décrit dans ce blog.


On rentre à pied en longeant le chenal.
Il y a cette vue sur Kaohsiung que j'aime bien.


Elle me dit préférer l'autre côté.
Cijin.
Les petites maisons, la verdure.
Élise n'est vraiment pas une citadine.

On traverse Gushan,
par les rues étroites,
le temple,
je l'emmène au snack où je prends les petits pains.

Aujourd'hui (et pour la première fois), il y a une dame qui parle anglais.
Elle nous entend discuter.
"Oh ! But you're French ? … hem .. bonjour ?"
On sourit, et on la félicite.
Élise ne connaît pas encore "ni hao".
Pour nous souhaiter la bienvenue, la dame nous offre du lait de soja.
D'habitude, les gens sont sympas mais là …
Quand je vous dis qu'elle est redoutable …

On reprend le métro.
Élise a besoin de shampooing.
Je l'emmène à Sanduo où il y a un de ces gros bazars où elle trouvera sûrement son bonheur.

On passe aussi à la boulangerie mais il n'y a presque plus rien.

Retour à l'hôtel,
bien fatigués.
Il va falloir que je fasse une lessive mais ça ne sera pas ce soir.
Un bref passage par Internet et je me couche tôt.

Demain, c'est la suite des découvertes.
Élise va rencontrer miss Lin et les autres danseuses.

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